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Texte publié en 2000 suite aux attaques répétées des Flams contre le MND


Texte publié en 2000 suite aux attaques répétées des Flams contre le MND


 

LE M.N.D. ET LES FALSIFICATEURS DE L'HISTOIRE

 

La Toile est devenue depuis quelque temps la "Radio Mille Colline" des extrémistes mauritaniens de tout bord et de toute obédience.

En dehors de leurs appels haineux à la revanche ethnique et/ou tribale, avec des sombres listes à l'appui, ces seigneurs de la guerre virtuels attaquent furieusement le M.N.D.. Mouvement politique démocratique et patriotique clandestin des années 70/90, qui s'est auto dissout en 1998, ses dirigeants estimant qu'il a rempli son rôle historique.

Ce mouvement a mené, pendant plus de 20 ans, une lutte intransigeante pour l'unité dans la lutte de toutes les forces patriotiques et démocratiques en faveur d'une Mauritanie unie, indépendante et démocratique. Cette lutte avait conduit à la disparition des courants nationalistes particularistes tant négro-africains qu'arabes (baathiste, nasséristes ...) et à une large union des forces populaires (intellectuels, travailleurs, jeunes, femmes, paysans dans les campagnes).

Le régime néocolonial confronté au puissant élan populaire était obligé de faire des profondes réformes de souveraineté (révision des accords avec la France et nationalisation des monopoles étrangers), économiques (Monnaie nationale) et sociales (Pharmarim, Socogim) ; mais il refusa toute réforme démocratique.

Les attardés, rescapés de divers courants particularistes, étaient obligés de se camoufler dans les rangs du M.N.D.. Sortis de ce long purgatoire grâce la conjoncture engendrée par la guerre du Sahara et le coup d'Etat militaire auquel tous prirent part, contrairement au M.N.D., ces fauteurs impénitents de confrontations inter-éthniques. sous divers camouflages, cherchent depuis, à prendre la revanche sur le M.N.D. avec un esprit borné où la haine et l'aveuglement idéologique le disputent à la calomnie et la falsification des faits.

Face aux mystificateurs qui osent en appeler au jugement de l'Histoire, j'en appel au témoignage de tous les compatriotes sincères, de tous les patriotes africains, compagnons d'armes du M.N.D.

Aujourd'hui, pour que la lutte pour le changement dans nos pays soit bénéfique pour nos peuples, elle doit être indissolublement liée à la lutte pour la paix civile. Elle exige plus que jamais le combat intransigeant contre tant les égoïsmes nationaux que sociaux de certains politiciens démagogues et aventuristes.

 

 LE M.N.D., LES FLAM ET LES SENTENCES DE L'«HISTOIRE»

 

A PROPOS DE LA DECLARATION DE 1987 DU M.N.D. SUR LE PUTSCH MILITAIRE DES OFFICIERS NEGRO-AFRICAINS.

 

Note de présentation de la déclaration du M.N.D. sur le putsch militaire des officiers négro-africains de 1987 :

 

1. POURQUOI LE CHOIX DE CE TEXTE ?

 

1. C'est une prise de position lucide et courageuse sur une question essentielle : l'unité nationale et au sein de cette unité le respect des différences nationalitaires. Question qui agite même les vieilles démocraties occidentales et qui, en Mauritanie, après des débats houleux et prolongés, avait fait l'objet d'une large unité de vue après les événements de Zouérate de mai 1968. Et c'est sur le socle de cette large unité de vue que s'est édifié le M.N.D., mouvement le plus vaste que la Mauritanie ait connu ; alors même qu'il était condamné à agir dans la clandestinité. C'est la remise en cause de cette large unité de vue qui a engendré les drames de ces dernières années. D'autres pièces de ce débat historique suivront avec la volonté sincère d'éclairer l'opinion, surtout les jeunes, sur les termes réels du débat. Et ce afin d'édifier tous sur le fait que si on renonce à l'esprit putschiste, à l'invective, en faveur du débat d'idées sain, démocratique, il n'y a pas de raisons que ce qui a été possible en 1968-1971, dans le cadre étriqué de la clandestinité, ne le soit dans le cadre actuel, fut-il étroit, de la démocratie.

2. Cette déclaration a été et continue d'être l'objet d'attaques calomnieuses des courants nationalistes particularistes, des flamistes en particulier. Sa parution, en texte intégral, permettra aux uns et aux autres de mieux juger de sa force et ses faiblesses, après les déchaînements passionnels qui ont ensanglanté la Mauritanie et le Sénégal, et martyrisé de nombreux foyers mauritaniens. Après ces drames, une certaine relecture de l'histoire veut estomper certaines responsabilités, en particulier celle des flamistes et du groupuscule nassériste qui à rejoint Ahmed ould Daddah et fait exploser l'UFD/EN. Cette déclaration est particulièrement gênante pour ces révisionnistes. Ces gens là, s'ils font référence à cette déclaration, c'est pour parler de supposées haines historiques et idéologiques du M.N.D. contre leur courant nationaliste, de supposées connivence entre le M.N.D. et les divers régimes d'exception contre leur sainteté.

Ce faisant, ils tentent de masquer l'idée centrale du texte qui la suivante : la culture de haine, prônée par les FLAM au sein des nationalités négro-africaines d'une part, et par les nationalistes arabes, nasséristes et baathistes, au sein de la nationalité arabe d'autre part, cette culture génocidaire mènera inévitablement le pays à la catastrophique confrontation interethnique ; à moins que les patriotes et démocrates mauritaniens n'arrivent à circonscrire cette culture à temps. D'où l'appel aux patriotes et démocrates négro-africains de lutter au sein de leur nationalité respective contre les idées racistes et anti-maures ; et aux patriotes et démocrates arabes de lutter contre les idées racistes et anti-noire au sein de leur nationalité. Enfin, la mise en garde de l'administration contre ses tendances habituelles de manipulation de ces courants opportunistes pour masquer ses propres échecs et éviter une prise de conscience correcte et l'unité du peuple.

 

II - RAPPEL DU CONTEXTE HISTORIQUE

 

2.1. Réémergence des courants particularistes

En rapport avec les rivalités induites par l'instabilité ouverte par le renversement du régime civil, divers intérêts se constituent en lobbies ; entre autres réapparurent les courants nationalistes particularistes. Les diverses factions des divers Comités Militaires cherchant appui, en l'absence de cadre politique, sur de multitudes de lobbies sociaux, ethniques, groupes politiques, trouveront en ces groupuscules nationalistes chauvins et étroits clandestins le terrain idéal à leur tradition de manipulation.

 

2.2 - Manipulation de l'Etat par les groupuscules nationalistes

Interpénétration de ces courants nationalistes avec les divers appareils de contrôle du pouvoir conduisant leur manipulation par ces courants conspirateurs et antidémocratiques et à une lutte à outrance entre eux à travers ces appareils.

 

2.3.- Intense campagne de haine raciste, en particulier de l'ODINAM et du MPAM, et ensuite des FLAM de 1979 à 1987

 

79-85 : Cette campagne sera marquée par des grèves très minoritaires des élèves sympathisants nationalistes de certains établissements du secondaire de Nouakchott et du Lycée de Kaédi. A Nouakchott, les nervis noyautant ces grèves causeront la mort du jeune lycéen Mohamed Yeslem ould Khaled, en le lapidant jusqu'à ce que mort s'en suive. Durant toute cette période des petits groupes fanatisés s'attaqueront à divers "intérêts beidanes" : boutiques, stations d'essence, véhicules dans la circulation etc. Autour de ces petites entreprises terroristes, des campagnes de rumeurs visaient à provoquer des confrontations ethniques sur une grande échelle. Cette période s'achèvera par la publication du "Manifeste du Négro-Mauritanien Opprimés - De la guerre de libération à la guerre civile".

 

85 - 87 : La campagne de haine des groupuscules nationalistes trouve un fondement théorique dans le "Manifeste" et un support organisationnel nouveau avec la fusion de l'UDM, l'ODINAM, du MPAM et de l'UEEM pour fonder les FLAM dont le choix de la consonance n'est ni innocent, ni surtout un simple hasard. Elle gagne en virulence, et l'appel à l'attaque contre les "beydanes" et leur biens plus direct et plus insistant, l'invite à la guerre civile plus explicite.

Les attaques effectives des Arabes et leurs intérêts par de jeunes déboussolés par cette campagne deviennent plus fréquents. Elles étaient accompagnées par des rumeurs alarmistes visant à provoquer des confrontations interethniques de masse.

Les groupes nationalistes arabes chauvins se mirent de leur côté à attiser les flammes. Ils prêchent dans certains cercles dirigeants la nécessité de "donner une leçon aux Hal-Pularen". C'est les circonstances que saisissent le groupuscule des Nasséristes, actuels alliés de Ahmed Daddah, pour conclure, à l'époque, un accord avec le régime d'exception d'alors. Cet accord permettra à ce groupuscule de se faufiler au sein de tous les appareils de contrôle du pouvoir et d'entreprendre l'élimination des autres groupuscules rivaux (baassistes, négro-africains), également infiltrés dans certains de ces appareils. Ils cherchaient de leur côté à amener le pouvoir dans une campagne d'épuration ethnique.

Voilà le contexte dans lequel furent découverts les préparatifs pour l'exécution du putsch militaire ethnique de 1987 qui devait couronner tant de campagnes de haine.

Le putsch de 87 : Pendant des années les milieux nationalistes négro-africains, même modéré ont nié la réalité de ce putsch. Même les gens de bonne foi dans ces milieux furent influencés par les calomnies des flamistes selon lesquelles que cela n'était qu'un complot du M.N.D. et du régime de Ould Taya contre eux. Et de rappeler en la tronquant la déclaration du M.N.D. de 1987. Depuis la libération des survivants de Walata, des acteurs de ces préparatifs du putsch se sont exprimés dans la presse nationale, d'autres ont édité leurs mémoires. La réalité et le caractère aventuriste de cette entreprise ressortent sans ambiguïté des propos des différents protagonistes qui se sont exprimés sur la question. La connivence, sinon la filiation idéologique des acteurs avec les FLAM, sont reconnues, même si les liaisons organisationnelles sont, pour le moment, niées.

Les témoins ne s'attardent pas sur les conséquences politiques et psychologiques de leur entreprise sur l'aggravation de fractures au sein de l'armée, et de façon plus générale sur l'évolution des relations intercommunautaire, sur l'unité du pays. Quant ils abordent le lourd bilan de la sombre période de leur rivalité acharnée avec leur alter ego chauvins arabes, c'est pour indexer les charniers dont ces derniers ont parsemé le pays. Et ce pour immédiatement s'exonérer de toute responsabilité et s'auto justifier. Les chauvins arabes, qui ont rejoint l'opposition, après que le pouvoir ait rompu avec l'orientation nationaliste pour se tourner vers l'Occident et Israël, ne procèdent pas autrement, quoique de façon plus honteuse, et seulement quant le débat les accule à revisiter les pénombres de leurs consciences.

Seul de tous les courants politiques et cadres politiques, le M.N.D. et ses militants peuvent se pencher en toute sincérité et objectivité sur cette période, scruter scrupuleusement leur conscience et redresser fièrement la tête. Certes, ils n'ont pas réussi à conjurer la catastrophe, ni éviter des erreurs dans leur action. Mais, aujourd'hui que le M.N.D. s'est dissout, il est inadmissible que les pyromanes tentent de le charger du fardeau de leur part de crime contre le peuple mauritanien.

 

2.4. - L'ATTITUDE DU M.N.D. FACE AUX MENEES RACISTES

 

Comme indiqué plus haut, la naissance du M.N.D. résulte de la lutte acharnée pour l'unité des forces populaires : jeunesses scolaire et universitaire, ouvriers et travailleurs des secteurs modernes, paysans asservis et esclaves ruraux. En 1971, les courants nationalistes arabes chauvins et négro-africains étroits étaient marginaux, et leurs fondements idéologiques totalement discrédités. Il est resté intransigeant, depuis, dans sa lutte idéologique, théorique, politique et pratique contre les courants nationalistes extrémistes. Contrairement aux calomnies répandues par les leaders de ces courants, le M.N.D. ne s'est jamais abaissé à lutter contre ses adversaires en dehors de ces moyens et seulement au sein des différentes couches et secteurs de la population.

C'est ainsi que, sur le plan théorique, en dehors de nombreuses publications politiques, deux documents théoriques ont été publiés : "A propos de la question culturelle" et "Contribution à l'étude de la question nationale en Mauritanie". L'influence de ces textes a été profonde puisque on en retrouve les traces dans la réforme de l'enseignement de 1979 (Création de l'Institut des langues nationales, introduction de l'enseignement de ces langues) et dans la Constitution établissant la reconnaissance du Pulaar, du Soninké et du Wolof comme langues nationales.

Sur le plan pratique, le comportement du M.N.D. peut être jugé, sans difficulté, par rapport à deux grandes périodes entre 1979 et 1993. La première période va de 1979 à 1987-88 ; la deuxième, de 1988-89 à 1991-92.

 

Période de 79 à 87-88. Celle-ci est marquée, comme indiqué plus haut, par une offensive des mouvements particularistes négro-africains avec des grèves scolaires, des attaques physiques contre des Arabes et leurs biens (meurtre de Mohamed Yeslem ould Khaled), putsch.

Face à cette offensive, le M.N.D. avait privilégié la lutte contre l'idéologie ethnocentriste et raciste des mouvements nationalistes extrémistes négro-africains et contre leurs actions terroristes dans les établissements scolaires et la rue. Dans ce cadre, les militants du M.N.D. négro-africains ont joué un rôle déterminant dans la lutte contre les commandos terroristes extrémistes alors que les cadres et personnalités du mouvement ont œuvré par des campagnes de porte-à-porte à la pacification des esprits. Ils ont, en particulier, organisé des rencontres entre des personnalités négro-africaines et des personnalisés arabes suite au meurtre du jeune Mohamed Yeslem.

Considérant spécifiquement l'attitude du mouvement face au putsch, dans le FLAMBEAU (toujours cette hantise du FEU !), N° de mai, juin et juillet 2000, les FLAM accuse : "II y a 13 ans... le M.N.D.. L'histoire retiendra qu'il y a 13 ans, à travers ce tract du 8/11/87, dont nous livrons quelques extraits, le Mouvement National Démocratique (M.N.D.) appelait le pouvoir en place à châtier sévèrement ceux qui avaient osé penser à un putsch, un 22 octobre 1987...".

Maintenant, le lecteur a sous les yeux le texte intégral de ce tract. A lui de découvrir ce passage dans lequel "...il y a 13 ans... le Mouvement National Démocratique (M.N.D.) appelait le pouvoir en place à châtier sévèrement ceux qui avaient osé penser à un putsch". Les FLAM quant à elles, ne trouvent à souligner dans le long extrait que publie son organe idéologique que le passage suivant : " De quels droits jouissent les minorités au Sénégal, en Côte d'Ivoire, au Zaïre etc. ...et dont sont privées celles de Mauritanie ? ".

Pour les FLAM c'est là l'appel au pouvoir en place à "châtier sévèrement les putschistes". Pour toute lecture non idéologique, cette assertion paraîtrait un constat purement factuel ou à la limite une opinion générale sur la situation dans des pays ayant le même stade d'évolution.

En tout cas, une lecture objective ne peut déceler un quelconque appel au châtiment des putschistes ; pour la simple raison que la préoccupation centrale de la déclaration n'était pas l'incrimination de ces desperados.

Cette préoccupation était plutôt de prévenir les réactions chauvines de masse au niveau des Arabes. Les services spéciaux et les groupuscules nationalistes chauvins, comme en 1966, et par la suite, en 1989, cherchaient à provoquer l'intervention des foules et à organiser des pogromes contre les négro-africains, en particulier contre les Haalpulaaren.

En plus de ce tract, le M.N.D. organisa une campagne de porte-à-porte, des réunions multiraciales d'intellectuels, de sensibilisation des Imams des mosquées. Le grand Imam Boudha ould Bousseïri accepta d'accueillir une réunion multiraciale de personnalités opposées à la confrontation interethnique. Et, c'est sous l'influence de ce grand Aalem que, le vendredi qui a suivi la sentence contre les putschistes, de nombreux imams lancèrent un appel à la clémence.

Les services spéciaux du régime et les chauvins qui les infiltraient voyaient dans cette publication et cette activité du M.N.D. une entreprise de subversion. Des cadres du Mouvement (Mohamed ould Maouloud, Wane Birane, Khallihina) furent interpellés par la Sûreté et mis en demeure d'arrêter leur agitation et avant cela, c'était Mohamed ould Maouloud qui était convoqué par le directeur général de la Sûreté qui lui intima l'ordre de faire retirer de la circulation le tract... "aux accents flamistes!"

 

Période de 1987-88 à 1991-92 : avec l'arrestation en 86 des dirigeants des civils de FLAM et 87 des militaires putschistes, le nationalisme étroit organisé était décapité et en reflux. Les nationalismes arabes chauvins étaient en offensive, particulièrement sa tendance dite nassériste. Cette tendance avait conclu un accord secret, en 1986, avec la gouvernement, d'après ses dirigeants qui ont rejoint Ahmed ould Daddah en 1998. Ainsi lovée dans l'appareil d'état, après l'exclusion massive des militants et sympathisants baathistes de l'armée en 1988, la tendance nassériste va inspirer une véritable politique de chauvinisme d'Etat à l'endroit des nationalités négro-africaines, des Haalpulaaren en particulier ; de xénophobie à l'encontre des ressortissants de pays de l'Afrique de l'Ouest, surtout de ceux du Sénégal.

C'est au constat de cette évolution qu'aboutira la conférence des cadres du Mouvement National Démocratique fin 1988. Cette conférence confirmera l'orientation selon laquelle, désormais, la lutte contre le chauvinisme, devenu chauvinisme d'Etat, était devenue prioritaire. Elle décida en conséquence du redéploiement des forces du Mouvement en fonction de cette réalité. C'est cette perspicacité qui allait lui permettre, dans la tourmente meurtrière déchaînée par les milieux chauvins au sein et en dehors du pouvoir, d'être la seule force nationale à prendre des initiatives pour préparer et organiser la riposte à l'offensive des chauvins.

Si ces initiatives n'ont pas permis d'éviter au pays les jours les plus sombres de son histoire, du fait surtout de l'insuffisante expérience de nos populations, il n'en demeure pas moins que se sont elles qui ont contribué à limiter les dégâts et préparer la défaite finale des forces chauvines. L'infiltration des ces forces chauvines au sein de l'opposition en 1998 est l'acte final qui signe leur défaite. Comme les FLAM, ces débris de forces criminelles sont animés d'une haine inextinguible contre l'auguste défunt.

Mais, si comme forme d'organisation, les dirigeants du M.N.D. ont estimé qu'il a accompli son rôle historique, son héritage idéologique et politique fondé sur l'esprit scientifique, le patriotisme et la démocratie, le dévouement prioritaire à l'intérêt général, l'opposition au particularisme, au sectarisme et à l'esprit d'exclusion, cet héritage donc survivra toujours et toujours trouvera des défenseurs.

 

IV - LES FLAM ET LES SENTENCES DE L'HISTOIRE.

 

Concernant les sentences de l'histoire invoquées par le Flambeau, il est difficile de prévoir quand l'histoire soldera les comptes d'une pensée, si jamais elle le fait. Mais, en tout cas les acomptes qu'elle déjà servi au FLAM ne sont pas particulièrement brillants. Le lecteur peut en juger par les exemples suivants :

Pendant des années, les militants et sympathisants des FLAM ont propagé dans les milieux négro-africains le mensonge selon lequel le putsch de 1987 était une invention du M.N.D., un complot du régime ; taxant les militants du Mouvement d'être des délateurs. Aujourd'hui, les témoignages des putschistes rescapés du bagne de Walata sont venus faire justice de ces calomnies. Ces témoignages confirment d'une part la réalité du putsch, d'autre part l'amateurismes des ses auteurs, mais surtout que les sources des fuites qui ont conduit à la découverte du putsch étaient de l'entourage des putschistes eux-mêmes.

Le M.N.D. a toujours soutenu que les groupuscules éthnocentristes, tant négro-africains, qu'arabes sont sans racines au sein des populations.

S'il arrive que ces groupes sectaires manipulent des secteurs importants de l'opinion, cela ne résulte pas d'un travail politique de masse durable, mais d'une conjoncture de crise circonstancielle : action des nervis nasséristes et baathistes à Nouakchott et à Nouadhibou en 1989 et des escadrons de la mort flamistes à Dakar et Matam, la même année. Leur isolement, leur rupture avec le peuple est plutôt la règle. Ainsi, dans son interview, le président des FLAM, monsieur Samba Thiam reconnaît qu'avant 1992, les Mauritaniens "se bouchaient les oreilles et l'esprit" rien qu'à l'évocation du nom de son mouvement. Tout en incriminant le M.N.D. et le régime d'être à l'origine cet isolement, en "diabolisant" son mouvement, monsieur Thiam consent à s'exercer à une certaine forme d'autocritique.

Tous les courants nationalistes particularistes mauritaniens ont toujours revêtu un caractère culturel essentiel et ont focalisé leurs luttes autour de l'attitude vis à vis de la langue arabe. Les chauvins menant un farouche combat pour une arabisation à outrance de la société. Les nationalistes étroits négro-africains appelant à un rejet intransigeant de cette langue, en faveur de la langue française. Que monsieur Samba Thiam, président des FLAM, dans l'interview précitée nous avoue que l'une des erreurs fondamentales de son mouvement a été de négliger la langue arabe comme médium de masse dans l'action est en soi une sentence historique considérable.

Enfin, the last but not the least, nous apprenons dans cette même interview que certains concepts flous, sinon confus, comme "le système baydane" ont sérieusement desservis les nationalistes antibeydanes. Aussi nous annonce-t-on d'un trait l'abandon de ces concepts. Or, ces concepts, celui de "système baydane" en particulier, constitue la clef de voûte du "Manifeste du Négro-Mauritanien opprimé", de sa théorie sur l'Apartheid en Mauritanie.2

Il reste à espérer que ses évolutions mènent effectivement les FLAM et le courant politique qu'il incarne, à intégrer l'espace démocratique -aussi étroit soit ce espace- pour un débat serein, en vu de la recherche de solutions unitaires et démocratiques et de progrès aux problèmes du pays.


1. "II faut concéder, nous avons certainement péché quelque part, en premier lieu, pour avoir négligé- sans l'avoir vraiment désiré- de recourir à un vecteur essentiel de communication qu'est la langue arabe. Nous sommes aliéné ainsi- non sans dommage- de larges couches de la population.

2. "Il s'y ajoute (à la négligence de l'Arabe comme cause d'isolement des FLAM au sein des populations- notre précision) le recours à quelque concept, peut être obscure en tout cas ambigu- maintenant abandonné-, tel le système beïdane qui prêtait à confusion et que nos détracteurs (le régime et ses acolytes du MND), se sont empressés de saisir, pour mieux fonder notre diabolisation"

Interview S ; Thiam, FAAS-Flabeau, n°20, Juillet/2000"


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