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A
propos du renouvellement de l'accord de pêche Mauritanie - Union européenne.
Les
négociations entre le gouvernement mauritanien et les autorités compétentes
de l'Union européenne pour le renouvellement des annexes de l'accord de pêche
conclues en 1996 entre les parties sont de nouveau suspendues, après leur
reprise le 11 juin à Bruxelles. Les négociateurs observent un mutisme complet.
Si cela dénote quelques difficultés, cette décision doit surtout nous
inspirer, à nous autres Mauritaniens, les pires inquiétudes.
Cet
accord avait alors été conclu dans la quasi-clandestinité par quelques
fonctionnaires et entériné par le gouvernement sans discussion, ni même
information, surtout à l'intention des professionnels nationaux du secteur.
Cette
fois, le gouvernement s'est concerté avec ces milieux et, dans une certaine
mesure, a commencé à les associer à la renégociation de l'Accord.
C'est
un pas positif, mais insuffisant. Car, il eut fallu tenir des états généraux
sur ce secteur vital de l'économie nationale, et ensuite seulement envisager de
mettre en oeuvre des projets cohérents, notamment en matière de coopération
internationale. C'est ce que réclament les opérateurs et experts mauritaniens
soucieux de promouvoir une véritable politique de pêche au service du pays.
L'UFP,
qui tient à la plus large concertation sur toute question essentielle touchant
aux intérêts du pays, ne peut comprendre que le gouvernement ne veuille pas
organiser un débat sur ce secteur qui contribue, à lui seul:
-
pour environs 10% au P I B et au budget de l'État pour plus de 25%;
-
à l'ensemble de l'économie pour 50% d'apport en matière de devises
-
et qui génère 32000 emplois, directs et indirects contre 3 000 employés sur
la flotte étrangère, sous licence ou affrétée; dont 800 seulement sur les
navires européens.
L'accord
avec l'Union européenne ne constitue pas un simple acte commercial et
financier. C'est un acte de politique économique majeur et qui, dans le
contexte dans lequel il a été conclu, ses effets prévisibles et constatés,
engage d'une façon durable et considérable l'avenir du secteur.
Le
contexte était marqué par le début de l'émergence du secteur d'une double
crise affectant d'une part les ressources et d'autre part l'activité économique
et sociale.
Sur
le plan de ressources, depuis de nombreuses années déjà, tant les
scientifiques que les exploitants avaient constaté une baisse continue des
rendements. Les premiers avaient conclu à une surexploitation de ressources ;
alarmante surtout pour les céphalopodes, le poulpe en particulier.
Le
gouvernement s'était rangé à ces avis en 1987 en définissant des mesures
politiques conséquentes pour y faire face, notamment en réservant l'exclusivité
de l'exploitation des poissons démersaux aux nationaux et en prenant des
mesures d'aménagement de la flottille de pêche (arrêt des acquisitions de
navires pour les nationaux, des affrètements et des autorisations de pêche
pour les navires étrangers).
Sur
le plan économique et social, le secteur perdait continuellement des emplois
avec l'arrêt de nombreux navires de pêche industrielle, la faillite de petites
entreprises de pêche artisanale et de nombreuses usines à terre.
Dans
ce contexte, l'arrivée de l'armada de plus de 200 navires autorisés par
l'accord de 1996, dont 50 navires céphalopodiers ne pouvait conduire qu'à des
résultats catastrophiques pour la ressource et l'économie sociale qui
connaissaient un début de rétablissement suite aux mesures ci-dessus.
Aussi
la tendance baissière a-t-elle repris :
-
La production nationale chutant de 30 550Tet 43 456T respectivement en 1991 et
1992 à 15 582 et 14 919T respectivement en 1996 et 1997.
-
Les pêcheurs artisans, dont l'activité est basée sur l'exportation du poulpe
de pot, seront particulièrement affectés; leur contribution aux exportations
tombant de 8 171T en 1992 à 1 63 5T en 1997 - La faiblesse des rendements a
conduit à une exploitation abusive des juvéniles qui représente désormais
plus de 80% des prises des navires céphalopodiers de l'Union européenne
suivant les propos du premier responsable de l'association des armateurs
espagnols (par dérogation au Code de la Marine marchande et des Pêches, ces
navires ont été autorisés à garder leurs prises de juvéniles jusqu'à 15%
de leur cargaison, sans contrôle en Mauritanie).
Cette
situation illustre la dangereuse dégradation des ressources.
Ainsi
la biomasse ou matière vivante totale générant les quantités de poissons économiquement
exploitées , cette masse est tombée de 573 000 à 90 000 T; en dessous des 200
000T estimées nécessaires pour maximiser la production.
-
Sur le plan économique et social également les dégâts sont manifestes:
-
La Société Mauritanienne de Commercialisation de Poisson qui a
l'exclusivité de la vente de la production nationale a vu son chiffre d'affaire
s'effondrer passant del72,5 millions de Dollars américains en 1995 à 87, 6
millions en 1999; soit une chute de près de 50%. Cette baisse affecte pour plus
de 80 millions les ventes des poulpes; mono production nationale, en quelque
sorte (60% du volume, 70% de la valeur). Et ce ne sont pas les 50 millions de
Dollars que reçoit le gouvernement au titre de l'Accord qui vont consoler les
nombreux foyers mauritaniens victimes des mauvaises affaires de nos opérateurs.
-
Mise à l'arrêt de nombreux navires industriels nationaux et de pirogues de la
pêche artisanale incapables de concurrencer la flotte européenne mieux outillées
et recevant des subventions de l'Union.
-
Arrêts de nombreuses usines à terre résultant de ce qui précède et de la dérogation
à l'obligation de débarquement accordée aux navires européens de pêche de
fond. Il en résulte des centaines de pertes d'emplois et multiplication des
conflits en zones de pêche; avec pertes de vies humaines au détriment souvent
de piroguiers.
Face
à la gravité de la situation, l'U F P, qui apportera le moment venu sa
contribution pour la définition d'une politique sectorielle de la pêche adéquate,
s'associe à la voix des scientifiques nationaux et internationaux, des
associations professionnelles des travailleurs, employeurs et artisans du
secteur, à celle des ONGs nationales et internationales de protection de
l'environnement pour rappeler aux gouvernements européens et mauritanien la nécessité
de respecter leurs engagements internationaux pour une pêche responsable de
lutte contre la pauvreté et de bonne gouvernance.
Il
est particulièrement urgent de prendre des mesures pour la sauvegarde des
ressources notamment les céphalopodes, du poulpe en particulier.
Dans
ce sens, l'Espagne, en tant que grande amie de la Mauritanie et qui est
principalement concernée, doit courageusement prendre ses responsabilités et
accepter le désengagement progressif et total de sa flottille céphalopodière
dans les délais les plus raisonnables. Tout en tenant compte des besoins budgétaires
de l'État, du redéploiement de la flotte céphalopodière espagnole et
de la relance des armements mauritaniens, un calendrier précis doit être défini.
En
tout état cause, ces délais ne devraient excéder trois ans.
En
attendant, des mesures fortes de protection doivent être mises en oeuvre:
-
débarquement et contrôle des produits à Nouadhibou ;
-
respect scrupuleux des tailles et des âges de première capture ainsi que des
maillages des filets et des zones interdites de chalutages ;
-
et institutions d'une seconde période de " repos biologique ".
En
outre, l'Union européenne doit accroître de façon notable l'assistance en
matière de recherche scientifique, d'aménagement de ressources et de
surveillance maritime.
Le
gouvernement mauritanien, en plus de la lutte contre la corruption qui gangrène
le secteur en particulier, doit entamer le retour progressif à la politique qui
a permis, dans une large mesure, la maîtrise du secteur par les nationaux entre
1979 et 1992.
Dans
ce sens, il est impératif de restaurer le principe de l'exclusivité réservant
l'exploitation de ressources démersales côtières aux armements nationaux.
Il
devra, après des concertations nationales, engager des mesures de relance des
armements nationaux, celui, piroguier en particulier ; de même devront être
envisagées des mesures pour valoriser les énormes investissements à terre.
Dans
le cadre des réaménagements de l'Accord, il sera nécessaire de tenir compte,
en matière de ressources pélagiques d'une part du développement attendu des
activités locales et d'autre part des besoins de la coopération sous-régionale,
en particulier en faveur de la pêche piroguière sénégalaise.
Nouakchott
le 27 juin 01
La
présidence
Jusqu
'à quand assisterons nous en spectateurs passifs au massacre du peuple
palestinien?
Voilà
sept mois que dure la seconde Intifada où le peuple palestinien a inscrit en
lettres de feu de nouvelles pages de luttes héroïques, offert le sang de
centaines de martyrs et restaure et consolidé son unité nationale dans la
lutte. Dans le même temps, les Israéliens ont quant à eux expérimenté les méthodes
de répression et d'extermination les plus abjectes.
Quant
à la solidarité arabe et islamique, elle fut en deçà de toutes les attentes,
quoique certaines mesures entretiennent encore l'espoir (tel le gel des
relations diplomatiques et l'arrêt de tout contact avec Israël, le soutien
financier à l'Autorité palestinienne).
Dans
le monde, les positions allaient de la réprobation timide de la violence israélienne
par l'Union Européenne et d'autres puissances à la tentative des États-Unis
de justifier cette violence et d'en imputer la responsabilité aux Palestiniens.
Ce faisant, l'administration américaine démontre une fois de plus que son rôle
dans le conflit israélo-arabe n'est pas tant la recherche d'une solution juste
et définitive que le soutien inconditionnel des positions israéliennes même
les plus extrémistes.
Mais
sans doute, c'est la position du gouvernement mauritanien qui a été la plus
tristement remarquable et la plus surprenante. Ne se contentant pas d'aller à
l'encontre du consensus arabe et islamique et de maintenir ses relations
diplomatiques avec Israël, il se permit d'envoyer son ministre des affaires
étrangères à Tel Aviv au lendemain de la décision de la Ligue arabe de
suspendre tout contact avec Israël. Comme s'il s'agissait pour lui déjouer
à la provocation contre les sentiments arabes ou d'offrir aux manoeuvres israéliennes
une carte diplomatique. En outre le Gouvernement poursuit ostensiblement le
muselage des mauritaniens, l'étouffement de toute dénonciation des agressions
israéliennes, la répression de toute manifestation de protestation et de
solidarité avec l'Intifada, la confiscation du droit à l'information des
citoyens par les médias d'État, les contraignant à n'avoir pour recours
que les médias étrangers, par définition moins accessibles.
Cette
position est d'autant plus surprenante qu'elle ne se soucie plus de ménager les
apparences et ne tient plus ouvertement aucun compte ni des intérêts ni même
des desiderata des Palestiniens, alors même que la propagande officielle
avait présenté la normalisation des relations diplomatiques avec Israël comme
un soutien à ceux-ci dans leurs efforts pour obtenir une paix juste. Cette position
ignore avec mépris les sentiments d'appartenance du peuple mauritanien, peuple
que rien ne peut séparer du monde arabe et musulman, fait fi de ses choix
historiques et stratégiques de soutien indéfectible à la cause palestinienne,
considérations qu'il n'est permis à aucun régime d'ignorer à fortiori s'il
se targue d'avoir pour fondement le suffrage universel.
En
organisant une quinzaine de solidarité avec le peuple palestinien du 6 au! 9
juin, ce qui coïncide avec la commémoration de l'agression israélienne de
1967 et l'occupation des territoires arabes, l'Union des Forces de Progrès
entend offrir un cadre à l'expression des sentiments brimés de solidarité
avec le peuple palestinien dans l'épreuve qu'il traverse et rompre le black out
médiatique imposée à cette cause dans notre pays.
C'est
aussi l'occasion pour notre parti d'exhorter une fois de plus' et avec
insistance le Gouvernement :
-
à réviser sa position, à rompre les relations diplomatiques et à mettre
fin à toute forme de contact avec l'entité sioniste tant que l'agression se
pouruit contre le peuple palestinien;
-
et à ouvrir les médias d'Etat pour assurer à notre peuple une information
libre sur l'agression israélienne et la résistance que lui oppose le peuple
palestinien.
Nouachott,
le 6/6/01
Le
Comité permanent
Sans
précédent dans l'histoire, les attentats de New York et de Washington ont coûté
la vie à des milliers de personnes, plongeant le monde dans une période de
tension profonde, tension qui pourrait, si l'on n'y prend garde, le précipiter
dans la guerre. La riposte que les USA et leurs alliés vont décider, son
envergure, son ampleur, et les réactions qu'elle va engendrer, joueront, à
coup sûr, un rôle déterminant dans l'évolution de la situation.
L'UFP,
profondément touchée par la mort de milliers de personnes innocentes,
solidaire du deuil de leurs familles et de leurs proches, condamne fermement et
clairement les attentats terroristes du WTC pour multiples raisons.
Avant
tout par principe, parce que le terrorisme procède par des actions violentes,
menées par un groupe minoritaire qui s'arroge des prérogatives relevant de la
responsabilité des masses, agit en leur nom en recourant aux attentats et aux
assassinats sans discernement. Cette approche pour résoudre les contradictions
politiques est en opposition flagrante avec les principes constitutifs de notre
Parti qui préconise une démarche et des actions fondées sur la volonté
populaire, la libre adhésion des masses, correspondant à leurs besoins, à
leurs préoccupations et à leurs dispositions.
Par
ailleurs, l'UFP réprouve les attentats terroristes aveugles comme ceux du WTC
parce qu'ils portent atteinte à la vie et aux biens de citoyens innocents et,
en conséquence, aliènent la sympathie et le soutien de l'opinion publique des
USA et des autres pays pour les causes justes des peuples du tiers-monde, en
particulier celle des peuples arabes et musulmans.
Par
leurs agissements, les responsables des attentats ayant endeuillé le peuple américain
offrent ainsi un argument supplémentaire à la propagande des adversaires et
ennemis des causes justes, en particulier la cause des peuples arabes et
musulmans, aggravant, en conséquence, les préjugés des peuples occidentaux,
provoquant même l'animosité de certains d'entre eux contre la communauté
arabe et musulmane, en particulier à l'encontre des personnes vivant sur leur
territoire.
Cependant,
par delà l'événement lui-même, il est primordial de s'interroger sur les
causes fondamentales des secousses qui ébranlent le monde et menacent plus
gravement encore la paix et la sécurité au sein de la communauté
internationale.
Les
lendemains de la disparition de l'empire soviétique ont placé le monde dans
une situation historique sans précédent : une hyperpuissance domine les
rapports économiques, financiers et militaires de la planète qui se débat
pour de nouveaux équilibres, pour un monde multipolaire. Dans quelle direction
évolueront les contradictions fondamentales (politiques, économiques et
sociales) constitutives de notre planète ? La question demeure ouverte : le
Monde finira-t-il par se plier à la volonté hégémonique américaine ou
parviendra-t-il à réformer dans un sens démocratique le mode de gestion des
affaires de la planète ?
La globalisation, les formes et les contours qu'elle esquisse, les débats et
les empoignades auxquels elle donne lieu indiquent de manière évidente la
nature des enjeux en présence. S'agit-il d'édifier un système profondément
inégal, sous la direction des USA, de l'OCDE, des institutions de Bretton Woods
et des grandes multinationales, marginalisant les peuples, les gouvernements de
plus des trois quarts de l'Humanité, ainsi que les institutions internationales
représentatives ? Ou alors, devrait-on s'orienter vers la constitution
d'ensembles régionaux viables, assurant effectivement leur autonomie
collective, établissant un mode de coopération et de gestion globale fondé
sur le pluralisme démocratique, les échanges équitables et la réciprocité
des intérêts ? Les manifestations de Seattle et l'échec du sommet de l'OMC,
les manifestations de Nice, de Gênes montrent nettement la gravité des enjeux
et l'urgence de leur trouver des solutions largement concertées, impliquant
l'ensemble des parties concernées.
La
crise économique et sociale profonde qui secoue les fondements de nombreux pays
du tiers-monde, la misère inouïe que connaissent l'immense majorité des
citoyens du Monde, met à l'ordre du jour la réforme profonde (voire le
renversement) du mode de direction des pays concernés, ainsi que le système de
coopération et d'échanges à l'échelle mondiale. Bien souvent, les pays
occidentaux, en particulier les USA, apparaissent comme les défenseurs de
l'ordre actuel et même comme les parrains des dictatures corrompues dans ces
pays. Il arrive, en conséquence, que les peuples éprouvent de profonds
ressentiments à leur endroit, ressentiments qui se transforment quelquefois en
haine au niveau de certaines groupes politiques parmi les plus extrémistes,
dont les organisations terroristes.
La
lutte du peuple palestinien est l'une des causes les plus chères, sinon la plus
chère pour les peuples arabes et musulmans. Or, contre le peuple palestinien,
l'Etat d'Israël pratique l'apartheid, bafoue les accords qu'elle signe avant même
que l'encre ne sèche, détruit les maisons, expulse les palestiniens, occupe
par la force leurs terres, tue et assassine les citoyens, les cadres et les
dirigeants palestiniens, en violation flagrante et évidente des droits de la
personne et des accords et conventions internationaux, au vu et au su de la
communauté mondiale toute entière. Israël pratique ouvertement le terrorisme
d'Etat du fait qu'il recourt à la violence armée contre ses adversaires, en
violant les décisions et les volontés de la communauté internationale, en piétinant
délibérément, au nom de ses seuls intérêts, les règles et lois acceptées
et signés par tous les pays. En ce début du troisième millénaire, Israël
est le seul État au monde à pratiquer ouvertement le colonialisme et l'épuration
ethnique, sans craindre ni encourir la condamnation de l'Occident.
Israël
est soutenu à bout de bras par les USA, dont les principaux dirigeants
approuvent sinon justifient son comportement, avec la passivité complice de
l'opinion publique mondiale. Dans la mesure où le terrorisme d'Etat d'Israël
se poursuit dans l'impunité, sans soulever la réprobation large et vigoureuse
de la communauté internationale, le Monde est placé devant une situation intolérable,
inacceptable, incompréhensible : II prône les droits humains mais pratique une
politique de deux poids deux mesures qui provoque la révolte haineuse de
certains groupes politiques minoritaires et disséminés à travers le monde,
pour lesquels il n'y a plus d'autre recours que les attentats terroristes, y
compris suicidaires. C'est le terreau à partir duquel naissent et se renforcent
toutes les formes de résistance, celles qui sont justes et légitimes, comme
celles condamnables des organisations terroristes liées au Moyen-Orient.
L'Humanité
est confrontée à des maffias de tous ordres, qui recourent à la violence sous
toutes ses formes, qu'il ne faut certainement pas, par l'amalgame, confondre aux
organisations politiques extrémistes qui recourent au terrorisme. Ce sont les
maffias de la drogue, du blanchissement del'argent, du trafic des substances
nucléaires, des produits toxiques, des organes humains, du trafic des femmes et
des enfants, etc. Ce monde, fondé sur le culte du profit, la loi du plus fort,
la dévalorisation de la vie des personnes et le déni des droits des peuples,
est à l'origine de la criminalisation des économies et des sociétés de la
planète
Le
terrorisme, les organisations maffieuses de tous ordres, figurent sur la liste
des préoccupations majeures auxquelles est confrontée l'Humanité, lesquelles
exigent une approche globale, à partir d'institutions représentatives de
l'ensemble de la communauté internationale, de l'ensemble des aires de
civilisation, de l'ensemble des pays, quelles que soit leur puissance et leur
richesse.
Le
refus de certains pays de participer à l'élaboration de compromis au plan
mondial faisant loi pour tous, en particulier l'unilatéralisme des USA, laisse
peser de graves menaces sur la capacité de l'Humanité à assumer comme il se
doit ses devoirs, en évitant la confrontation porteuse de destructions de
grande envergure. Ce comportement s'est illustré clairement lors de la Conférence
de Kyoto et de Berlin sur l'environnement, lors des négociations sur le
Tribunal Pénal International, à la Conférence de Durban sur le racisme, ainsi
que par le refus de signer la convention sur les mines et de participer à la négociation
sur les armes légères, etc. La récente dénonciation des accords sur les
armes nucléaires et la volonté unilatérale des USA d'édifier un bouclier
anti-missiles procède du même unilatéralisme.
Aujourd'hui,
le Monde est placé devant trois choix et non deux, comme le dit le Président
Bush :
S'aligner
derrière les USA et l'Occident qui vont, au nom de "la Croisade de la
civilisation contre la barbarie", en légitimant le racisme anti-arabe et
anti-musulman, mettre au pas les peuples et les pays qui refusent leur diktat,
sur des bases contraires aux aspirations profondes de l'Humanité au pluralisme
et à la gestion démocratique et participative des enjeux majeurs auxquels elle
est confrontée. Face à ce choix, même les alliés les plus proches des USA
rencontrent d'énormes difficultés pour se plier à leur injonction (s'ils n'y
rechignent !), étant donné la désapprobation de la grande majorité de leurs
peuples. Les exemples du Pakistan, de la Jordanie, de l'Arabie Saoudite et de
l'Egypte l'illustrent suffisamment.
Second
choix : au nom de la défense chauvine et obscurantiste de ses valeurs de
civilisations propres, soutenir, sans discernement ni esprit critique des formes
de résistance sans lendemain, fondée sur le terrorisme et la confrontation des
civilisations.
OU
ALORS, EN RUPTURE AVEC LES DEUX CHOIX PRÉCÉDENTS, OPTER POUR UN
TROISIÈME ET S'Y ENGAGER RÉSOLUMENT : RÉFORMER PROFONDÉMENT
LES NATIONS UNIES ET PARVENIR À UN MODE DE GESTION DÉMOCRATIQUE
DES AFFAIRES DE LA PLANÈTE. POUR CELA UNE CONCERTATION MONDIALE DONT LES
CONCLUSIONS SERONT DÉCISIVES POUR LE SORT DE L'HUMANITÉ EST PLUS
QUE JAMAIS URGENTE. C'EST, DE NOTRE POINT DE VUE, LA VOIE DU SALUT POUR
L'HUMANITÉ
La
crise internationale actuelle annonce, d'ores et déjà, de graves conséquences
dans d'autres domaines : elle précipite la récession économique mondiale,
menace d'engloutir les efforts de pays émergents comme l'Argentine, le Mexique
et la Turquie, laisse entrevoir la réduction des investissements, des échanges
et des ressources destinées à l'aide et à la coopération avec les pays du
tiers-monde.
Aux
USA et en Europe, les musulmans, en particulier les Arabes, auront certainement
à faire face à des traitements sectaires, racistes et même anti-islamiques,
en opposition évidente avec les droits humains reconnus par les pays hôtes et
leurs citoyens.
Dans
les pays d'Asie centrale et du Moyen-Orient dont les catégories dirigeantes
optent pour le choix conseillé par le Président Bush, nul doute que de crises
politiques profondes s'annoncent et pourraient conduire au renversement des
pouvoirs en place.
Des
pays comme la Mauritanie, n'échapperont pas aux conséquences de la situation
internationale actuelle. Encore une fois, et aujourd'hui plus que jamais
auparavant, il s'impose de réformer le mode de prise de décision sur les
questions dont l'importance affecte l'avenir des citoyens et conditionne le
devenir du pays : l'ajustement structurel, la gestion des libertés publiques et
les réformes du processus électoral, les relations avec nos voisins (l'UMA et
la CEDEAO), la reconnaissance de l'Etat d'Israël. La crise devrait offrir
l'occasion d'une concertation large et sans exclusive, avec les partis
politiques, les organisations de la société civile, les personnalités, les
leaders d'opinion, pour définir les meilleurs moyens de faire face à la
situation préoccupante que pourrait connaître notre pays, en particulier étudier
comment rendre moins difficile l'existence des citoyens pour leur
approvisionnement en denrées de première nécessité.
À
l'ensemble des membres de La Ligue des États Arabes, à ceux de
l'Organisation de l'Unité Africaine, à ceux de l'OCI, l'UFP lance un appel
solennel, pour leur dire qu'il est particulièrement urgent de se rencontrer
pour évaluer la situation mondiale, cerner les enjeux majeurs auxquels
l'Humanité est confrontée, proposer un mode de gestion démocratique et
concertée au plan mondial, en unifiant la position de leurs membres, afin de
peser de tout leur poids sur leurs partenaires, les États-Unis d'Amérique
et l'Union Européenne notamment, avant qu'il ne soit tard.
La
logique de la haine aveugle et l'esprit de vengeance sont à l'origine des actes
terroristes du 11 septembre. Les USA ne commettraitent-ils pas la faute de le légitimer
en rispostant suivant la logique de vengeance aveugle, et en portant atteinte à
leur tour à la vie de populations civiles innocentes ? La riposte contre le
terrorisme peut-elle se fonder sur la substitution de la logique du plus fort à
la force du droit international ? Nous sommes, quant à nous, opposés à toute
attaque militaire contre l'Afghanistan sans preuves reconnues par la communauté
internationale et sans décision expresse des Nations Unies.
Les sentiments de vengeance de la part du gouvernement des États-Unis
d'Amérique et des citoyens américains, les craintes nourries par les peuples
européens sont tout à fait compréhensibles, étant donné la gravité des
attentats et la profondeur de la douleur qu'ils éprouvent. Ils doivent être
conscients du fait que les peuples arabes, les peuples musulmans et ceux du
Tiers-monde d'une manière générale, ont également connu et continuent de
vivre des situations de détresse encore plus profonde. L'histoire des uns et
des autres est donc marquée par des épreuves douloureuses. Ils pourraient,
tous ensemble, avec les autres peuples et l'ensemble de la communauté mondiale,
puiser au plus profond d'eux-mêmes, pour rechercher de solutions concertées et
pacifiques aux enjeux majeurs auxquels l'Humanité est confrontée, parmi
lesquels figure le terrorisme.
L'UFP
en appelle à la mobilisation de l'ensemble des peuples du monde, de tous les
gouvernements et de tous les citoyens préoccupés par la préservation de la
paix mondiale, favorables à la recherche de solutions concertées,
consensuelles et pacifiques - autant que faire se peut - aux enjeux majeurs de
l'Humanité.
Nouakchott,
le 30 septembre 2001
La
Présidence du Bureau Exécutif

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