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Le
samedi 9 décembre 2000, Ahmed Ould Daddah a été interpellé à sa descente
d'avion en provenance de l'étranger .
Les
autorités n'ont fourni aucune explication sur cette mesure grave prise à
l'encontre d'un leader de l'opposition dont le parti, de surcroît, vient d'être
l'objet d'une décision de dissolution arbitraire. L'Union des Forces de Progrès
(UFP) dénonce cette énième arrestation qui tend à banaliser la répression
dirigée contre les responsables de l'opposition et, avec les arrestations
massives opérées au sein de la jeunesse, contribue à aggraver un climat de
tension porteur de risques de confrontation et de dérapage. Cette mesure est
d'autant plus inexplicable qu'elle s'inscrit à contre-courant de l'ouverture
politique que la récente allocution du Président de la République le 28
novembre dernier semblait relancer.
Elle
ne peut satisfaire que les adversaires du dialogue et du compromis politique
entre l'opposition et le pouvoir.
Aussi
l'Union des Forces de Progrès appelle-t-elle le gouvernement à libérer immédiatement
Ahmed Ould Daddah, à renoncer à l'approche répressive pour le règlement des
différends politiques et à promouvoir le dialogue et la concertation pour que
l'ensemble des acteurs, sans exclusive, conviennent des compromis politiques nécessaires
qui éloignent le pays de la dynamique de la confrontation et l'installent dans
un processus de démocratisation véritable et apaisée.
Nouakchott
le, 12/12/2000.
La
Présidence
Par
décret en date du 28 octobre 2000, le gouvernement mauritanien a pris la décision
de dissoudre «l'UFD/EN dirigée par Ahmed Ould Daddah ». Cette mesure
entretient à nouveau un climat de tension et compromet gravement l'évolution
vers la décrispation et l'ouverture qui semblaient se dessiner ces derniers
temps, conformément aux dispositions d'esprit manifestées par la majorité des
acteurs politiques.
La
quasi-unanimité des prises de position notées au plan national autour des
derniers événements du Moyen-Orient, revendiquant la rupture des relations
avec l'Etat d'Israël et un soutien plus ferme à l'Intifada d'El Aksa, s'est
heurtée au même moment au refus du pouvoir d'aller dans le sens de cette
volonté populaire.
Quoique
cette décision de dissoudre une organisation, juridiquement inexistante, soit
sans objet, elle n'en constitue pas moins une orientation qui nous ramène aux
pratiques répressives de la période d'exception pour autant qu'elle prive un
groupe politique de son droit à l'existence et à la libre expression.
Devant
l'alternative de conduire le pays soit vers un climat de tension et de
confrontation, soit vers le dialogue et la réconciliation, le pouvoir se doit
d'éviter tout ce qui est de nature à aggraver davantage la situation et de
rechercher les solutions aux questions politiques par la voie du consensus afin
d'éloigner la Mauritanie des dérives et dérapages aux conséquences imprévisibles.
Pour
ces raisons, l'UFD/EN exige du pouvoir :
-
De tenir compte des aspirations du peuple, en particulier sa revendication de
rupture des relations diplomatiques avec Israël.
-
De s'ouvrir davantage à l'opposition et de renoncer à toute forme de répression,
en ce qui concerne particulièrement le droit du groupe d'Ahmed ould Daddah à
s'organiser et à exercer ses droits tels que garantis par la Constitution.
-
Enfin l'UFD/EN lance un appel à l'opposition, qu'elle invite à tout
entreprendre pour renforcer son unité, et à poursuivre sa lutte légitime en
vue de changer la situation par la voie du dialogue et du compromis.
Nouakchott
le 30 octobre 2000
Pour
le Comité permanent, le secrétaire général Mohamed El Moustapha ould
Bederdine
Une
délégation du Parti conduite par son président Mohamed Ould Maouloud, et
comprenant le président du conseil national, Sy Mamadou, le président de la
commission de contrôle Daffa Bakari, le président de la commission politique
Limame Chérif, s'est rendue en visite d'information, ce jour 16 février 2000,
à l'ambassade de la Fédération de Russie à Nouakchott.
La
délégation a remis un message du Parti à propos de la guerre en Tchétehénie
à son Excellence, Monsieur l'Ambassadeur de la Fédération de Russie, message
à l'adresse du Gouvernement Fédéral.
Le
message, tout en rappelant le caractère suranné de reconquête coloniale de
cette guerre, en appelle aux sentiments d'humanité du peuple russe et au sens
de responsabilité morale des autorités de la République Fédérale pour
mettre fin aux souffrances des peuples tchétchène et russe, dans le respect
des droits fondamentaux de la Tchétehénie.
Notre
Parti lance un appel pressant à toutes les forces politiques et organisations
éprises de paix dans le monde, au sein de la Communauté Musulmane en
particulier, pour entreprendre des démarches similaires afin d'exercer des
pressions conséquentes sur le Gouvernement Fédéral de Russie, pour le salut
du peuple tchétchène et pour la paix.
Nouakchott,
le 16 février 2000
La
Commission de Presse
Les
prix des produits énergétiques ont connu une nouvelle hausse. C'est ainsi que
le prix, au niveau des consommateurs, du gaz domestique est passé de 1100
Ouguiya à 1500 Ouguiya, alors que cette augmentation n'est que de 300 à la
SOMAGAZ . Le coût de l'essence automobile est passé de 125 à 128 et celui du
gasoil auto de 68 à 78, soit des augmentations, respectivement, de 36%, 2,4% et
14%, alors que le gasoil avait déjà connu, en août, un autre bond.
Les
jours qui ont précédé ces hausses ont connu une pénurie de gasoil
automobile.
Mais
le comble, c'est quand le gouvernement, parallèlement à cette élévation
exceptionnelle du prix du gaz domestique, prend la mesure de prohibition totale
de la production du charbon de bois. provocant une hausse dramatique du prix de
cette source populaire d'énergie.
Ainsi,
comme dis un dicton populaire de chez nous, "le consommateur reçoit deux
coups a la tête".
La
flambée des prix des trois premières matières est imputée par la rumeur
publique à diverses causes.
Pour
certains, la raison en est la pression des importateurs regroupés au sein de la
MEPP ;
pour
d'autres c'est plutôt le gouvernement qui a décidé de ces augmentations sous
la pression du FMI et de la Banque Mondiale, afin, par cette ponction, de
combler un déficit budgétaire intolérable pour ces mentors de notre économie.
Une
source officieuse quant à elle impute l'augmentation à la suppression du Fond
de soutien, fond créé depuis quelques années pour amortir les variations sur
le marché international au niveau du marché intérieur. La suppression de ce
fond s'inscrirait dans le cadre de la libéralisation entendue entre le
gouvernement et ses bailleurs de fonds. D'après cette source donc, désormais,
tant les baisses que les hausses sur le marché mondial des sources énergétiques
seront répercutées directement sur les prix intérieurs au consommateur.
Ainsi, la majoration actuelle refléterait l'accroissement du prix du pétrole
dans le monde depuis la veille de l'hiver.
Pour
notre part, nous ne pouvons, à l'état actuel de nos informations, trancher en
faveur de l'une ou l'autre de ces hypothèses. D'ailleurs, elles ne s'excluent
pas, et peuvent avoir jouer toutes ou certaines seulement.
Comme
à ses habitudes, le gouvernement garde le mutisme total. Une fois de plus, nous
ne pouvons qu'exprimer notre désapprobation de la politique et des pratiques
des pouvoirs publiques en matières de prises de décision sur des questions
essentielles ainsi qu'en matière de communication, comme nous avions eu à le
faire lors des calamités naturelles qui ont trappe le pays, ou lors de
certaines décisions gouvernementales stratégiques. Il est évident que l'Etat
de démocratie s'enracinera difficilement dans ces conditions dans notre pays.
Il est essentiel que tous les acteurs politiques, en premier lieu les pouvoirs
publics, s'obligent à respecter le droit fondamental du public à une
information opportune et saine et son droit d'être associer aux décisions.
La
réaction des opérateurs économiques du secteur de la pêche menaçant d'arrêter
leurs navires illustre parfaitement le caractère nocif de la politique de porte
close.
En
dehors de ces comportements inadmissibles, ces relèvements de prix et la pénurie
qui les a précédés révèlent une absence inquiétante d'une politique énergétique
gouvernementale. Aucun Etat ne peut simplement laisser des forces échappant
totalement à son contrôle régler le sort de ses usines, de ses voitures de
transports, de ses navires ; bref de son économie.
Tout
le monde a en mémoire que se sont ceux qui, aujourd'hui, imposent la dérégulation
à nos pays qui ont fondé en 1973 l'Agence International pour l'Energie afin
d'imposer les intérêts de leurs économies aux pays de l'OPEP.
Les
Etats Unis, à l'encontre des intérêts stratégiques de tous les pays du
monde, maintiennent des bas prix des produits pétroliers raffinés sur leur
marché intérieur, limitant ainsi les efforts de recherche sur d'autres sources
plus pérennes d'énergie.
Des
pays industrialisés, comme la France, maintiennent, depuis le choc pétrolier
de 1973, des lois réglementant jusqu'aux heures d'ouverture des fenêtres dans
les domiciles privés et ce pour contrôler la consommation d'énergie.
Notre
parti invite le gouvernement à prendre les mesures les plus appropriées afin
de limiter la répercussion fatale des hausses sur le transport public des
personnes et des biens. En particulier, les salariés et les étudiants sont
pleinement en droit de voir satisfaites leurs revendications de revalorisation
de leurs5 ressources.
Des
mesures spécifiques de mise à disposition du gaz domestique doivent être
prises en faveur des foyers les plus démunis.
Des
mesures de compensation efficaces doivent être immédiatement prises en faveur
des secteurs productifs gros générateurs d'emplois et de revenus tel que le
secteur de la pêche ou affectant largement la vie ménages, comme l'eau et l'électricité.
Enfin,
nous invitons le gouvernement à mettre en discussion "sa politique"
actuelle en matière énergétique.
Nouakchott,
le 22 janvier 2000
Le
comité Permanent

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