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- Pour une opposition responsable


Pour une opposition responsable et démocratique

Par Lô Gourmo Abdoul

(Calame n° 232 du 17/09/98)

Homme politique aux talents oratoires certains, un redoutable dialecticien, l'ancienne terreur des congrès estudiantins, Lô Gourmo Abdoul, fut incontestablement la vedette du congrès extraordinaire de l’UFD-Ere Nouvelle tendance Bedreddine. Il a présidé le bureau du congrès sans faire bailler d’ennui ou éructer d’indignation la nombreuse assistance. L’étoile montante de ce que fut naguère le MND nous livre ici ses premières conclusions.

Le Calame : Quelles sont les premières conclusions que l’on puisse tirer à l’issue de ce congrès extraordinaire de votre parti?

Lô Gourmo Abdoul : L’UFD-Ere nouvelle que nous représentons a pu prouver sa capacité de surmonter les contradictions très graves sans verser cependant, en tout cas pour ce qui nous concerne, dans un certain niveau de polémique ou d’insulte auquel aurait pu prêter la situation et qui compromettrait en réalité les chances d’avenir d’une opposition responsable et démocratique. On peut se diviser, on peut aller vers le divorce mais on doit rester digne et responsable, d’autant plus que nous sommes quand même, me semble-t-il, au moins des amis de l’opposition. En tout cas, je l’espère. Et nous, nous sommes restés dans cette voie-là.

La deuxième conclusion: c’est que nous avons pu aller avec les forces qui croient réellement à la justesse de la ligne que nous représentons. A savoir qu’on peut trouver des solutions d’un certain nombre de contradictions, en restant sur ses principes et en capitalisant certaines divergences au sein même du pouvoir; qu’on peut le faire sans verser dans une approche fébrile de la vie politique. On peut garder un esprit relativement tranquille même dans une agitation qui, à priori, pourrait nous profiter.

La troisième leçon, c’est qu’on peut trouver un consensus autour d’un certain nombre de valeurs et l'incarner par des personnes qui soient représentatives des plus larges couches de la population mauritanienne, et ça sans se déchirer. On a vu dans quelles conditions ces élections ont eu lieu. C’est à l’unanimité que des instances aussi larges ont pu être choisies.

La quatrième leçon, c’est la réaffirmation de notre ligne politique, à savoir une ligne plus proche des préoccupations des populations les plus défavorisées, une ligne consistant à ne plus avoir un langage général ou trop général, axé sur des considérations trop abstraites. Mais de rester plus près des préoccupations des populations les plus pauvres dans un contexte économique et social des plus difficiles, sans verser dans la démagogie. De reconnaître ce qu’il y a de bien, ce qu’il y a de juste dans ce qui se fait dans le pays, y compris d’ailleurs, le cas échéant, par le gouvernement. Tout en dénonçant ce que nous pensons être mauvais. Et ça c’est notre rôle d’opposition. Mais aussi en restant productifs dans les propositions, parce que nous ne voulons pas donner l’impression d’être en «boule» constamment. Nous voulons proposer au pays, et y compris au gouvernement en place, un chantier à construire qui est celui d’un système politique et économique ouvert. Et à travers un compromis sur des règles de base. Ce sont des choses simples mais difficiles à comprendre. Parce que jusqu’ici les préoccupations, en partie internes à l’UFD-Ere Nouvelle, ont pu brouiller le message qu’on pouvait lancer. On avait des styles différents et variés qui pouvaient compromettre la bonne compréhension du message. Cette fois-ci, les choses sont plus claires. On parlera d’une seule voix et vraiment d’une seule voix. Parce que nous avons mis fin à la question des sensibilités traditionnelles. Les sensibilités n’existent plus chez nous qu’en terme de pensée générale. Mais il n'y a plus de groupe organisé. Le MND a prononcé sa disparition structurelle en tant que groupe. C’était la sensibilité restante dans l’UFD avec ceux qui sont allés dans l’autre portion de l’opposition. Nous avons décidé de ne plus avoir de structure parallèle, de ne plus avoir une vision parallèle à celle qui a cours à l’intérieur du parti.

Donc une rehomogénéisation du parti qui fait de nous un véritable parti politique. On peut bien sûr avoir sur ce parti politique le point de vue qu’on veut. On peut l’aimer ou le détester. Je pense qu’il est bien qu’un parti soit aimé et détesté. à la fois. C’est la vie. Mais au moins on lui reconnaîtra sa stature véritable de parti politique.

Une plus grande homogénéité de sa direction, de sa vision politique et de son style de travail, sa manière d’être qui nous rendra plus perceptible dans le paysage politique. Nous espérons d’ailleurs franchement que ça soit le cas pour les autres partis, sans vraiment aucune démagogie.

Enfin, je pense que nous avons aussi, non pas seulement à l’endroit du gouvernement et des autres formations politiques mais de ceux qui sont aujourd’hui nos adversaires, nous leur lançons simplement un appel pour que les divergences et les contradictions qui restent encore chez nous soient réglés de manière civilisée. Nous sommes contre une guerre de position entre nous sur quelle question que ce soit. Nous sommes pour la recherche d’un compromis en notre sein, pour trouver une solution de compromis, non pas en nous accusant mutuellement en nous lançant des invectives, mais en recherchant dans le calme de l’esprit, dans la tranquillité, par des propositions concrètes, des solutions acceptables. Nous nous sommes ouvert à ça après avoir montré jusqu’où va notre représentativité. Nous ne disons pas que nous sommes la représentativité absolue. Nous disons qu’on a intérêt à voir ce que nous sommes vraiment. D’autant plus que nous l’avions déjà montré lors de notre précédent congrès. Je crois que notre message n’avait pas été très clairement perçu et je suis très bien placé pour le savoir. Et pourtant il était évident que ce qui s’était passé démontrait qu’il ne fallait pas se tromper dans le calcul, si j’ose dire, du rapport de force à l’intérieur du parti. Maintenant, les choses sont très claires. Nous ne voulons pas user d’un rapport de force en posture de guerre. Nous sommes contre cette manière de faire les choses. Nous voulons simplement qu’avec les uns et les autres, il y ait une approche plus simple, plus sereine, plus civilisée des relations pour sortir de l’ornière. Et nous sommes très attachés à l’unité de l’opposition mais de l’opposition démocratique.

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Le Calame : Quel sera le positionnement de l’UFD-Ere Nouvelle après ce congrès extraordinaire sur l’échiquier de l’opposition? Allez-vous coordonner avec le front des partis de l’opposition ou créer un nouveau pôle?

Lô Gourmo Abdoul : Le Front des partis de l’opposition, à entendre Messaoud Ould Boulkheir , semble nous prendre pour quantité négligeable. Je vous le dis comme je le pense. Messaoud Ould Boulkheir a eu des mots que je n’ai pas bien compris. Ça ne relève pas seulement de la confusion. Ça relève, je l’ose dire, d’autres choses. Mais il semble s’attacher à une certaine idée de l’opposition. Parce que, peut-être quelque part ça les arrange. Parce que c’est un combat de chefs, parce que on fait une sorte de syndicat de grands chefs présidentiables etc., ils se sont donnés un rôle dans une fonction politique que je réprouve personnellement. Parce qu’au fond c’est une fonction très sectaire.

Nous, nous avons une autre vision de la politique. Nous le disons franchement et clairement. Ce n’est pas à eux de décerner, et nous leur avons toujours dit, un certificat de bonne conduite politique à qui que ce soit, à plus forte raison un certificat d’”oppositionnel”. Ce n’est ni à Messaoud Ould Boulkheir ni à qui que soit d’avoir à distribuer ce rôle-là. Nous, nous le faisons pas. Simplement nous réaffirmons un certain nombre de principes. A l’UFD/EN, nous sommes opposés à toute opposition tribale, nous sommes opposés à toute opposition sectaire et extrémiste. Parce que nous sommes opposés également à une vision du gouvernement qui soit une vision fermée, sectaire et extrémiste. Donc les mêmes raisons qui nous ont poussé à être dans l’opposition vis-à-vis du pouvoir nous pousseront- si les choses continuent dans l’état de cette opposition que vous avez cité - également à nous opposer à eux.

Mais ce n‘est pas un cri de guerre. C’est simplement le réalisme de ma part. Et je dis aussi qu’il n’y a pas que l’opposition, je n’ose pas dire officielle. Il y a d’autres oppositions. D’abord celle de notre peuple et c’est elle qui est décisive. Et ensuite l’échiquier politique s’enrichit. Et on aurait intérêt à prêter attention à cet enrichissement là. Nous avons un éventail extraordinaire de choix dans ce que nous pouvons faire par rapport à des alliés éventuels. Toute l’opposition est notre alliée pourvu qu’elle soit démocratique, qu’elle ne soit pas sectaire, qu’elle soit ouverte, qu’elle prône le dialogue national sur des bases claires et fermes.

Propos recueillis

par Mohamed Ould El Kory

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