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réunion du BE de l'ufd/en le 4 mars 1998

clarifications

communiqué de presse sur le be

résolution du bureau fédéral Europe sur la crise de 1998

communiqué de presse sur la tenue du congrès

questions à ahmed ould daddah

savoir raison garder et ménager l'avenir


Intervention du SG à la réunion du BE de l'ufd/en du 4 mars 1998

Monsieur le Secrétaire général, camarades membres du bureau exécutif

Le passage de votre rapport relatif à l'adhésion de ce que vous avez appelé "le groupe de cadres démissionnaires du Prds" m'inspire les remarques suivantes :

I. Il me semble que le problème de ces cadres n'a pas été suffisamment étudié pour être présenté à la présente session du bureau exécutif. Depuis la démission de ce groupe du Prds, il y a de cela 7 mois, j'avais souhaité que le parti engage une réflexion sur cette question en vue de parvenir à une position consensuelle. Sur mon insistance, M le Secrétaire général, vous m'avez chargé de rédiger une note sur ce sujet à l'attention du comité permanent. Ce document a été élaboré mais, à ce jour, il n'a connu aucune suite de la part d'une quelconque instance du parti. Lorsque j'ai constaté que, en ce qui vous concerne, les décisions sont déjà prises, j'ai contacté certains dirigeants du parti pour préparer, de façon informelle, une opinion relative à ce problème. Ces camarades, surtout ceux qui se réclament de votre bord, ont répondu que cette démarche est prématurée et qu'il fallait, à leur avis, attendre que ce groupe présente officiellement sa demande d'adhésion au paru.

Depuis bientôt trois semaines, ces mêmes camarades m'ont informé que cette demande a été finalement présentée, pourtant aucune instance du parti n'a porté l'information à ma connaissance. Ces camarades ont proposé une réunion autour de cette question pour simplement affirmer qu'une discussion ne peut plus être organisée sur ce sujet car, l'adhésion de ce groupe est déjà effective et selon les textes du parti, elle ne doit faire l'objet d'aucune condition préalable. Le samedi dernier, au cours de la réunion du comité permanent préparatoire de cette session, vous avez introduit le passage relatif à l'intégration de ce groupe. Je vous avez demandé de surseoir à cette question en attendant d'arriver à une position consensuelle sur celle-ci. Vous avez refusé. Voilà que vous l'introduisez à nouveau sans aucune préparation or, il s'agit de l'intégration d'un groupe et jusqu'à présent ce genre d'intégration ne s'est jamais effectué dans la division.

- L'Ufden, M le Secrétaire général, camarades membres du bureau exécutif, a été créée dans des conditions particulièrement graves dans l'histoire de notre pays : les massacres des militaires et des civils perpétrés dans les années 89-90- 91 étaient encore présents dans toutes les mémoires •; la déportation de plus de 85 mille personnes, toutes mauritaniennes au Sénégal et au Mali était à sa troisième année ;

les veuves et les orphelins demandaient encore les nouvelles de leurs parents disparus ; les dirigeants du Fduc venaient de sortir de leur exil lointain ; les rescapés des camps de la mort ne finissaient pas de raconter leur tragédie ; le processus démocratique était à ses débuts et visait, pour le régime militaire, à maintenir au pouvoir des hommes qui n'avaient nullement l'intention de le quitter. Dans ces conditions, des patriotes mauritaniens soucieux de l'avenir du pays ont constitué l'Union des forces démocratiques ayant pour objectifs, entre autres :

- de restaurer l'unité nationale en faisant d'abord la lumière sur les événements précités et cela sans aucun esprit de règlement de compte et ensuite en jetant les bases d'une société mauritanienne multi-ethnique et multiculturelle où toutes les composantes ont les mêmes droits et les mêmes devoirs.

- conduire le processus démocratique vers une alternance pacifique du pouvoir, une société multipartite où les libertés collectives et individuelles sont garanties. Un véritable Etat de droit.

- sauver l'économie du pays par une politique de développement intégré garantissant en même temps la liberté d'entreprise et la protection des couches les plus défavorisées.

L'adhésion de ce groupe au parti est incompatible avec les objectifs énoncés ci-dessus.

III. Ce croupe n'est rien d'autre qu'une partie du mouvement nassérien crée dans les aimées 60, pour, entre autre, les objectifs suivants :

- affirmer ce qu'il appelle l'identité arabe absolue de la Mauritanie

- lutter contre toute manifestation de diversité ethnique et culturelle Le slogan inscrit jusqu'à récemment sur les murs de Nouakchott "par le feu et le sang l'arabisation se réalisera" illustre bien la doctrine de ce mouvement. En plus, les porte-paroles de ce dernier, Mohamed Mahmoud Ould Cheikh et Dieh Ould Sidaty ont révélé qu'ils avaient noué une alliance, sur la base d'un programme, avec Ould Taya aux lendemains de son accession au pouvoir, c'est à dire dès 1985. Le contenu de ce programme n'a jamais été publié. Ils précisent également, qu'ils ont maintenu de bonnes relations avec lui jusqu'en 1992. Auparavant, une partie de ce groupe aura soutenu la candidature de Moustapha Ould Mohamed Saleck à la présidence et finira d'ailleurs par créer son propre parti : l'APP. Mais il convient de noter que la majorité du groupe nassérien, y compris ses dirigeants historiques, est restée au Prds constituant l'élément moteur de ce parti. Ils ont occupé d'importantes fonctions au Prds et au gouvernement. Il n'est pas superflu de citer parmi les personnalités appartenant à ce groupe politique les directeurs des publications "El Bouchra", "La vérité", "Le Point" et "El Mookif", journaux connus pour leur littérature de haine, et-de xénopnohïe, il est aujourd'hui tout a fait impensable que ce groupe cherche à se dédouaner au niveau de l'opinion publique en faisant porter le chapeau au pouvoir seul. Pourtant, on a de la peine à croire qu'il a changé et cela surtout qu'il refuse d'exprimer le moindre regret par rapport à la pratique d'alors. Il reste à élucider pourquoi, ces Nassériens qui ont consacré 6 ans de lutte contre ce parti veulent aujourd'hui adhérer à cette formation politique. En le faisant, ils se moquent de l'opinion publique nationale et en acceptant une telle adhésion, M le Secrétaire général vous commettez une erreur très grave.

IV. Contrairement à ce que dit le SG, "ce sont des gens qui vont apporter du changement, du renouveau", l'adhésion des nassériens au Parti marquera un tournant catastrophique dans l'histoire du Parti, car il perdra son orientation, sa raison d'être et son âme.

Cette adhésion ne peut être considérée comme un élargissement du Parti. Si tel était le cas je ne m'y opposerais pas, et mon histoire par rapport à l'élargissement du Parti est très connue.

Quand le FDUC devait s'élargir au REJ et au groupe des indépendants de Mohameden Ould Babbah pour constituer FUFD, ma position était du côté de cet élargissement, même avec l'arrivée de Mohameden comme premier responsable de FUFD. Et lorsqu'il fat question d'élargir l'UFD au groupe que vous représentez, Mr le SG, ma position est encore connue : j'étais pour cet élargissement et pour votre désignation comme premier coordinateur de l'UFD/EN. Si je m'oppose aujourd'hui à cette adhésion, c'est parce que certainement il ne s'agit pas d'élargissement du Parti.

Mr le SG, l'arrivée de ce groupe à l’UFD a été décidée par des méthodes antidémocratiques et contre l'unité du parti puisque s'effectuant sans débat sérieux et en l'absence de tout consensus. Ce groupe est contre les objectifs fondamentaux du parti et contre son orientation politique parce que c'est un groupe nationaliste arabe extrémiste hostile à l'unité de la Mauritanie et à l'égalité de ses différentes composantes. C'est pourquoi Mr le Secrétaire général, je m'oppose à cette adhésion et je me retire des travaux de cette session du BE.

 


 clarifications

Lors de la dernière session du Bureau Exécutif de l'UFD/EN, 14 membres de cette instance se sont retirés, suite à l'évocation subreptice, dans le rapport du secrétaire général, de l'adhésion au parti du groupe dit des « cadres démissionnaires du PRDS ». Ce retrait a été présenté, notamment par presse interposée, sous un angle non seulement fallacieux, mais aussi et surtout en des termes qui disent long sur ce qui est, au mieux, un dévoiement de la ligne du parti. Face à cet étalage d'amalgames, des clarifications s'imposent.

 Trois raisons fondamentales expliquent ce retrait :

 

1. La question du groupe dit des «cadres démissionnaires du PRDS » n'aurait jamais dû figurer dans le rapport du secrétaire général, parce que précisément elle n'a pas été suffisamment discutée ni n'a fait l'objet d'une préparation convenable. La note commise à cet effet n'a pas été discutée par le comité permanent pour lequel elle a été commandée. Il est alors déloyal d'invoquer l'article 6 des statuts pour justifier un fait accompli qui s'apparente au mieux à un diktat, et au pire à une manipulation.

2. Ce groupe s'est toujours réclamé d'un système de principes et de valeurs contraires à ceux fondateurs de l'UFD/EN. Quant le parti réclamait le rétablissement de l'unité et de la concorde nationales, ils étaient dans le camp de ceux qui le combattaient. Quand l'UFD/EN revendiquait le respect des droit de l'homme, ils étaient avec eux qui les violaient. Quand le parti exigeait un processus démocratique concerté et transparent, ils étaient partisans de sa gestion unilatérale et autoritaire et ont participé, ou tout au moins assisté, aux fraudes et manipulations électorales que l'UFD/EN combat encore aujourd'hui... Où en sont-ils aujourd'hui par rapport au système de principes et de valeurs qui étaient les leurs? Est-il décent ou politiquement correct, de leur accorder un droit d'inventaire et les revêtir d'un manteau de l'innocence qu'eux-mêmes ne revendiquent pas.

3. Certes, l'UFD/EN n'est pas un tribunal. Certes aussi, la responsabilité pénale de quiconque, dans les événements qui ont ensenglantés le pays, n'a pas encore été établie. Est-ce à dire que cette responsabilité là n'existe pas? Le problème d'ailleurs est tout autre. Ce dont on parle, c'est moins la responsabilité pénale que la responsabilité morale et politique. Et de ce point de vue, le groupe des « cadres démissionnaires du PRDS » appartenait bel et bien au pouvoir et, au moment des faits, n'ont exprimé aucune réserve. Quelle est alors leur part de responsabilité et quelles sont les formes de leur sincère contrition si tant est qu'elle existe?

La présentation de ces trois raisons a donné à certains l'occasion de jouer les avocats du diable.

Revenons sur quelques arguments :

1.« L'article 6 des statuts de l'UFD/EN donne droit à tout Mauritanien d'adhérer au parti » nous dit-on. Effectivement, la disposition générale donne droit à tout Mauritanien d'adhérer au parti. Mais trois conditions sont requises, notamment la jouissance d'une bonne moralité. Or, la morale dont-il s'agit est plus une morale politique qu'une morale sociale. Et pour ne heurter personne, prenons un exemple français. M. Bruno Maigret (du Front National) est certainement d'une moralité sociale irréprochable. Mais cela lui aurait-il permis d'adhérer au Parti Socialiste avec lequel il ne partage aucune morale politique? Dans le cadre d'une adhésion donc, l'appréciation de la morale politique d'un candidat précède la forme juridique. Autrement, un parti n'aurait ni sens ni morale. N'est-ce pas se jouer de l'honnêteté des gens en justifiant ces adhésions dites "individuelles" par l'article 6 et dans le même temps organiser une conférence de presse pour ces "nouveaux militants" en temps que groupe ayant un porte-parole officiel?

2. « L'UFD/EN a adopté une résolution dans laquelle elle recommande l'accumulation des forces contre l'adversaire principal qui est le pouvoir dans le but de le contraindre à accepter une solution concertée pour sortir le pays de la crise politique ». Cela est tout à fait juste. Mais l'interprétation que l'on en fait est rigoureusement erronée. Le concept d'accumulation des forces est une tactique politique en situation de reflux où le rapport de force matériel et favorable à l'adversaire. On aurait volontiers concédé aux utilisateurs de cet argument le bénéfice de l'ignorance politique, si un document du parti n'en précisait pas le contenu. Il s'agit un particulier:

- S'aller aux forces d'opposition dans le cadre du FPO en accord avec nos principes et objectifs et surtout en ce qui concerne la présentation de l'unité nationale.

- Développer des luttes sociales et de masses suivant une approche unitaires-légale et pacifique en mettant le bon droit de notre côté.

- Redynamiser les structures du parti pour développer leurs activités propres. Cette tactique vise à préserver l'efficacité du parti et le. préparer à la gestion rationnelle des situations de flux. Elle n'a donc rien à voir avec une comptabilité d'épicier faite d'addition de chèvres et de choux comme on veut le faire croire en cherchant ici l'argument légitimant l'intégration du groupe à l'UFD/EN. Mieux une telle approche relève d'ailleurs d'une cécité politique. Ce n'est pas parce qu'on s'oppose au PRDS qu'on est nécessairement sur la même longueur d'ondes que l'UFD/EN. L'on se rappelle, qu'au tout début de la crise dite « du pouvoir et de certains nassériens », un journal de ta place, sous la plume du porte-parole même du groupe « cadres démissionnaires du PRDS », exposait les grands traits du pourquoi de leur opposition au régime. Il y était question alors d'abandon par le pouvoir de la ligne de 86, notamment par la liquidation de l'unité nationale, le recentrage des alliances extérieures et le retour de certains soit-disants déportés. Où se situe aujourd'hui ce groupe par rapport à ce type d'opposition? Quelles revendications politiques l'UFD/EN partage-t-elle avec ce même type d'opposition? Tout le problème est là.

3. Enfin, dernier argument, on nous dit qu'on ne peut pas exiger de ce groupe des regrets publics parce que l'UFD/EN n'a ni le droit ni le pouvoir de l'exiger et parce qu'après tout, personne n'est blanc comme neige. Soit; II y a quand même des degrés de salissure pour ne pas dire de pourriture. Mais le plus grave n'est pas-là. A défaut de pouvoir « blanchir » le groupe, certains ont cru plus facile de se « noircir » et de « noircir » leurs propres camarades. Et par cet amalgame, ils règlent politiquement ce qu'une loi d'amnistie scélérate a déjà pénalement réglé. Autrement dit, on apporte au PRDS la caution politique qui lui manquait pour passer définitivement à pertes et profits les innocentes victimes des événements. Pour cela, cet argument est une trahison aux nobles idéaux de l'UFD/EN.

Nouakchott, le 14/03/98


 Communiqué de presse sur le BE

 Le Bureau exécutif de l'UFD/EN s'est réuni les 16 et 17 avril 1998 ,Au cours de cette session, le point de la situation a été fait à propos des missions d'explication qui ont sillonné le pays. Par ailleurs, le dépouillement des rapports de certaines fédérations et sections parvenus à ce jour au siège du parti indique des prises de position sans équivoque sur la crise qui secoue l'UFD/EN. C'est ainsi que les fédérations du Hodh El Gharbi, du Guidimakha, du Gorgol, de l'Assaba, du Tiris-Zemmour, du Sénégal et d'Europe, les sections de Rosso, Keur Macène, El Mina, Sebkha, Dar Naim, Riadh dénoncent fermement la décision d'adhésion controversée des Nasséristes prise hâtivement par Ahmed Ould Daddah et son groupe. Stigmatisant la violation flagrante de la ligne politique, de l'orientation et des règles de fonctionnement du parti - s'agissant en particulier de la concertation et de la recherche patiente du consensus en vue d'uniformiser les points de vue et de préserver l'unité - Ces fédérations et sections rejettent unanimement et sans ambages la décision d'intégration forcée du groupe des Nasséristes démissionnaires du PRDS. Consternées par les dernières résolutions "cyniques" du groupe de Ahmed Ould Daddah qui donnent l'impression amère d'une liquidation programmée, les fédérations et sections ci-dessus se désolidarisent de la démarche et des agissements d'Ahmed Ould Daddah et son clan qui ont occasionné la crise la plus grande que le parti ait connue et hypothéqué les espoirs que les militants et le peuple mauritanien fondaient en l'UFD/EN.

Elles exigent d'Ahmed Ould Daddah et son groupe qu'ils annulent la résolution du "B.E" en date du 04 Mars 1998 relative à l'intégration du groupe des Nasséristes démissionnaires du PRDS; que le Conseil National et les structures appropriées du parti se prononcent sur cette question importante avant d'avaliser ou de rejeter la candidature du groupe en question.

Profondément troublées par l'attitude d'Ahmed et de son groupe consistant à préférer l'arrivée d'éléments douteux au risque de rompre avec des militants de première heure dont le militantisme et l'engagement sont évidents, elles invitent Monsieur Ahmed Ould Daddah à se ressaisir et à revenir sur l'ensemble des décisions prises depuis l'éclatement de la crise survenue lors de la session du "Bureau Exécutif" du 4 mars afin que l'unité soit retrouvée et le parti sauvegardé des complots dont il est constamment victime.

Les prises de position contenues dans les rapports des Fédérations et Sections (allant jusqu'à la rupture avec le groupe d'Ahmed ) qui nous parviennent illustrent parfaitement la tendance générale qui se manifeste à l'intérieur du parti.

C’est pourquoi le Bureau Exécutif se félicite du courage, de la clairvoyance et de la maturité des militants qui se sont exprimés. Il les exhorte à faire preuve de vigilance pour éviter de tomber dans les pièges de ceux qui, non contents d'avoir violé la ligne et l'orientation du parti, tentent de dissoudre ses structure de base, à travers la circulaire en date du 25/03/1998 signée de Diop Mamadou Amadou.

En tant que dépositaires de la légalité et de la légitimité de l'UFD/EN, de tels rapports nous réconfortent et nous encouragent à persévérer dans la défense de la pureté de la ligne originelle du parti.

Nouakchott le 22/4/1998

Le Bureau Exécutif.

 


 résolution du bureau fédéral europe

UNION DES FORCES DEMOCRATIQUES/ERE NOUVELLE FEDERATION D'EUROPE

RESOLUTION DU BUREAU FEDERAL EN DATE DU 05 AVRIL 1998 RELATIVE A LA CRISE AU SEIN DU PARTI

Le Bureau Fédéral réuni en session extraordinaire à Paris le 05 Avril 1998, après analyse approfondie de la situation du parti faisant suite à l'annonce d'une « admission » du groupe des « nasséristes » dans le parti:

Considérant que le silence observé par le Secrétaire Général de l'UFD/EN à la suite de la lettre à lui adressée par le Secrétaire fédéral au nom de notre bureau depuis le 16 mars 98 équivaut à un refus de s'expliquer devant les militants de notre fédération et une fuite en avant dans l'erreur,

Considérant que le groupe des nasséristes constitue un groupe particulariste chauvin et raciste, un groupe extrémiste de droite directement mêlé à la conception et à l'exécution de la terrible et sanglante répression dont furent victimes les populations négro-africaines entre 1989 et 1991 et qui, de surcroît, se refuse à tout repentir vis-à-vis des victimes,

Considérant l'extrême gravité de la situation résultant pour le parti et pour toutes les forces démocratiques et patriotiques du pays de la décision unilatérale, illégale et immorale prise par le Secrétaire Général et son groupe et qui porte atteinte à l'honneur, la dignité et la sincérité des engagements démocratiques et patriotiques du parti,

Considérant que cette décision, s'il elle n'était pas combattue aboutirait à transformer l'UFD/EN en refuge pour les chauvins et les racistes au nom d'une prétendue politique d'accumulation des forces pour soi-disant lutter contre le régime, le chauvinisme, le racisme, le tribalisme et toute forme de particularisme préjudiciable à l'unité de notre peuple multinational constituant les ennemis fondamentaux de notre parti,

Prenant acte de ce que, face à une telle trahison des intérêts du parti, sa ligne générale, ses textes fondamentaux, un groupe de camarades membres du Bureau Exécutif a décidé de prendre en mains la direction du parti en ne reconnaissant plus M. Ahmed O/ Daddah comme Secrétaire Général en titre ni les autres membres de son groupe putschiste dans leurs fonctions respectives

Décide :

- A compter de ce jour 5 Avril 1998, ne plus reconnaître M. Ahmed O/ Daddah et son groupe comme responsables du Bureau Exécutif du Parti en les considérant comme simple groupe de dissidents tout en rejetant la prétendue décision d'adhésion de» nasséristes comme nulle et non avenue

- De soutenir fermement le groupe de dirigeants qui s'opposent désormais à la direction de M. Ahmed O/ Daddah et ses amis dans le Bureau Executif et le prie de prendre ses responsabilités pour contrecarrer les effets pervers de la prétendue décision d'adhésion des nasséristes en veillant tout particulièrement à faire respecter la légalité et l'intégrité du parti, notamment en faisant convoquer une session d'urgence du Conseil National, seule instance souveraine du Parti entre les Congrès et que le Groupe de dissidents a tenté par tous les moyens de marginaliser.

Le Bureau Fédéral prie tous les camarades du parti et tous les démocrates sincères du pays de refuser ce piège tendu par les extrémistes dont notre peuple a pu mesurer la virulence et la perfidie et les risques immenses qu'ils font peser sur notre pays s'ils avaient à nouveau l'occasion de sévir, cette fois-ci par captation de la respectabilité et de l'énergie des forces démocratiques d'opposition.

Fait à Paris le 05 Avril 1998

Le Bureau Fédéral Europe de l'UFD/EN


 Communiqué de presse sur le congrès 

Les 13, 14 et 15 Août 1998, s'est tenu à Nouakchott le premier Congrès extraordinaire de l'UFD/EN, à la demande écrite de plus des deux tiers des sections (36 sur 52), demande adressée au Bureau Exécutif qui a mis en oeuvre les dispositions nécessaires à sa tenue effective. Au cours du déroulement du Congrès, deux sections se sont ajoutées, portant le nombre à 38, soit près des trois quarts de l'ensemble.

Après vérification des mandats, le Congrès extraordinaire a commencé ses travaux : les délégués présents représentent 326 voix sur un total de 570. Le quorum requis de 286 voix a donc été largement dépassé.

Le troisième Vice-président du Conseil National, SyMamadou, assisté du quatrième Vice-président, Djibril Ould Awbak, a présidé l'ouverture du Congrès et prononcé un discours de circonstance.

Suite à l'élection du bureau du Congrès, composé de neuf (9) membres et présidé par le Professeur LôGourmo Abdoul, le Secrétaire Général intérimaire, Mohamed Moustapha Ould Bedredine a procédé à la lecture de son rapport moral, suivi des messages des fédérations.

Le Congrès a constitué deux commissions : une commission juridique et une commission de politique générale dont les textes ont été adoptés au cours de la séance plénière du 15 Août 1998.

La résolution générale, après avoir pris acte du départ de l'ancien Secrétaire Général, Mr. Ahmed Ould Daddah, et de ses proches, a réaffirmé la fidélité du Parti à l'unité nationale, à la démocratie et à la justice sociale. Tout en proclamant l'ancrage de l'UFD/EN au sein de l'opposition, la résolution a également réitéré l'appel de notre Parti à l'ensemble des forces politiques mauritaniennes, de l'opposition et du pouvoir, en vue de la conclusion d'un compromis national susceptible d'ouvrir la voie à la démocratie pluraliste véritable et de garantir la paix civile.

A l'unanimité des Congressistes, la proposition de la commission de désignation des instances a été adoptée après de larges consultations.

Les nouvelles instances de l'UFD/EN - le Bureau Exécutif, le Conseil National et la Commission des Enquêtes et du Contrôle - ont été élues à l'unanimité, en présence des représentants de la presse nationale et internationale. Ainsi, au niveau des instances ont été élus :

• Président :

Mohamed Ould Maouloud 

• 1er Vice-président :

Bâ Boubakar Moussa

• 2ème Vice-président :

Khalilou Ould Dedde

• Secrétaire Général :

Mohamed Moustapha Ould Bedredine

• 1er Secrétaire Général Adjoint

Diallo Lansana

• 2ème Secrétaire Général Adjoint

Kadiata Malick Diallo 

• 3ème Secrétaire Général Adjoint

Ghali Ould Mahmoud

• Président du Conseil National :

Sy Mamadou

• 1 erVice-Président :

Yacoub Ould Sidi Lemine

• 2ème Vice-Président 

Djibril Ould Awbak

• 3ème Vice-Président :

Seck Cheikh

• 4ème Vice-Président :

Oumou Kelthoum Mint Cheikh

Une commission d'enquête et de contrôle de sept membres, présidée par Daffa Bakary.

et ayant comme commissaire aux comptes M. Soumaré Assane

Les travaux du premier Congrès extraordinaire de l'UFD/EN ont été clôturés par un discours prononcé par le Président du Parti, Mohamed Ould Maouloud.

Nouakchott, le 16 Août 1998

LE BUREAU EXECUTIF


 questions à ahmed ould daddah 

Nous avons développé nos rapports de franche collaboration des années durant, au point où nous sommes devenus les alliés les plus proches au sein de l'opposition. Lorsque, venant d'Afrique Centrale, vous avez exprimé votre désir de vous présenter comme candidat aux élections présidentielles, nous vous avons soutenu, en prenant le risque de soumettre à rudes épreuves des relations encore plus anciennes avec des partenaires de la première heure de l'ère démocratique. La force des arguments et la raison du salut pour la Mauritanie ont fini par l'emporter : les différentes tendances au sein de l'UFD parvinrent au consensus pour soutenir votre candidature indépendante.

Vous ayant suggéré d'adhérer à l'UFD nous nous sommes battus, souvent seuls, pour l'intégration de votre groupe, allant jusqu'à vous proposer la fonction de premier coordonnateur. Ceux des vôtres qui étaient à l'UFD, peuvent témoigner que nous étions les plus résolus et les plus convaincants dans la défense de l'intégration de votre groupe, les «Indépendants». Là également, la qualité de l'analyse et l'importance majeure d'élargir les rangs de l'opposition ont fini par l'emporter.

Quand, nous opposant à la politique des quotas, nous nous sommes convaincus mutuellement d'y renoncer et de faire prévaloir le fonctionnement démocratique au sein de l'UFD/EN, certains alliés nous quittèrent pour constituer une autre formation politique. Nombre d'entre eux vous accusèrent d'être un chauvin, voire un raciste. Nous fûmes dans l'obligation de déployer d'immenses efforts pour vous convaincre d'effectuer une visite dans le bassin du fleuve Sénégal afin de continuer à rejeter leurs accusations et à expliquer l'objet de nos différends. Vous vous souvenez certainement des circonstances dans lesquelles, de Boghé à Maghama, en passant par Mbout et Kaëdi, ce sont les nôtres qui vous ont farouchement défendu, n'hésitant nullement à rejeter les accusations portées contre votre personne tandis que d'autres, parmi vos proches actuels, osaient à peine ouvrir la bouche.

M. Ahmed Ould Daddah, vous avez bonne souvenance, lors du Congrès, de la possibilité qui nous a été offerte d'assumer la direction de l'UFD/EN, sur des bases démocratiques. Parce que nous étions d'accord sur la ligne politique attachés au renforcement de notre unité, nous n'avons pas chercher à tirer avantage de la majorité que nous détenions. Il faut vraiment que certains de vos proches aient la mémoire courte pour nous accuser d'avoir toujours voulu contrôler le Parti : l'un d'entre eux -et non des moindre!- céda au désarroi à la suite du vote qui nous était avantageux, désemparé qu'il était à l'idée de nous voir en profiter... Qu'il s'en souvienne donc et revienne à plus de modération dans ses propos.

C'est dire, en évoquant tous ces faits, l'ampleur des efforts et des sacrifices que nous avons dû consentir pour préserver notre partenariat. Rassurer-nous donc en en attestant. Si vous mesurez comme nous l'importance qu'il y a de préserver nos relations, nous vous prions de nous expliquer les raisons pour lesquelles vous les avez mises en péril, finissant par vous engager dans la rupture sans retour. Il est vrai comme vous l'avez dit au cours de votre conférence de presse que vous n'êtes pas un épicier mais, en tant qu'homme politique, nous ne vous ferons pas l'injure de croire vous agissez sans analyse et calculs politiques. Quels avantages et inconvénients avez-vous comparés pour choisir de rompre avec nous et vous allier avec les Nasséristes. Pourquoi n'avez-vous pas pris le temps nécessaire pour épuiser toutes les chances possibles d'arriver au consensus, comme nous avons nous-mêmes agi pour vous admettre au sein de l'UFD? Quelles échéances vous dictaient d'agir avec autant de précipitation il faut de sérieuses raisons, sans doute hautement significatives à vos yeux, pour expliquer un choix aussi lourd de conséquences. Il a fallu, sans aucun doute, un accord, des échéances et/ou des résultats escomptés de la nouvelle alliance -certainement, à vos yeux, sans commune mesure avec la sauvegarde de notre partenariat- pour vous engager dans cette voie. Permettez à notre peuple d'en juger en l'en informant, pour nous offrir nous-mêmes, par la même occasion, la possibilité d'en prendre la juste mesure.

Dans des interviews à « L'Eveil-Hebdo » et « Le Calame », M. DIOP Mamadou Amadou s'est distingué par ses attaques contre le groupe des membres du Bureau Exécutif dépositaires de la légitimité du Parti. Nous éprouvons beaucoup de respect pour sa personne et le prions instamment de faire preuve de retenue. Nous sommes très surpris du ton avec lequel il aborde nos différends et de la rapidité avec laquelle il a changé de position sur l'adhésion des Nasséristes. En effet, devant témoins, quand la question fut abordée il a déclaré: «Ces gens ont les mains rouges de sang! Jamais je n'accepterai de m'associer à eux dans le même parti. Attendez que la question soit posée et vous verrez! » M. DIOP se refuse de parler du groupe des Naséristes préférant l'expression « cadres démissionnaires du PRDS » : ce n'est pas honorable pour sa personne de s'associer aux arguments pour le moins hypocrites que certains de ses amis avancent, d'autant plus qu'il nous relève avoir présidé le Comité des Sages. Auquel cas, sage parmi les sages, il devrait convenir avec nous qu'il a quelque peu écorné la Sagesse lorsque au cours d'une séance du Comité permanent il a tenu les propos suivants, au sujet d'une question controversée: « Je ne suis plus prêt, ni dans les instances, ni en privé, à discuter de la question !» La sagesse lui dicte de faire preuve de modération sous peine de perdre un attribut auquel il semble très attaché.

Nouakchott, le 1er avril 1998

Le Bureau Exécutif


 garder raison et ménager l'avenir 

Plus de trois semaines que la crise au sein de l'UFD/EN survenue avec l'admission d'un groupe d'anciens militants du PRDS d'obédience nassériste, perdure et s'aggrave, suscitant multiples réactions. Le retrait d'un groupe de membres du BE opposés à la décision du SG et de ses proches-décision contraire à la ligne, aux orientations et aux règles de fonctionnement du parti- a ouvert une étape nouvelle dans l'existence du Parti. En riposte aux initiatives des dépositaires de la légitimité du Parti M. Ahmed Ould Daddah et son groupe viennent de franchir un pas important en décidant d'exclure quelques camarades. Par cette initiative, ils consacrent la rupture définitive et ferment toute possibilité de conciliation et de solution de compromis.

M. Ahmed Ould Daddah et son groupe en violant la ligne politique, les orientations et les règles de fonctionnement de l'UFD/EN, se situent eux-mêmes en dehors du parti et toute décision qu'ils pourraient prendre en son nom est, par avance, nulle et non avenue.

Des convocations et des demandes d'explication ont été adressées par M. Ahmed Ould Daddah à quelques uns d'entre nous, distribuées avec exigence de décharge : visiblement, il tente d'avoir la légalité formelle de son côté. Nous reconnaissons à juste titre, l'importance de la légalité mais nous nous situons d'abord et avant tout sur le terrain essentiel, primordial parmi tous les autres angles d'approche: l'orientation et la ligne politique du Parti.

En rendant public son alliance avec le groupe nassériste et en la formalisant M. Ahmed Ould Daddah va plus loin que la droite française, par exemple, qui vient de se compromettre par le recours aux voix du Front National de M. Le PEN. En effet les nasséristes mauritaniens fidèles à l'approche raciste et extrémiste de leur mouvement, s'apparentent bien à ce que représente Le Pen en France: les uns et les autres sont xénophobes, partisans de la purification ethnique et de solutions violentes à la question de la coexistence entre communautés différentes.

Recourant à la logique formelle M. Ahmed Ould Daddah tente de se disculper en arguant du fait qu'il n'y a aucune preuve formelle de violation des droits de la personne par les membres du groupe incriminé encore moins de crimes. S'opposera leur adhésion signifie, selon la même logique les condamner sans les juger et leur nier le droit d'adhérer, comme tous les Mauritaniens, à la formation politique de leur choix. L'unique condition qu'on pourrait exiger d'eux à son avis, c'est d'accepter les textes fondamentaux du parti.

Dans notre entendement, par contre nous référant à l'article 6 des statuts de l'UFD/EN souvent invoqué, les nasséristes ne peuvent remplir que deux conditions:

être mauritanien et acheter la carte du parti. La condition la plus importante, celle qui est déterminante, est relative à la moralité -moralité politique et sociale. Or, le moins qu'on puisse dire c'est que le groupe nassériste et ses dirigeants les plus en vue, ne remplissent nullement la moralité politique requise: ils ont avoué dans des déclarations publiques, des articles et interviews parus dans la presse privé avoir participé à l'élaboration et à la mise en oeuvre de la politique des années sombres 89/1991. Ainsi, si Le Pen n'a pas encore exercé le pouvoir au nom de son idéologie raciste ni eu l'opportunité de l'appliquer, il n'en est pas de même des Nassériste mauritaniens.

Sous d'autres cieux dans la compétition pour le pouvoir, au nom de l'esprit républicain, il est intolérable d'accepter de bénéficier du soutien de M. Le Pen. Si l'on prétend partager le même Idéal avec les républicains de tous les pays, envisager d'accepter les compères mauritaniens de Le Pen dans un parti démocratique, partisan de l'unité plurielle des mauritaniens, de la reconnaissance de l'égalité en droits et devoirs de ses communautés constitutives, est simplement scandaleux: c'est une violation flagrante et sans appel de principes républicains, en particulier ceux fondés sur la reconnaissance du pluralisme et le respect des différences. Forts de l'expérience douloureuse des Mauritaniens lors des événements d'avril-mai 1989, en Mauritanie comme au Sénégal, nous somme en droit, avec l'ensemble des citoyens soucieux de l'existence de la Mauritanie et de l'unité de son peuple de demander des comptes à tous ceux qui, comme M. Ahmed Ould Daddah et ses proches cèdent aux compromis sur les principes avec les extrémistes, fussent-ils arabes ou nègre-africains.

Devrait-on croire qu'ils se sont ralliés aux arguments d'un de leurs collègues qui affirme haut et fort que la nature et la couleur politique des personnes auxquelles on s'allie est sans importance, pourvu qu'on élargisse ses rangs en gardant la direction du regroupement?

 

Garder la raison et ménager l'avenir:

Du fait des initiatives contraires à la ligne, à l'orientation et aux règles de fonctionnement du Parti, prises par M. Ahmed Ould Daddah et son groupe, la rupture est désormais consommée entre deux groupes en présence au sein du BE. De mesures disciplinaires en ripostes, les uns et les autres nous courons le risque de nous épuiser dans des querelles qui ne servent ni la Mauritanie, ni l'unité de son peuple.

Chacun des deux groupes est attaché à la conservation du sigle du Parti. Nous croyons, sincèrement qu'il nous revient, du fait des sacrifices que nous avons consentis pour le porter haut et parce que nous constituons la majorité des membres fondateurs qui restent encore en son sein. Il est donc nécessaire, si les uns et les autres s'entêtent sur leurs positions de tenter de trouver un compromis.

Nous souhaitons vivement y parvenir, parce que nous ne nous trompons nullement de cible: l'avenir, à proche ou moyen terme, fera que l'un des deux groupes conservera le sigle du Parti l'autre aura le choix de se constituer et de chercher sa reconnaissance. Parce que nous croyons partager encore les mêmes objectifs, nous vous suggérons de choisir la seconde voie, d'autant plus que vous envisagez de créer un parti unique de l'opposition.

Nouakchott, le 29 Mars 1998

Le Bureau Exécutif



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