|
Monsieur
le Secrétaire général, camarades membres du bureau exécutif
Le
passage de votre rapport relatif à l'adhésion de ce que vous avez appelé
"le groupe de cadres démissionnaires du Prds" m'inspire les remarques
suivantes :
I.
Il me semble que le problème de ces cadres n'a pas été suffisamment étudié
pour être présenté à la présente session du bureau exécutif. Depuis la démission
de ce groupe du Prds, il y a de cela 7 mois, j'avais souhaité que le parti
engage une réflexion sur cette question en vue de parvenir à une position
consensuelle. Sur mon insistance, M le Secrétaire général, vous m'avez chargé
de rédiger une note sur ce sujet à l'attention du comité permanent. Ce
document a été élaboré mais, à ce jour, il n'a connu aucune suite de la
part d'une quelconque instance du parti. Lorsque j'ai constaté que, en ce qui
vous concerne, les décisions sont déjà prises, j'ai contacté certains
dirigeants du parti pour préparer, de façon informelle, une opinion relative
à ce problème. Ces camarades, surtout ceux qui se réclament de votre bord,
ont répondu que cette démarche est prématurée et qu'il fallait, à leur
avis, attendre que ce groupe présente officiellement sa demande d'adhésion au
paru.
Depuis
bientôt trois semaines, ces mêmes camarades m'ont informé que cette demande a
été finalement présentée, pourtant aucune instance du parti n'a porté
l'information à ma connaissance. Ces camarades ont proposé une réunion autour
de cette question pour simplement affirmer qu'une discussion ne peut plus être
organisée sur ce sujet car, l'adhésion de ce groupe est déjà effective et
selon les textes du parti, elle ne doit faire l'objet d'aucune condition préalable.
Le samedi dernier, au cours de la réunion du comité permanent préparatoire de
cette session, vous avez introduit le passage relatif à l'intégration de ce
groupe. Je vous avez demandé de surseoir à cette question en attendant
d'arriver à une position consensuelle sur celle-ci. Vous avez refusé. Voilà
que vous l'introduisez à nouveau sans aucune préparation or, il s'agit de
l'intégration d'un groupe et jusqu'à présent ce genre d'intégration ne s'est
jamais effectué dans la division.
-
L'Ufden, M le Secrétaire général, camarades membres du bureau exécutif, a été
créée dans des conditions particulièrement graves dans l'histoire de notre
pays : les massacres des militaires et des civils perpétrés dans les années
89-90- 91 étaient encore présents dans toutes les mémoires •; la déportation
de plus de 85 mille personnes, toutes mauritaniennes au Sénégal et au Mali était
à sa troisième année ;
les
veuves et les orphelins demandaient encore les nouvelles de leurs parents
disparus ; les dirigeants du Fduc venaient de sortir de leur exil lointain ; les
rescapés des camps de la mort ne finissaient pas de raconter leur tragédie ;
le processus démocratique était à ses débuts et visait, pour le régime
militaire, à maintenir au pouvoir des hommes qui n'avaient nullement
l'intention de le quitter. Dans ces conditions, des patriotes mauritaniens
soucieux de l'avenir du pays ont constitué l'Union des forces démocratiques
ayant pour objectifs, entre autres :
-
de restaurer l'unité nationale en faisant d'abord la lumière sur les événements
précités et cela sans aucun esprit de règlement de compte et ensuite en
jetant les bases d'une société mauritanienne multi-ethnique et multiculturelle
où toutes les composantes ont les mêmes droits et les mêmes devoirs.
-
conduire le processus démocratique vers une alternance pacifique du pouvoir,
une société multipartite où les libertés collectives et individuelles sont
garanties. Un véritable Etat de droit.
-
sauver l'économie du pays par une politique de développement intégré
garantissant en même temps la liberté d'entreprise et la protection des
couches les plus défavorisées.
L'adhésion
de ce groupe au parti est incompatible avec les objectifs énoncés ci-dessus.
III.
Ce croupe n'est rien d'autre qu'une partie du mouvement nassérien crée dans
les aimées 60, pour, entre autre, les objectifs suivants :
-
affirmer ce qu'il appelle l'identité arabe absolue de la Mauritanie
-
lutter contre toute manifestation de diversité ethnique et culturelle Le slogan
inscrit jusqu'à récemment sur les murs de Nouakchott "par le feu et le
sang l'arabisation se réalisera" illustre bien la doctrine de ce
mouvement. En plus, les porte-paroles de ce dernier, Mohamed Mahmoud Ould Cheikh
et Dieh Ould Sidaty ont révélé qu'ils avaient noué une alliance, sur la base
d'un programme, avec Ould Taya aux lendemains de son accession au pouvoir, c'est
à dire dès 1985. Le contenu de ce programme n'a jamais été publié. Ils précisent
également, qu'ils ont maintenu de bonnes relations avec lui jusqu'en 1992.
Auparavant, une partie de ce groupe aura soutenu la candidature de Moustapha
Ould Mohamed Saleck à la présidence et finira d'ailleurs par créer son propre
parti : l'APP. Mais il convient de noter que la majorité du groupe nassérien,
y compris ses dirigeants historiques, est restée au Prds constituant l'élément
moteur de ce parti. Ils ont occupé d'importantes fonctions au Prds et au
gouvernement. Il n'est pas superflu de citer parmi les personnalités
appartenant à ce groupe politique les directeurs des publications "El
Bouchra", "La vérité", "Le Point" et "El
Mookif", journaux connus pour leur littérature de haine, et-de xénopnohïe,
il est aujourd'hui tout a fait impensable que ce groupe cherche à se dédouaner
au niveau de l'opinion publique en faisant porter le chapeau au pouvoir seul.
Pourtant, on a de la peine à croire qu'il a changé et cela surtout qu'il
refuse d'exprimer le moindre regret par rapport à la pratique d'alors. Il reste
à élucider pourquoi, ces Nassériens qui ont consacré 6 ans de lutte contre
ce parti veulent aujourd'hui adhérer à cette formation politique. En le
faisant, ils se moquent de l'opinion publique nationale et en acceptant une
telle adhésion, M le Secrétaire général vous commettez une erreur très
grave.
IV.
Contrairement à ce que dit le SG, "ce sont des gens qui vont apporter du
changement, du renouveau", l'adhésion des nassériens au Parti marquera un
tournant catastrophique dans l'histoire du Parti, car il perdra son orientation,
sa raison d'être et son âme.
Cette
adhésion ne peut être considérée comme un élargissement du Parti. Si tel était
le cas je ne m'y opposerais pas, et mon histoire par rapport à l'élargissement
du Parti est très connue.
Quand
le FDUC devait s'élargir au REJ et au groupe des indépendants de Mohameden
Ould Babbah pour constituer FUFD, ma position était du côté de cet élargissement,
même avec l'arrivée de Mohameden comme premier responsable de FUFD. Et
lorsqu'il fat question d'élargir l'UFD au groupe que vous représentez, Mr le
SG, ma position est encore connue : j'étais pour cet élargissement et pour
votre désignation comme premier coordinateur de l'UFD/EN. Si je m'oppose
aujourd'hui à cette adhésion, c'est parce que certainement il ne s'agit pas d'élargissement
du Parti.
Mr
le SG, l'arrivée de ce groupe à l’UFD a été décidée par des méthodes
antidémocratiques et contre l'unité du parti puisque s'effectuant sans débat
sérieux et en l'absence de tout consensus. Ce groupe est contre les objectifs
fondamentaux du parti et contre son orientation politique parce que c'est un
groupe nationaliste arabe extrémiste hostile à l'unité de la Mauritanie et à
l'égalité de ses différentes composantes. C'est pourquoi Mr le Secrétaire général,
je m'oppose à cette adhésion et je me retire des travaux de cette session du
BE.
Lors
de la dernière session du Bureau Exécutif de l'UFD/EN, 14 membres de cette
instance se sont retirés, suite à l'évocation subreptice, dans le rapport du
secrétaire général, de l'adhésion au parti du groupe dit des « cadres démissionnaires
du PRDS ». Ce retrait a été présenté, notamment par presse interposée,
sous un angle non seulement fallacieux, mais aussi et surtout en des termes qui
disent long sur ce qui est, au mieux, un dévoiement de la ligne du parti. Face
à cet étalage d'amalgames, des clarifications s'imposent.
Trois
raisons fondamentales expliquent ce retrait :
1.
La question du groupe dit des «cadres démissionnaires du PRDS » n'aurait
jamais dû figurer dans le rapport du secrétaire général, parce que précisément
elle n'a pas été suffisamment discutée ni n'a fait l'objet d'une préparation
convenable. La note commise à cet effet n'a pas été discutée par le comité
permanent pour lequel elle a été commandée. Il est alors déloyal d'invoquer
l'article 6 des statuts pour justifier un fait accompli qui s'apparente au mieux
à un diktat, et au pire à une manipulation.
2.
Ce groupe s'est toujours réclamé d'un système de principes et de valeurs
contraires à ceux fondateurs de l'UFD/EN. Quant le parti réclamait le rétablissement
de l'unité et de la concorde nationales, ils étaient dans le camp de ceux qui
le combattaient. Quand l'UFD/EN revendiquait le respect des droit de l'homme,
ils étaient avec eux qui les violaient. Quand le parti exigeait un processus démocratique
concerté et transparent, ils étaient partisans de sa gestion unilatérale et
autoritaire et ont participé, ou tout au moins assisté, aux fraudes et
manipulations électorales que l'UFD/EN combat encore aujourd'hui... Où en
sont-ils aujourd'hui par rapport au système de principes et de valeurs qui étaient
les leurs? Est-il décent ou politiquement correct, de leur accorder un droit
d'inventaire et les revêtir d'un manteau de l'innocence qu'eux-mêmes ne
revendiquent pas.
3.
Certes, l'UFD/EN n'est pas un tribunal. Certes aussi, la responsabilité pénale
de quiconque, dans les événements qui ont ensenglantés le pays, n'a pas
encore été établie. Est-ce à dire que cette responsabilité là n'existe
pas? Le problème d'ailleurs est tout autre. Ce dont on parle, c'est moins la
responsabilité pénale que la responsabilité morale et politique. Et de ce
point de vue, le groupe des « cadres démissionnaires du PRDS » appartenait
bel et bien au pouvoir et, au moment des faits, n'ont exprimé aucune réserve.
Quelle est alors leur part de responsabilité et quelles sont les formes de leur
sincère contrition si tant est qu'elle existe?
La
présentation de ces trois raisons a donné à certains l'occasion de jouer les
avocats du diable.
Revenons
sur quelques arguments :
1.«
L'article 6 des statuts de l'UFD/EN donne droit à tout Mauritanien d'adhérer
au parti » nous dit-on. Effectivement, la disposition générale donne droit à
tout Mauritanien d'adhérer au parti. Mais trois conditions sont requises,
notamment la jouissance d'une bonne moralité. Or, la morale dont-il s'agit est
plus une morale politique qu'une morale sociale. Et pour ne heurter personne,
prenons un exemple français. M. Bruno Maigret (du Front National) est
certainement d'une moralité sociale irréprochable. Mais cela lui aurait-il
permis d'adhérer au Parti Socialiste avec lequel il ne partage aucune morale
politique? Dans le cadre d'une adhésion donc, l'appréciation de la morale
politique d'un candidat précède la forme juridique. Autrement, un parti
n'aurait ni sens ni morale. N'est-ce pas se jouer de l'honnêteté des gens en
justifiant ces adhésions dites "individuelles" par l'article 6 et
dans le même temps organiser une conférence de presse pour ces "nouveaux
militants" en temps que groupe ayant un porte-parole officiel?
2.
« L'UFD/EN a adopté une résolution dans laquelle elle recommande
l'accumulation des forces contre l'adversaire principal qui est le pouvoir dans
le but de le contraindre à accepter une solution concertée pour sortir le pays
de la crise politique ». Cela est tout à fait juste. Mais l'interprétation
que l'on en fait est rigoureusement erronée. Le concept d'accumulation des
forces est une tactique politique en situation de reflux où le rapport de force
matériel et favorable à l'adversaire. On aurait volontiers concédé aux
utilisateurs de cet argument le bénéfice de l'ignorance politique, si un
document du parti n'en précisait pas le contenu. Il s'agit un particulier:
-
S'aller aux forces d'opposition dans le cadre du FPO en accord avec nos
principes et objectifs et surtout en ce qui concerne la présentation de l'unité
nationale.
-
Développer des luttes sociales et de masses suivant une approche unitaires-légale
et pacifique en mettant le bon droit de notre côté.
-
Redynamiser les structures du parti pour développer leurs activités propres.
Cette tactique vise à préserver l'efficacité du parti et le. préparer à la
gestion rationnelle des situations de flux. Elle n'a donc rien à voir avec une
comptabilité d'épicier faite d'addition de chèvres et de choux comme on veut
le faire croire en cherchant ici l'argument légitimant l'intégration du groupe
à l'UFD/EN. Mieux une telle approche relève d'ailleurs d'une cécité
politique. Ce n'est pas parce qu'on s'oppose au PRDS qu'on est nécessairement
sur la même longueur d'ondes que l'UFD/EN. L'on se rappelle, qu'au tout début
de la crise dite « du pouvoir et de certains nassériens », un journal de ta
place, sous la plume du porte-parole même du groupe « cadres démissionnaires
du PRDS », exposait les grands traits du pourquoi de leur opposition au régime.
Il y était question alors d'abandon par le pouvoir de la ligne de 86, notamment
par la liquidation de l'unité nationale, le recentrage des alliances extérieures
et le retour de certains soit-disants déportés. Où se situe aujourd'hui ce
groupe par rapport à ce type d'opposition? Quelles revendications politiques
l'UFD/EN partage-t-elle avec ce même type d'opposition? Tout le problème est là.
3.
Enfin, dernier argument, on nous dit qu'on ne peut pas exiger de ce groupe des
regrets publics parce que l'UFD/EN n'a ni le droit ni le pouvoir de l'exiger et
parce qu'après tout, personne n'est blanc comme neige. Soit; II y a quand même
des degrés de salissure pour ne pas dire de pourriture. Mais le plus grave
n'est pas-là. A défaut de pouvoir « blanchir » le groupe, certains ont cru
plus facile de se « noircir » et de « noircir » leurs propres camarades. Et
par cet amalgame, ils règlent politiquement ce qu'une loi d'amnistie scélérate
a déjà pénalement réglé. Autrement dit, on apporte au PRDS la caution
politique qui lui manquait pour passer définitivement à pertes et profits les
innocentes victimes des événements. Pour cela, cet argument est une trahison
aux nobles idéaux de l'UFD/EN.
Nouakchott,
le 14/03/98
Le
Bureau exécutif de l'UFD/EN s'est réuni les 16 et 17 avril 1998 ,Au cours de
cette session, le point de la situation a été fait à propos des missions
d'explication qui ont sillonné le pays. Par ailleurs, le dépouillement des
rapports de certaines fédérations et sections parvenus à ce jour au siège du
parti indique des prises de position sans équivoque sur la crise qui secoue
l'UFD/EN. C'est ainsi que les fédérations
du Hodh El Gharbi, du Guidimakha, du Gorgol, de l'Assaba, du Tiris-Zemmour, du Sénégal
et d'Europe, les sections de Rosso, Keur Macène, El Mina, Sebkha, Dar Naim,
Riadh dénoncent fermement la décision d'adhésion controversée des Nasséristes
prise hâtivement par Ahmed Ould Daddah et son groupe. Stigmatisant
la violation flagrante de la ligne politique, de l'orientation et des règles de
fonctionnement du parti - s'agissant en particulier de la concertation et de la
recherche patiente du consensus en vue d'uniformiser les points de vue et de préserver
l'unité - Ces fédérations et sections rejettent unanimement et sans ambages
la décision d'intégration forcée du groupe des Nasséristes démissionnaires
du PRDS. Consternées par les dernières résolutions "cyniques" du
groupe de Ahmed Ould Daddah qui donnent l'impression amère d'une liquidation
programmée, les fédérations et sections ci-dessus se désolidarisent de la démarche
et des agissements d'Ahmed Ould Daddah et son clan qui ont occasionné la crise
la plus grande que le parti ait connue et hypothéqué les espoirs que les
militants et le peuple mauritanien fondaient en l'UFD/EN.
Elles
exigent d'Ahmed Ould Daddah et son groupe qu'ils annulent la résolution du
"B.E" en date du 04 Mars 1998 relative à l'intégration du groupe des
Nasséristes démissionnaires du PRDS; que le Conseil National et les structures
appropriées du parti se prononcent sur cette question importante avant
d'avaliser ou de rejeter la candidature du groupe en question.
Profondément
troublées par l'attitude d'Ahmed et de son groupe consistant à préférer
l'arrivée d'éléments douteux au risque de rompre avec des militants de première
heure dont le militantisme et l'engagement sont évidents, elles invitent
Monsieur Ahmed Ould Daddah à se ressaisir et à revenir sur l'ensemble des décisions
prises depuis l'éclatement de la crise survenue lors de la session du
"Bureau Exécutif" du 4 mars afin que l'unité soit retrouvée et le
parti sauvegardé des complots dont il est constamment victime.
Les
prises de position contenues dans les rapports des Fédérations et Sections
(allant jusqu'à la rupture avec le groupe d'Ahmed ) qui nous parviennent
illustrent parfaitement la tendance générale qui se manifeste à l'intérieur
du parti.
C’est
pourquoi le Bureau Exécutif se félicite du courage, de la clairvoyance et de
la maturité des militants qui se sont exprimés. Il les exhorte à faire preuve
de vigilance pour éviter de tomber dans les pièges de ceux qui, non contents
d'avoir violé la ligne et l'orientation du parti, tentent de dissoudre ses
structure de base, à travers la circulaire en date du 25/03/1998 signée de
Diop Mamadou Amadou.
En
tant que dépositaires de la légalité et de la légitimité de l'UFD/EN, de
tels rapports nous réconfortent et nous encouragent à persévérer dans la défense
de la pureté de la ligne originelle du parti.
Nouakchott
le 22/4/1998
Le
Bureau Exécutif.
UNION
DES FORCES DEMOCRATIQUES/ERE NOUVELLE FEDERATION D'EUROPE
RESOLUTION
DU BUREAU FEDERAL EN DATE DU 05 AVRIL 1998 RELATIVE A LA CRISE AU SEIN DU PARTI
Le
Bureau Fédéral réuni en session extraordinaire à Paris le 05 Avril 1998, après
analyse approfondie de la situation du parti faisant suite à l'annonce d'une «
admission » du groupe des « nasséristes » dans le parti:
Considérant
que le silence observé par le Secrétaire Général de l'UFD/EN à la suite de
la lettre à lui adressée par le Secrétaire fédéral au nom de notre bureau
depuis le 16 mars 98 équivaut à un refus de s'expliquer devant les militants
de notre fédération et une fuite en avant dans l'erreur,
Considérant
que le groupe des nasséristes constitue un groupe particulariste chauvin et
raciste, un groupe extrémiste de droite directement mêlé à la conception et
à l'exécution de la terrible et sanglante répression dont furent victimes les
populations négro-africaines entre 1989 et 1991 et qui, de surcroît, se refuse
à tout repentir vis-à-vis des victimes,
Considérant
l'extrême gravité de la situation résultant pour le parti et pour toutes les
forces démocratiques et patriotiques du pays de la décision unilatérale, illégale
et immorale prise par le Secrétaire Général et son groupe et qui porte
atteinte à l'honneur, la dignité et la sincérité des engagements démocratiques
et patriotiques du parti,
Considérant
que cette décision, s'il elle n'était pas combattue aboutirait à transformer
l'UFD/EN en refuge pour les chauvins et les racistes au nom d'une prétendue
politique d'accumulation des forces pour soi-disant lutter contre le régime, le
chauvinisme, le racisme, le tribalisme et toute forme de particularisme préjudiciable
à l'unité de notre peuple multinational constituant les ennemis fondamentaux
de notre parti,
Prenant
acte de ce que, face à une telle trahison des intérêts du parti, sa ligne générale,
ses textes fondamentaux, un groupe de camarades membres du Bureau Exécutif a décidé
de prendre en mains la direction du parti en ne reconnaissant plus M. Ahmed O/
Daddah comme Secrétaire Général en titre ni les autres membres de son groupe
putschiste dans leurs fonctions respectives
Décide
:
-
A compter de ce jour 5 Avril 1998, ne plus reconnaître M. Ahmed O/ Daddah et
son groupe comme responsables du Bureau Exécutif du Parti en les considérant
comme simple groupe de dissidents tout en rejetant la prétendue décision d'adhésion
de» nasséristes comme nulle et non avenue
-
De soutenir fermement le groupe de dirigeants qui s'opposent désormais à la
direction de M. Ahmed O/ Daddah et ses amis dans le Bureau Executif et le prie
de prendre ses responsabilités pour contrecarrer les effets pervers de la prétendue
décision d'adhésion des nasséristes en veillant tout particulièrement à
faire respecter la légalité et l'intégrité du parti, notamment en faisant
convoquer une session d'urgence du Conseil National, seule instance souveraine
du Parti entre les Congrès et que le Groupe de dissidents a tenté par tous les
moyens de marginaliser.
Le
Bureau Fédéral prie tous les camarades du parti et tous les démocrates sincères
du pays de refuser ce piège tendu par les extrémistes dont notre peuple a pu
mesurer la virulence et la perfidie et les risques immenses qu'ils font peser
sur notre pays s'ils avaient à nouveau l'occasion de sévir, cette fois-ci par
captation de la respectabilité et de l'énergie des forces démocratiques
d'opposition.
Fait
à Paris le 05 Avril 1998
Le
Bureau Fédéral Europe de l'UFD/EN
Les
13, 14 et 15 Août 1998, s'est tenu à Nouakchott le premier Congrès
extraordinaire de l'UFD/EN, à la demande écrite de plus des deux tiers des
sections (36 sur 52), demande adressée au Bureau Exécutif qui a mis en oeuvre
les dispositions nécessaires à sa tenue effective. Au cours du déroulement du
Congrès, deux sections se sont ajoutées, portant le nombre à 38, soit près
des trois quarts de l'ensemble.
Après
vérification des mandats, le Congrès extraordinaire a commencé ses travaux :
les délégués présents représentent 326 voix sur un total de 570. Le quorum
requis de 286 voix a donc été largement dépassé.
Le
troisième Vice-président du Conseil National, SyMamadou, assisté du quatrième
Vice-président, Djibril Ould Awbak, a présidé l'ouverture du Congrès et
prononcé un discours de circonstance.
Suite
à l'élection du bureau du Congrès, composé de neuf (9) membres et présidé
par le Professeur LôGourmo Abdoul, le Secrétaire Général intérimaire,
Mohamed Moustapha Ould Bedredine a procédé à la lecture de son rapport moral,
suivi des messages des fédérations.
Le
Congrès a constitué deux commissions : une commission juridique et une
commission de politique générale dont les textes ont été adoptés au cours
de la séance plénière du 15 Août 1998.
La
résolution générale, après avoir pris acte du départ de l'ancien Secrétaire
Général, Mr. Ahmed Ould Daddah, et de ses proches, a réaffirmé la fidélité
du Parti à l'unité nationale, à la démocratie et à la justice sociale. Tout
en proclamant l'ancrage de l'UFD/EN au sein de l'opposition, la résolution a également
réitéré l'appel de notre Parti à l'ensemble des forces politiques
mauritaniennes, de l'opposition et du pouvoir, en vue de la conclusion d'un
compromis national susceptible d'ouvrir la voie à la démocratie pluraliste véritable
et de garantir la paix civile.
A
l'unanimité des Congressistes, la proposition de la commission de désignation
des instances a été adoptée après de larges consultations.
Les
nouvelles instances de l'UFD/EN - le Bureau Exécutif, le Conseil National et la
Commission des Enquêtes et du Contrôle - ont été élues à l'unanimité, en
présence des représentants de la presse nationale et internationale. Ainsi, au
niveau des instances ont été élus :
|
•
Président :
|
Mohamed
Ould Maouloud
|
|
•
1er Vice-président :
|
Bâ
Boubakar Moussa
|
|
•
2ème Vice-président :
|
Khalilou
Ould Dedde
|
|
•
Secrétaire Général :
|
Mohamed
Moustapha Ould Bedredine
|
|
•
1er Secrétaire Général Adjoint
|
Diallo
Lansana
|
|
•
2ème Secrétaire Général Adjoint
|
Kadiata
Malick Diallo
|
|
•
3ème Secrétaire Général Adjoint
|
Ghali
Ould Mahmoud
|
|
•
Président du Conseil National :
|
Sy
Mamadou
|
|
•
1 erVice-Président :
|
Yacoub Ould
Sidi Lemine
|
|
•
2ème Vice-Président
|
Djibril
Ould Awbak
|
|
•
3ème
Vice-Président :
|
Seck
Cheikh
|
|
•
4ème Vice-Président :
|
Oumou
Kelthoum Mint
Cheikh
|
Une
commission d'enquête et de contrôle de sept membres, présidée par Daffa
Bakary.
et
ayant comme commissaire aux comptes M. Soumaré Assane
Les
travaux du premier Congrès extraordinaire de l'UFD/EN ont été clôturés par
un discours prononcé par le Président du Parti, Mohamed Ould Maouloud.
Nouakchott,
le 16 Août 1998
LE BUREAU EXECUTIF
Nous
avons développé nos rapports de franche collaboration des années durant, au
point où nous sommes devenus les alliés les plus proches au sein de
l'opposition. Lorsque, venant d'Afrique Centrale, vous avez exprimé votre désir
de vous présenter comme candidat aux élections présidentielles, nous vous
avons soutenu, en prenant le risque de soumettre à rudes épreuves des
relations encore plus anciennes avec des partenaires de la première heure de l'ère
démocratique. La force des arguments et la raison du salut pour la Mauritanie
ont fini par l'emporter : les différentes tendances au sein de l'UFD parvinrent
au consensus pour soutenir votre candidature indépendante.
Vous
ayant suggéré d'adhérer à l'UFD nous nous sommes battus, souvent seuls, pour
l'intégration de votre groupe, allant jusqu'à vous proposer la fonction de
premier coordonnateur. Ceux des vôtres qui étaient à l'UFD, peuvent témoigner
que nous étions les plus résolus et les plus convaincants dans la défense de
l'intégration de votre groupe, les «Indépendants». Là également, la qualité
de l'analyse et l'importance majeure d'élargir les rangs de l'opposition ont
fini par l'emporter.
Quand,
nous opposant à la politique des quotas, nous nous sommes convaincus
mutuellement d'y renoncer et de faire prévaloir le fonctionnement démocratique
au sein de l'UFD/EN, certains alliés nous quittèrent pour constituer une autre
formation politique. Nombre d'entre eux vous accusèrent d'être un chauvin,
voire un raciste. Nous fûmes dans l'obligation de déployer d'immenses efforts
pour vous convaincre d'effectuer une visite dans le bassin du fleuve Sénégal
afin de continuer à rejeter leurs accusations et à expliquer l'objet de nos
différends. Vous vous souvenez certainement des circonstances dans lesquelles,
de Boghé à Maghama, en passant par Mbout et Kaëdi, ce sont les nôtres qui
vous ont farouchement défendu, n'hésitant nullement à rejeter les accusations
portées contre votre personne tandis que d'autres, parmi vos proches actuels,
osaient à peine ouvrir la bouche.
M.
Ahmed Ould Daddah, vous avez bonne souvenance, lors du Congrès, de la
possibilité qui nous a été offerte d'assumer la direction de l'UFD/EN, sur
des bases démocratiques. Parce que nous étions d'accord sur la ligne politique
attachés au renforcement de notre unité, nous n'avons pas chercher à tirer
avantage de la majorité que nous détenions. Il faut vraiment que certains de
vos proches aient la mémoire courte pour nous accuser d'avoir toujours voulu
contrôler le Parti : l'un d'entre eux -et non des moindre!- céda au désarroi
à la suite du vote qui nous était avantageux, désemparé qu'il était à l'idée
de nous voir en profiter... Qu'il s'en souvienne donc et revienne à plus de modération
dans ses propos.
C'est
dire, en évoquant tous ces faits, l'ampleur des efforts et des sacrifices que
nous avons dû consentir pour préserver notre partenariat. Rassurer-nous donc
en en attestant. Si vous mesurez comme nous l'importance qu'il y a de préserver
nos relations, nous vous prions de nous expliquer les raisons pour lesquelles
vous les avez mises en péril, finissant par vous engager dans la rupture sans
retour. Il est vrai comme vous l'avez dit au cours de votre conférence de
presse que vous n'êtes pas un épicier mais, en tant qu'homme politique, nous
ne vous ferons pas l'injure de croire vous agissez sans analyse et calculs
politiques. Quels avantages et inconvénients avez-vous comparés pour choisir
de rompre avec nous et vous allier avec les Nasséristes. Pourquoi n'avez-vous
pas pris le temps nécessaire pour épuiser toutes les chances possibles
d'arriver au consensus, comme nous avons nous-mêmes agi pour vous admettre au
sein de l'UFD? Quelles échéances vous dictaient d'agir avec autant de précipitation
il faut de sérieuses raisons, sans doute hautement significatives à vos yeux,
pour expliquer un choix aussi lourd de conséquences. Il a fallu, sans aucun
doute, un accord, des échéances et/ou des résultats escomptés de la nouvelle
alliance -certainement, à vos yeux, sans commune mesure avec la sauvegarde de
notre partenariat- pour vous engager dans cette voie. Permettez à notre peuple
d'en juger en l'en informant, pour nous offrir nous-mêmes, par la même
occasion, la possibilité d'en prendre la juste mesure.
Dans
des interviews à « L'Eveil-Hebdo » et « Le Calame », M. DIOP Mamadou Amadou
s'est distingué par ses attaques contre le groupe des membres du Bureau Exécutif
dépositaires de la légitimité du Parti. Nous éprouvons beaucoup de respect
pour sa personne et le prions instamment de faire preuve de retenue. Nous sommes
très surpris du ton avec lequel il aborde nos différends et de la rapidité
avec laquelle il a changé de position sur l'adhésion des Nasséristes. En
effet, devant témoins, quand la question fut abordée il a déclaré: «Ces
gens ont les mains rouges de sang! Jamais je n'accepterai de m'associer à eux
dans le même parti. Attendez que la question soit posée et vous verrez! » M.
DIOP se refuse de parler du groupe des Naséristes préférant l'expression «
cadres démissionnaires du PRDS » : ce n'est pas honorable pour sa personne de
s'associer aux arguments pour le moins hypocrites que certains de ses amis
avancent, d'autant plus qu'il nous relève avoir présidé le Comité des Sages.
Auquel cas, sage parmi les sages, il devrait convenir avec nous qu'il a quelque
peu écorné la Sagesse lorsque au cours d'une séance du Comité permanent il a
tenu les propos suivants, au sujet d'une question controversée: « Je ne suis
plus prêt, ni dans les instances, ni en privé, à discuter de la question !»
La sagesse lui dicte de faire preuve de modération sous peine de perdre un
attribut auquel il semble très attaché.
Nouakchott, le 1er avril 1998
Le
Bureau Exécutif
Plus
de trois semaines que la crise au sein de l'UFD/EN survenue avec l'admission
d'un groupe d'anciens militants du PRDS d'obédience nassériste, perdure et
s'aggrave, suscitant multiples réactions. Le retrait d'un groupe de membres du
BE opposés à la décision du SG et de ses proches-décision contraire à la
ligne, aux orientations et aux règles de fonctionnement du parti- a ouvert une
étape nouvelle dans l'existence du Parti. En riposte aux initiatives des dépositaires
de la légitimité du Parti M. Ahmed Ould Daddah et son groupe viennent de
franchir un pas important en décidant d'exclure quelques camarades. Par cette
initiative, ils consacrent la rupture définitive et ferment toute possibilité
de conciliation et de solution de compromis.
M.
Ahmed Ould Daddah et son groupe en violant la ligne politique, les orientations
et les règles de fonctionnement de l'UFD/EN, se situent eux-mêmes en dehors du
parti et toute décision qu'ils pourraient prendre en son nom est, par avance,
nulle et non avenue.
Des
convocations et des demandes d'explication ont été adressées par M. Ahmed
Ould Daddah à quelques uns d'entre nous, distribuées avec exigence de décharge
: visiblement, il tente d'avoir la légalité formelle de son côté. Nous
reconnaissons à juste titre, l'importance de la légalité mais nous nous
situons d'abord et avant tout sur le terrain essentiel, primordial parmi tous
les autres angles d'approche: l'orientation et la ligne politique du Parti.
En
rendant public son alliance avec le groupe nassériste et en la formalisant M.
Ahmed Ould Daddah va plus loin que la droite française, par exemple, qui vient
de se compromettre par le recours aux voix du Front National de M. Le PEN. En
effet les nasséristes mauritaniens fidèles à l'approche raciste et extrémiste
de leur mouvement, s'apparentent bien à ce que représente Le Pen en France:
les uns et les autres sont xénophobes, partisans de la purification ethnique et
de solutions violentes à la question de la coexistence entre communautés différentes.
Recourant
à la logique formelle M. Ahmed Ould Daddah tente de se disculper en arguant du
fait qu'il n'y a aucune preuve formelle de violation des droits de la personne
par les membres du groupe incriminé encore moins de crimes. S'opposera leur adhésion
signifie, selon la même logique les condamner sans les juger et leur nier le
droit d'adhérer, comme tous les Mauritaniens, à la formation politique de leur
choix. L'unique condition qu'on pourrait exiger d'eux à son avis, c'est
d'accepter les textes fondamentaux du parti.
Dans
notre entendement, par contre nous référant à l'article 6 des statuts de
l'UFD/EN souvent invoqué, les nasséristes ne peuvent remplir que deux
conditions:
être
mauritanien et acheter la carte du parti. La condition la plus importante, celle
qui est déterminante, est relative à la moralité -moralité politique et
sociale. Or, le moins qu'on puisse dire c'est que le groupe nassériste et ses
dirigeants les plus en vue, ne remplissent nullement la moralité politique
requise: ils ont avoué dans des déclarations publiques, des articles et
interviews parus dans la presse privé avoir participé à l'élaboration et à
la mise en oeuvre de la politique des années sombres 89/1991. Ainsi, si Le Pen
n'a pas encore exercé le pouvoir au nom de son idéologie raciste ni eu
l'opportunité de l'appliquer, il n'en est pas de même des Nassériste
mauritaniens.
Sous
d'autres cieux dans la compétition pour le pouvoir, au nom de l'esprit républicain,
il est intolérable d'accepter de bénéficier du soutien de M. Le Pen. Si l'on
prétend partager le même Idéal avec les républicains de tous les pays,
envisager d'accepter les compères mauritaniens de Le Pen dans un parti démocratique,
partisan de l'unité plurielle des mauritaniens, de la reconnaissance de l'égalité
en droits et devoirs de ses communautés constitutives, est simplement
scandaleux: c'est une violation flagrante et sans appel de principes républicains,
en particulier ceux fondés sur la reconnaissance du pluralisme et le respect
des différences. Forts de l'expérience douloureuse des Mauritaniens lors des
événements d'avril-mai 1989, en Mauritanie comme au Sénégal, nous somme en
droit, avec l'ensemble des citoyens soucieux de l'existence de la Mauritanie et
de l'unité de son peuple de demander des comptes à tous ceux qui, comme M.
Ahmed Ould Daddah et ses proches cèdent aux compromis sur les principes avec
les extrémistes, fussent-ils arabes ou nègre-africains.
Devrait-on
croire qu'ils se sont ralliés aux arguments d'un de leurs collègues qui
affirme haut et fort que la nature et la couleur politique des personnes
auxquelles on s'allie est sans importance, pourvu qu'on élargisse ses rangs en
gardant la direction du regroupement?
Garder
la raison et ménager l'avenir:
Du
fait des initiatives contraires à la ligne, à l'orientation et aux règles de
fonctionnement du Parti, prises par M. Ahmed Ould Daddah et son groupe, la
rupture est désormais consommée entre deux groupes en présence au sein du BE.
De mesures disciplinaires en ripostes, les uns et les autres nous courons le
risque de nous épuiser dans des querelles qui ne servent ni la Mauritanie, ni
l'unité de son peuple.
Chacun
des deux groupes est attaché à la conservation du sigle du Parti. Nous
croyons, sincèrement qu'il nous revient, du fait des sacrifices que nous avons
consentis pour le porter haut et parce que nous constituons la majorité des
membres fondateurs qui restent encore en son sein. Il est donc nécessaire, si
les uns et les autres s'entêtent sur leurs positions de tenter de trouver un
compromis.
Nous
souhaitons vivement y parvenir, parce que nous ne nous trompons nullement de
cible: l'avenir, à proche ou moyen terme, fera que l'un des deux groupes
conservera le sigle du Parti l'autre aura le choix de se constituer et de
chercher sa reconnaissance. Parce que nous croyons partager encore les mêmes
objectifs, nous vous suggérons de choisir la seconde voie, d'autant plus que
vous envisagez de créer un parti unique de l'opposition.
Nouakchott,
le 29 Mars 1998
Le
Bureau Exécutif

|