Unité- Démocratie- Justice sociale

Accueil Contactez-nous Sommaire


Google
 
sue le Web Sur ufpweb.org

 


 Jeudi 28 octobre s'ouvriront à Nouakchott les assises du Parti de M. Ahmed Ould Daddah que ses tenants ont intitulé, illégalement, Congrès de l'UFD/EN. En agissant ainsi, ils ont usurpé le nom de notre parti, après en avoir violé la ligne politique, bafoué les textes fondamentaux et rompu avec sa base. À ses assises, M. Ahmed Ould Daddah et son groupe ont invité bon nombre d'amis d'autres pays. Pour éclairer ces derniers et indiquer la signification véritable de ces assises, voici le rappel des faits.

L’Union des Forces Démocratiques/Ère Nouvelle (UFD/EN) est née le 2 octobre 1991, aux lendemains des événements de 1989-1991, lorsqu'une nouvelle constitution a été adoptée, autorisant la création de partis politiques, instaurant la démocratie, même étriquée et particulièrement contraignante pour l'ensemble des acteurs de la scène nationale (partis politiques, presse indépendante, organisations de la société civile, citoyens, etc). Succédant au FDUC, l'UFD/EN, tout au long de son existence a regroupé diverses tendances politiques (anciens militants du Parti du Peuple Mauritanien de M. Mokhtar Ould Daddah, nationalistes négro-africains, militants d'El Hor, éléments du MND et d'autres courants politiques. Pour diverses raisons, liées aux divergences politiques et à l'évolution de la situation politique, l'UFD/EN a vu le départ de plusieurs de ces courants politiques qui se sont constitués en partis politiques distincts comme l'Union pour la Démocratie et le Progrès (UDP) et Action pour le Changement (AC).

Lors du premier Congrès de l'UFD/EN, tenu en juin 1996, seuls deux courants subsistaient en son sein, le MND et les Indépendants. Sur la base des documents du Congrès, et tirant les leçons de l'expérience acquise, les deux tendances sont parvenues à jeter les fondements de leur cohabitation à l'intérieur du même parti. C'est là l'aboutissement d'un long processus par lequel le MND s'est battu pour faire de M. Ahmed Ould Daddah le candidat de l'UFD à la présidentielle de 1992, pour l'amener ensuite, à intégrer le Parti avec son groupe, en lui confiant la direction de l'UFD/EN.

Malgré les multiples difficultés liées à leurs différences, ils ont réussi à mener ensemble les activités jusqu'au moment où, en septembre 1997, un groupe d'éléments nationalistes arabes ayant quitté le parti au pouvoir (Parti Républicain Démocratique et Social - PRDS), le Groupe des Indépendants décida de les intégrer autoritairement au Parti, les cooptant ensuite dans les instances régulièrement élues par le Congrès, en violation flagrante des statuts. De tels agissements, remettaient en cause la ligne du Parti sur la question nationale, dans la mesure où ces nationalistes arabes ont inspiré la politique chauvine et répressive du pouvoir à l'égard des communautés négro-africaines, lors des tragiques événements de 1989-1991. En agissant ainsi, le Groupe des Indépendants mettait en péril l'unité du Parti.

Malgré les efforts déployés, il na pas été possible de parvenir à des arrangements à l'amiable entre les deux parties en présence, et seule une instance régulièrement réunie pouvait trancher, en l'occurrence le Congrès extraordinaire prévu par les statuts. Deux voies s'ouvraient : sa convocation par le Bureau exécutif, ou par la majorité des deux tiers des sections du Parti. Le Groupe des Indépendants disposait de la majorité des membres du Bureau Exécutif (35 membres), l'autre tendance de 25 membres. Une majorité de plus des deux tiers des sections du Parti décida alors de la tenue d'un congrès extraordinaire. Pour s'y opposer, le Groupe des Indépendants, en violation évidente des statuts et de l'esprit de Parti, crut pouvoir y parvenir en décrétant la suspension de toutes les sections et fédérations du Parti, régulièrement constituées lors de la dernière implantation. Plus des deux tiers des sections, soit 35 sections sur les 52 que comptait le Parti, décidèrent de la tenue du Congrès extraordinaire de l'UFD/EN les 13, 14 et 15 août 1998. 

La presse indépendante mauritanienne, l'opinion publique nationale, tous les observateurs présents, purent constater que le quorum était atteint à l'ouverture du Congrès, vérifier et témoigner de la régularité de la tenue du Congrès - la totalité des congressistes n'étaient autres que les participants au premier congrès de l'UFD/EN, ceux-là même qui avaient élu M. Ahmed Ould Daddah et mis en place les instances du Parti. Procédant à une nouvelle évaluation de la situation internationale, régionale et nationale, le Congrès extraordinaire adopta une résolution générale, réaffirma la ligne du Parti et élit de nouvelles instances. En outre, les congressistes émargèrent la liste des participants au Congrès, avec le numéro de leurs pièces d'état-civil, pour faire la preuve que ce sont eux qui avaient tenu le premier congrès de l'UFD/EN : l'essentiel de la base du Parti avait désavoué le groupe de M. Ahmed Ould Daddah.

Au lendemain du Congrès extraordinaire de l'UFD/EN, le Groupe des Indépendants procéda, par cooptation, à une nouvelle composition de l'ancien Bureau exécutif et du Conseil National, ajoutant de nouveaux noms à ceux de leurs partisans, alors que ces instances, selon les statuts, doivent être élues par le congrès. Le groupe s'enfonçait davantage dans l'illégalité. Ce sont ces instances illégales qui ont procédé à ce que le groupe appelle une nouvelle implantation, en dehors des anciennes sections, régulièrement constituées, donc en dehors du Parti. 

Tous les Mauritaniens savent que la composition du nouveau parti constitué par le Groupe des Indépendants et leurs alliés, na plus rien à voir avec la base sociale et politique de l'UFD/EN. En Mauritanie, comme à l'extérieur, c'est dans des milieux nouveaux que recrute le Groupe des Indépendants. Ainsi donc, en rupture avec la ligne pour l'unité nationale, en dehors des instances régulières du parti (bureau exécutif, sections et congrès), agissant dans un milieu social et politique différent, le Groupe des Indépendants et leurs alliés ont créé un nouveau Parti, qui na plus rien à voir avec l'UFD/EN. L'honnêteté et la probité intellectuelles auraient voulu que le Groupe des Indépendants et ses alliés tirent les conséquences du Congrès extraordinaire d'août 1998 et se choisissent un nom autre que celui de l'UFD/EN, un nom correspondant à leur ligne politique, à leurs nouvelles règles de fonctionnement fondées sur la cooptation et à leur milieu social et politique

Nous avons déployé, quant à nous, le maximum d'efforts pour parvenir à un arrangement à l'amiable sur la question du sigle avec le Groupe des Indépendants, y compris en suggérant l'arbitrage dune commission de sages composée de commun accord, et en refusant de céder à leurs attaques en justice. Nous avons toujours essuyé le refus obstiné du Groupe des Indépendants, entêtés dans leur hostilité à notre égard. Nous continuons de penser que l'unité de l'opposition doit être le souci majeur de chacune des deux parties. De ce point de vue, nous devons éviter d'aggraver nos malentendus et nos différences, et privilégier notre collaboration et la recherche de compromis, par delà nos différences et nos divergences. Nous avons essayé par tous les moyens de les amener à la discussion et à l'échange de vues pour parvenir à des  compromis allant dans le sens des intérêts du pays et de ses populations. Non seulement ils sont demeurés sourds à nos sollicitations, mais ils ont recouru à l'injure, à l'invective et aux accusations mensongères à notre endroit. Nous avons toujours refusé de nous abaisser à ce comportement et nous n'y céderons jamais : nous nous défendrons par contre, toutes les fois qu'ils nous attaqueront, tout en continuant à garder la main tendue à tous les Mauritaniens, sans distinction, pour le dialogue et le compromis national, en vue de préserver la paix civile et de parvenir à l'approfondissement du processus démocratique, à l'instauration d'un Etat de droit véritable et une meilleure répartition des richesses nationales.

 Un des objectifs majeurs de l'opposition en Afrique c'est l'enracinement de la démocratie et la pratique effective de l'alternance politique. Nous avions espéré que, forts des idéaux de l'opposition africaine, le Groupe des Indépendants aurait accepté le verdict démocratique du Congrès extraordinaire d'août 1998, donc l'alternance au sein du Parti. Nos espoirs ont été vains. 

Dans la mesure où, en tenant leurs assises, sous le label de notre parti, le Groupe des Indépendants et leurs nouveaux alliés ont franchi un pas important dans le refus des principes démocratiques, dans l'entêtement et l'illégalité, ils portent, devant notre peuple et l'ensemble de la communauté internationale, l'entière responsabilité des conséquences de leur comportement.

L'entêtement du Groupe des Indépendants est également lié à notre divergence politique fondamentale quant à la stratégie de l'opposition. Pour eux, leur aspiration à parvenir au pouvoir justifie toutes les alliances (même avec les fauteurs des événements raciaux) et tous les comportements, fût-elle la confrontation porteuse de guerre civile. Quant à nous, nous estimons, étant donné donné l'entêtement de certains cercles dirigeants du pouvoir et l'empressement dune partie de l'opposition à s'emparer du pouvoir par tous les moyens, que la Mauritanie court de graves risques qui pourraient la plonger dans des situations comparables à celles du Libéria, de la Sierra Leone et de l'Afrique centrale. Face aux dangers liés à un contexte sous-régional incertain et à la grave crise économique et sociale que traverse notre pays, le pouvoir s'est révélé incapable d'apporter à lui seul des solutions viables aux problèmes du pays, tandis que l'opposition est, pour le moment, préparée à assurer, elle seule, l'alternance. Dans cette situation, le démocratisation doit être nécessairement liée à l'exigence de préservation de la paix civile. C'est pour tout cela que nous préconisons la politique du dialogue entre l'ensemble des acteurs de la scène politique nationale, visant à parvenir à un compromis national, pour surmonter la crise par les moyens pacifiques et assumer ensemble la prise en main des enjeux majeurs auxquels le pays fait face. Cette divergence politique entre parties prenantes de l'opposition, le Groupe des Indépendants la transformé en divergence entre ennemis et nous considère comme la cible principale à abattre.

Aux hôtes des autres pays qui ont répondu à l'invitation du groupe de M. Ahmed Ould Daddah et de ses alliés, nous souhaitons un bon séjour dans notre pays nous sommes sûrs et certains qu'avec le temps, ils comprendront et la vérité finira par triompher. Nous sommes persuadés, en particulier, que nos amis socialistes et démocrates s'aviseront que nous sommes leurs alliés naturels, contrairement aux ultra-libéraux, aux conservateurs et aux chauvins arabes qui les ont invités et qui sont les alliés d'autres mouvances internationales.

Nouakchott, le 25 octobre 1999

La Présidence du B.E. de l'UFD/EN



See who's visiting this page.View Page Stats
Pour toute question ou remarque concernant l'Ufp ou ce site Web, écrire à admin@ufpweb.org
Copyright © 2002