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Refus du désespoir


Le communiqué, signé au nom du comité permanent par Mohamed El Moustapha ould Badredine, par lequel l'UFD/EN condamne les propos racistes et les contrevérités historiques «d'un intervenant mauritanien (Ahmed ould Wafi, en l'occurrence) sur les antennes de Al Jazira», a suscité quelques réactions assez curieuses, encore qu'attendues.

Réactions qui sont largement représentatives des pensées politiques mortifères d'une certaine opposition, et qui méritent qu'on les examine.

Ainsi de Tahir Abdel Moumin : «Aussi détestables et abominables que soient les allégations de l'intervenant mauritanien sur Al Jazira, votre protestation, M. Moustapha ould Bedredine, n 'est que larmes de crocodile. »

?limane Bilbassi partage entièrement ce point de vue et ajoute que « la réaction des camarades de Bedredine aux propos racistes et fascistes de Wafi est absurde, ridicule et malhonnête ».

Désespérant, non ? Celui qui donne l'alarme, quand le crime se prépare, est désigné à la vindicte publique par deux témoins, qui réservent leur mansuétude au criminel potentiel. Le débat politique mauritanien a souvent volé assez bas, il lui est rarement arrivé de plonger à de telles profondeurs de sottise. L'intelligence politique voudrait que face à une offensive -générale ou isolée- d'un quelconque courant raciste, les forces se réclamant de la démocratie et de l'unité nationale présentent un front sans faille, quitte à reprendre leurs querelles de famille une fois le danger éloigné. Mais l'intelligence politique est à certains groupes ce que l'intelligence tout court est à l'hyène du conte. La gloutonne sait seulement que c'est un morceau de choix, logé à gauche du « kebde we zirwe» d'une vieille chamelle crevée.

Nous avons le devoir de ne pas désespérer.

Les propos de Tahir Abdel Moumin et de ?limane Bilbassi sont l'expression d'une convergence forte entre les amis nasséristes de Ahmed ould Daddah et les franges extrémistes du nationalisme négro-africain. Vieille connivence idéologique des nationalismes, et vieille complicité politique bâtie sur la seule exécration commune du MND, perçu et expérimenté comme un éternel empêcheur de haïr et d'exclure en rond.

Tahir et Bilbassi (un pseudo qui sonne comme une bataille sanglante et vaine prédispose mal à une compréhension correcte du dialogue) ne doivent pas être plus bêtes que vous et moi. C'est simplement que l'existence et l'action de l'UFD/EN et «des amis de Bedredine» leur chauffent le sang et leur brouillent la lucidité. Résultat ? Nos deux compères, comme nombres de leurs amis, s'obstinent à chevaucher les vieilles rossinantes de l'antidémocratisme et de l'anticommunisme et s'échinent à recomposer l'histoire avec des briques de fausse vérité.

En fait, il m'est difficile de croire que Bilbassi et Tahir (et les courants au nom desquels ils s'expriment) se situent dans le camp de la démocratie et de l'unité nationale. L'unique intérêt d'une analyse de leurs réactions c'est qu'elle permet de montrer que leurs discours les situent loin des principes derrière lesquels ils s'avancent.

Sous l'indignation en apparence véhémente de Tahir, il y a un seul et unique fil rouge : Ahmed ould Daddali et son avenir d'homme d'?tat. Et afin que les choses soient encore plus claires, c'est le discours raciste de Wafi même qu'il relègue au dernier rang de ses préoccupations :

«M. Bedredine, les vrais dangers qui menacent la Mauritanie ne sont pas dans des propos tenus sur une antenne, mais plutôt les crimes économiques (...), la corruption des élites du pays, les crimes et atteintes graves aux droits de l'homme (...), le rejet de ce que demandent les partis d'opposition (FPO) pour amorcer un véritable dialogue pour préserver ce que vous appelez la paix civile.»

Bizarre, cet empressement à gommer la faute de Wafi et cette hâte soudaine de voir réunies les conditions d'un véritable dialogue pour la paix civile. Tahir en oublie que les événements des années 89-90 ne sont que la mise en acte d'idées et de propos chauvins identiques à ceux dont il minimise la portée aujourd'hui. Mais s'agit-il vraiment d'un oubli ? Son incroyable complaisance vis à vis des propos de Wafi est trop proche des velléités des amis nasséristes de AOD de réécrire l'histoire récente du pays (89 ne serait pas la mise en œuvre sanglante d'un vaste programme chauvin, mais la simple conséquence des dérives dictatoriales d'un régime militaire), pour qu'il s'agisse d'une simple coïncidence. Le destin politique de Ahmed ould Daddah est la préoccupation majeure de Tahir. Son argumentation a au moins le mérite de la clarté : tout dialogue avec le régime est un acte de haute trahison, sauf quand c'est AOD qui négocie avec ould Taya. ? ce moment seulement, on pourra parler du véritable dialogue pour préserver la paix civile (sic). Si l'on sait que l'unique condition du FPO à l'amorce de ce dialogue est que ses membres y soient conviés selon les formes protocolaires requises, on peut parier, sans risque de perdre, que Tahir ne tardera pas à oublier réfugiés, veuves, orphelins et rescapés.

C'est « Cartes sur tables », je crois, qui disait -ajuste titre- que les victimes de 89-90 pourraient être devenues, pour certains, un fonds de commerce commode (et fructueux ?).

L'homme au pseudo de bataille (Bilbassi, "sable blanc rougi par le sang des guerriers") dit les choses plus abruptement que le "groupie" de AOD. Les idées racistes étant, selon lui, une constance de la Mauritanie, le discours de Wafi n'apporte rien de nouveau qui expliquerait les « sorties rechauffées et indignées de certaines formations politiques qui refusent toujours de prendre la question nationale comme principale ».

Traduction en langage clair de ce salmigondis (nyukuru-nyaaka boy dannga, comme on dit dans le Booseya) : ne sont autorisés à élever des protestations contre les propos et actes racistes anti-négro-africains que les individus dûment agréés par les FLAM. Pour "les sorties indignées", une commission d'inquisition politique devra établir si les candidats considèrent ou non la question nationale comme principale. La seule et authentique protestation légitime et ethniquement fondée sera le fait de Bilbassi himselfet de ses amis flamistes, et portera l'estampille de la «pulaagu» vraie, ...celle qui sent le beurre rance et la bouse de vache fraîche.

Le vieux débat sur les contradictions principales et secondaires refait subrepticement surface, et surfe sur le NET, entre le délire maniaco-dépressif d'un extrémiste nègre-africain et les étranges et douloureuses contorsions d'une nassériste ahmédien à propos du vrai faux dialogue avec le régime. Au risque de manquer de générosité, je dois avouer que mon souhait d'une intelligence politique pour l'opposition démocratique ne s'étend pas à ces deux braves personnes et à quelques uns de leurs amis. Il y a, il me semble, un degré de crétinisme qui vous exclue irrévocablement du débat politique civilisé et utile. Que des individus ou des groupes, quels qu'ils puissent être. aient la prétention de détenir l'apanage du combat contre le racisme et l'intolérance et s'arrogent un pouvoir de certification démocratique est scandaleux et désespérant.

Dieu sait pourtant que ce débat est nécessaire. Et qu'il pourrait se révéler efficace s'il se libérait du poids mort des solidarités perverties. Les idées ont une valeur intrinsèque et opératoire, elles ont sens et intérêt indépendamment de celui (personne ou groupe) qui les émet. C'est d'avoir mal compris cela qui rend la majorité de nos acteurs de la chose publique si désespérément prévisibles, et si monotone et accablant notre paysage politique.

Raison supplémentaire pour refuser le désespoir.

P.S. à l'adresse de Bilbassi : Ce qui fait la force et la richesse du courant auquel appartient Bedredine, c'est le grand nombre d'hommes et de femmes ayant compris, comme lui, les limites et les dangers du chauvinisme et de l'étroitesse nationale, pour les avoir fréquentés de près ; et qui, venus comme lui, des différents extrêmes du nationalisme, ont construit et continuent à faire vivre un authentique mouvement pour la démocratie, l'unité nationale et la justice sociale. Que Bedredine et nombre de ses camarades aient été des pionniers ou des militants du nationalisme arabe ou négro-africain en Mauritanie est donc une incontestable vérité historique. Qu'ils ne le soient plus depuis près d'un tiers de siècle est pour eux un titre de gloire. Libre à vous de croire et d'insinuer que Bedredine appartient toujours au camp du chauvinisme ; mais ayez alors le courage de le dire, et surtout, soutenez vos affirmations par des preuves ayant moins de trente-trois ans d'âge.

Commission de Presse de l'UFD/EN


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