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  RENOUVELLEMENT ACCORDS DE PÊCHE

 SUR LA PALESTINE

LA SITUATION INTERNATIONALE ACTUELLE ET SON ÉVOLUTION PRÉVISIBLE



RENOUVELLEMENT ACCORDS DE PÊCHE

A propos du renouvellement de l'accord de pêche Mauritanie - Union européenne.

Les négociations entre le gouvernement mauritanien et les autorités compétentes de l'Union européenne pour le renouvellement des annexes de l'accord de pêche conclues en 1996 entre les parties sont de nouveau suspendues, après leur reprise le 11 juin à Bruxelles. Les négociateurs observent un mutisme complet. Si cela dénote quelques difficultés, cette décision doit surtout nous inspirer, à nous autres Mauritaniens, les pires inquiétudes.

Cet accord avait alors été conclu dans la quasi-clandestinité par quelques fonctionnaires et entériné par le gouvernement sans discussion, ni même information, surtout à l'intention des professionnels nationaux du secteur.

Cette fois, le gouvernement s'est concerté avec ces milieux et, dans une certaine mesure, a commencé à les associer à la renégociation de l'Accord.

C'est un pas positif, mais insuffisant. Car, il eut fallu tenir des états généraux sur ce secteur vital de l'économie nationale, et ensuite seulement envisager de mettre en oeuvre des projets cohérents, notamment en matière de coopération internationale. C'est ce que réclament les opérateurs et experts mauritaniens soucieux de promouvoir une véritable politique de pêche au service du pays.

L'UFP, qui tient à la plus large concertation sur toute question essentielle touchant aux intérêts du pays, ne peut comprendre que le gouvernement ne veuille pas organiser un débat sur ce secteur qui contribue, à lui seul:

- pour environs 10% au P I B et au budget de l'État pour plus de 25%;

- à l'ensemble de l'économie pour 50% d'apport en matière de devises

- et qui génère 32000 emplois, directs et indirects contre 3 000 employés sur la flotte étrangère, sous licence ou affrétée; dont 800 seulement sur les navires européens.

L'accord avec l'Union européenne ne constitue pas un simple acte commercial et financier. C'est un acte de politique économique majeur et qui, dans le contexte dans lequel il a été conclu, ses effets prévisibles et constatés, engage d'une façon durable et considérable l'avenir du secteur.

Le contexte était marqué par le début de l'émergence du secteur d'une double crise affectant d'une part les ressources et d'autre part l'activité économique et sociale.

Sur le plan de ressources, depuis de nombreuses années déjà, tant les scientifiques que les exploitants avaient constaté une baisse continue des rendements. Les premiers avaient conclu à une surexploitation de ressources ; alarmante surtout pour les céphalopodes, le poulpe en particulier.

Le gouvernement s'était rangé à ces avis en 1987 en définissant des mesures politiques conséquentes pour y faire face, notamment en réservant l'exclusivité de l'exploitation des poissons démersaux aux nationaux et en prenant des mesures d'aménagement de la flottille de pêche (arrêt des acquisitions de navires pour les nationaux, des affrètements et des autorisations de pêche pour les navires étrangers).

Sur le plan économique et social, le secteur perdait continuellement des emplois avec l'arrêt de nombreux navires de pêche industrielle, la faillite de petites entreprises de pêche artisanale et de nombreuses usines à terre.

Dans ce contexte, l'arrivée de l'armada de plus de 200 navires autorisés par l'accord de 1996, dont 50 navires céphalopodiers ne pouvait conduire qu'à des résultats catastrophiques pour la ressource et l'économie sociale qui connaissaient un début de rétablissement suite aux mesures ci-dessus.

Aussi la tendance baissière a-t-elle repris :

- La production nationale chutant de 30 550Tet 43 456T respectivement en 1991 et 1992 à 15 582 et 14 919T respectivement en 1996 et 1997.

- Les pêcheurs artisans, dont l'activité est basée sur l'exportation du poulpe de pot, seront particulièrement affectés; leur contribution aux exportations tombant de 8 171T en 1992 à 1 63 5T en 1997 - La faiblesse des rendements a conduit à une exploitation abusive des juvéniles qui représente désormais plus de 80% des prises des navires céphalopodiers de l'Union européenne suivant les propos du premier responsable de l'association des armateurs espagnols (par dérogation au Code de la Marine marchande et des Pêches, ces navires ont été autorisés à garder leurs prises de juvéniles jusqu'à 15% de leur cargaison, sans contrôle en Mauritanie).

Cette situation illustre la dangereuse dégradation des ressources.

Ainsi la biomasse ou matière vivante totale générant les quantités de poissons économiquement exploitées , cette masse est tombée de 573 000 à 90 000 T; en dessous des 200 000T estimées nécessaires pour maximiser la production.

- Sur le plan économique et social également les dégâts sont manifestes:

- La Société Mauritanienne de Commercialisation de Poisson qui a l'exclusivité de la vente de la production nationale a vu son chiffre d'affaire s'effondrer passant del72,5 millions de Dollars américains en 1995 à 87, 6 millions en 1999; soit une chute de près de 50%. Cette baisse affecte pour plus de 80 millions les ventes des poulpes; mono production nationale, en quelque sorte (60% du volume, 70% de la valeur). Et ce ne sont pas les 50 millions de Dollars que reçoit le gouvernement au titre de l'Accord qui vont consoler les nombreux foyers mauritaniens victimes des mauvaises affaires de nos opérateurs.

- Mise à l'arrêt de nombreux navires industriels nationaux et de pirogues de la pêche artisanale incapables de concurrencer la flotte européenne mieux outillées et recevant des subventions de l'Union.

- Arrêts de nombreuses usines à terre résultant de ce qui précède et de la dérogation à l'obligation de débarquement accordée aux navires européens de pêche de fond. Il en résulte des centaines de pertes d'emplois et multiplication des conflits en zones de pêche; avec pertes de vies humaines au détriment souvent de piroguiers.

Face à la gravité de la situation, l'U F P, qui apportera le moment venu sa contribution pour la définition d'une politique sectorielle de la pêche adéquate, s'associe à la voix des scientifiques nationaux et internationaux, des associations professionnelles des travailleurs, employeurs et artisans du secteur, à celle des ONGs nationales et internationales de protection de l'environnement pour rappeler aux gouvernements européens et mauritanien la nécessité de respecter leurs engagements internationaux pour une pêche responsable de lutte contre la pauvreté et de bonne gouvernance.

Il est particulièrement urgent de prendre des mesures pour la sauvegarde des ressources notamment les céphalopodes, du poulpe en particulier.

Dans ce sens, l'Espagne, en tant que grande amie de la Mauritanie et qui est principalement concernée, doit courageusement prendre ses responsabilités et accepter le désengagement progressif et total de sa flottille céphalopodière dans les délais les plus raisonnables. Tout en tenant compte des besoins budgétaires de l'État, du redéploiement de la flotte céphalopodière espagnole et de la relance des armements mauritaniens, un calendrier précis doit être défini.

En tout état cause, ces délais ne devraient excéder trois ans.

En attendant, des mesures fortes de protection doivent être mises en oeuvre:

- débarquement et contrôle des produits à Nouadhibou ;

- respect scrupuleux des tailles et des âges de première capture ainsi que des maillages des filets et des zones interdites de chalutages ;

- et institutions d'une seconde période de " repos biologique ".

En outre, l'Union européenne doit accroître de façon notable l'assistance en matière de recherche scientifique, d'aménagement de ressources et de surveillance maritime.

Le gouvernement mauritanien, en plus de la lutte contre la corruption qui gangrène le secteur en particulier, doit entamer le retour progressif à la politique qui a permis, dans une large mesure, la maîtrise du secteur par les nationaux entre 1979 et 1992.

Dans ce sens, il est impératif de restaurer le principe de l'exclusivité réservant l'exploitation de ressources démersales côtières aux armements nationaux.

Il devra, après des concertations nationales, engager des mesures de relance des armements nationaux, celui, piroguier en particulier ; de même devront être envisagées des mesures pour valoriser les énormes investissements à terre.

Dans le cadre des réaménagements de l'Accord, il sera nécessaire de tenir compte, en matière de ressources pélagiques d'une part du développement attendu des activités locales et d'autre part des besoins de la coopération sous-régionale, en particulier en faveur de la pêche piroguière sénégalaise.

Nouakchott le 27 juin 01 

La présidence


SUR LA PALESTINE

 Jusqu 'à quand assisterons nous en spectateurs passifs au massacre du peuple palestinien?

Voilà sept mois que dure la seconde Intifada où le peu­ple palestinien a inscrit en lettres de feu de nouvelles pages de luttes héroïques, offert le sang de centaines de martyrs et restaure et consolidé son unité nationale dans la lutte. Dans le même temps, les Israéliens ont quant à eux expérimenté les méthodes de répression et d'extermination les plus abjectes.

Quant à la solidarité arabe et islamique, elle fut en deçà de toutes les attentes, quoique certaines mesures entre­tiennent encore l'espoir (tel le gel des relations diplo­matiques et l'arrêt de tout contact avec Israël, le soutien financier à l'Autorité palestinienne).

Dans le monde, les positions allaient de la réprobation timide de la violence israélienne par l'Union Européen­ne et d'autres puissances à la tentative des États-Unis de justifier cette violence et d'en imputer la responsabilité aux Palestiniens. Ce faisant, l'administration américai­ne démontre une fois de plus que son rôle dans le conflit israélo-arabe n'est pas tant la recherche d'une solution juste et définitive que le soutien inconditionnel des posi­tions israéliennes même les plus extrémistes.

Mais sans doute, c'est la position du gouvernement mauritanien qui a été la plus tristement remarquable et la plus surprenante. Ne se contentant pas d'aller à l'encontre du consensus arabe et islamique et de maintenir ses relations diplomatiques avec Israël, il se permit d'en­voyer son ministre des affaires étrangères à Tel Aviv au lendemain de la décision de la Ligue arabe de suspend­re tout contact avec Israël. Comme s'il s'agissait pour lui déjouer à la provocation contre les sentiments arabes ou d'offrir aux manoeuvres israéliennes une carte diplo­matique. En outre le Gouvernement poursuit ostensi­blement le muselage des mauritaniens, l'étouffement de toute dénonciation des agressions israéliennes, la répres­sion de toute manifestation de protestation et de solida­rité avec l'Intifada, la confiscation du droit à l'information des citoyens par les médias d'État, les contraignant à n'avoir pour recours que les médias étrangers, par défi­nition moins accessibles.

Cette position est d'autant plus surprenante qu'elle ne se soucie plus de ménager les apparences et ne tient plus ouvertement aucun compte ni des intérêts ni même des desiderata des Palestiniens, alors même que la propagan­de officielle avait présenté la normalisation des relations diplomatiques avec Israël comme un soutien à ceux-ci dans leurs efforts pour obtenir une paix juste. Cette posi­tion ignore avec mépris les sentiments d'appartenance du peuple mauritanien, peuple que rien ne peut séparer du monde arabe et musulman, fait fi de ses choix historiques et stratégiques de soutien indéfectible à la cause pales­tinienne, considérations qu'il n'est permis à aucun régi­me d'ignorer à fortiori s'il se targue d'avoir pour fonde­ment le suffrage universel.

En organisant une quinzaine de solidarité avec le peu­ple palestinien du 6 au! 9 juin, ce qui coïncide avec la commémoration de l'agression israélienne de 1967 et l'occupation des territoires arabes, l'Union des Forces de Progrès entend offrir un cadre à l'expression des senti­ments brimés de solidarité avec le peuple palestinien dans l'épreuve qu'il traverse et rompre le black out média­tique imposée à cette cause dans notre pays.

C'est aussi l'occasion pour notre parti d'exhorter une fois de plus' et avec insistance le Gouvernement :

- à réviser sa position, à rompre les relations diploma­tiques et à mettre fin à toute forme de contact avec l'en­tité sioniste tant que l'agression se pouruit contre le peu­ple palestinien;

- et à ouvrir les médias d'Etat pour assurer à notre peu­ple une information libre sur l'agression israélienne et la résistance que lui oppose le peuple palestinien.

Nouachott, le 6/6/01

Le Comité permanent


LA SITUATION INTERNATIONALE ACTUELLE  ET SON ÉVOLUTION PRÉVISIBLE

 

Sans précédent dans l'histoire, les attentats de New York et de Washington ont coûté la vie à des milliers de personnes, plongeant le monde dans une période de tension profonde, tension qui pourrait, si l'on n'y prend garde, le précipiter dans la guerre. La riposte que les USA et leurs alliés vont décider, son envergure, son ampleur, et les réactions qu'elle va engendrer, joueront, à coup sûr, un rôle déterminant dans l'évolution de la situation.

L'UFP, profondément touchée par la mort de milliers de personnes innocentes, solidaire du deuil de leurs familles et de leurs proches, condamne fermement et clairement les attentats terroristes du WTC pour multiples raisons.

Avant tout par principe, parce que le terrorisme procède par des actions violentes, menées par un groupe minoritaire qui s'arroge des prérogatives relevant de la responsabilité des masses, agit en leur nom en recourant aux attentats et aux assassinats sans discernement. Cette approche pour résoudre les contradictions politiques est en opposition flagrante avec les principes constitutifs de notre Parti qui préconise une démarche et des actions fondées sur la volonté populaire, la libre adhésion des masses, correspondant à leurs besoins, à leurs préoccupations et à leurs dispositions.

Par ailleurs, l'UFP réprouve les attentats terroristes aveugles comme ceux du WTC parce qu'ils portent atteinte à la vie et aux biens de citoyens innocents et, en conséquence, aliènent la sympathie et le soutien de l'opinion publique des USA et des autres pays pour les causes justes des peuples du tiers-monde, en particulier celle des peuples arabes et musulmans.

Par leurs agissements, les responsables des attentats ayant endeuillé le peuple américain offrent ainsi un argument supplémentaire à la propagande des adversaires et ennemis des causes justes, en particulier la cause des peuples arabes et musulmans, aggravant, en conséquence, les préjugés des peuples occidentaux, provoquant même l'animosité de certains d'entre eux contre la communauté arabe et musulmane, en particulier à l'encontre des personnes vivant sur leur territoire.

Cependant, par delà l'événement lui-même, il est primordial de s'interroger sur les causes fondamentales des secousses qui ébranlent le monde et menacent plus gravement encore la paix et la sécurité au sein de la communauté internationale.

Les lendemains de la disparition de l'empire soviétique ont placé le monde dans une situation historique sans précédent : une hyperpuissance domine les rapports économiques, financiers et militaires de la planète qui se débat pour de nouveaux équilibres, pour un monde multipolaire. Dans quelle direction évolueront les contradictions fondamentales (politiques, économiques et sociales) constitutives de notre planète ? La question demeure ouverte : le Monde finira-t-il par se plier à la volonté hégémonique américaine ou parviendra-t-il à réformer dans un sens démocratique le mode de gestion des affaires de la planète ?

  La globalisation, les formes et les contours qu'elle esquisse, les débats et les empoignades auxquels elle donne lieu indiquent de manière évidente la nature des enjeux en présence. S'agit-il d'édifier un système profondément inégal, sous la direction des USA, de l'OCDE, des institutions de Bretton Woods et des grandes multinationales, marginalisant les peuples, les gouvernements de plus des trois quarts de l'Humanité, ainsi que les institutions internationales représentatives ? Ou alors, devrait-on s'orienter vers la constitution d'ensembles régionaux viables, assurant effectivement leur autonomie collective, établissant un mode de coopération et de gestion globale fondé sur le pluralisme démocratique, les échanges équitables et la réciprocité des intérêts ? Les manifestations de Seattle et l'échec du sommet de l'OMC, les manifestations de Nice, de Gênes montrent nettement la gravité des enjeux et l'urgence de leur trouver des solutions largement concertées, impliquant l'ensemble des parties concernées. 

La crise économique et sociale profonde qui secoue les fondements de nombreux pays du tiers-monde, la misère inouïe que connaissent l'immense majorité des citoyens du Monde, met à l'ordre du jour la réforme profonde (voire le renversement) du mode de direction des pays concernés, ainsi que le système de coopération et d'échanges à l'échelle mondiale. Bien souvent, les pays occidentaux, en particulier les USA, apparaissent comme les défenseurs de l'ordre actuel et même comme les parrains des dictatures corrompues dans ces pays. Il arrive, en conséquence, que les peuples éprouvent de profonds ressentiments à leur endroit, ressentiments qui se transforment quelquefois en haine au niveau de certaines groupes politiques parmi les plus extrémistes, dont les organisations terroristes.

La lutte du peuple palestinien est l'une des causes les plus chères, sinon la plus chère pour les peuples arabes et musulmans. Or, contre le peuple palestinien, l'Etat d'Israël pratique l'apartheid, bafoue les accords qu'elle signe avant même que l'encre ne sèche, détruit les maisons, expulse les palestiniens, occupe par la force leurs terres, tue et assassine les citoyens, les cadres et les dirigeants palestiniens, en violation flagrante et évidente des droits de la personne et des accords et conventions internationaux, au vu et au su de la communauté mondiale toute entière. Israël pratique ouvertement le terrorisme d'Etat du fait qu'il recourt à la violence armée contre ses adversaires, en violant les décisions et les volontés de la communauté internationale, en piétinant délibérément, au nom de ses seuls intérêts, les règles et lois acceptées et signés par tous les pays. En ce début du troisième millénaire, Israël est le seul État au monde à pratiquer ouvertement le colonialisme et l'épuration ethnique, sans craindre ni encourir la condamnation de l'Occident.

Israël est soutenu à bout de bras par les USA, dont les principaux dirigeants approuvent sinon justifient son comportement, avec la passivité complice de l'opinion publique mondiale. Dans la mesure où le terrorisme d'Etat d'Israël se poursuit dans l'impunité, sans soulever la réprobation large et vigoureuse de la communauté internationale, le Monde est placé devant une situation intolérable, inacceptable, incompréhensible : II prône les droits humains mais pratique une politique de deux poids deux mesures qui provoque la révolte haineuse de certains groupes politiques minoritaires et disséminés à travers le monde, pour lesquels il n'y a plus d'autre recours que les attentats terroristes, y compris suicidaires. C'est le terreau à partir duquel naissent et se renforcent toutes les formes de résistance, celles qui sont justes et légitimes, comme celles condamnables des organisations terroristes liées au Moyen-Orient.

L'Humanité est confrontée à des maffias de tous ordres, qui recourent à la violence sous toutes ses formes, qu'il ne faut certainement pas, par l'amalgame, confondre aux organisations politiques extrémistes qui recourent au terrorisme. Ce sont les maffias de la drogue, du blanchissement del'argent, du trafic des substances nucléaires, des produits toxiques, des organes humains, du trafic des femmes et des enfants, etc. Ce monde, fondé sur le culte du profit, la loi du plus fort, la dévalorisation de la vie des personnes et le déni des droits des peuples, est à l'origine de la criminalisation des économies et des sociétés de la planète

Le terrorisme, les organisations maffieuses de tous ordres, figurent sur la liste des préoccupations majeures auxquelles est confrontée l'Humanité, lesquelles exigent une approche globale, à partir d'institutions représentatives de l'ensemble de la communauté internationale, de l'ensemble des aires de civilisation, de l'ensemble des pays, quelles que soit leur puissance et leur richesse.

Le refus de certains pays de participer à l'élaboration de compromis au plan mondial faisant loi pour tous, en particulier l'unilatéralisme des USA, laisse peser de graves menaces sur la capacité de l'Humanité à assumer comme il se doit ses devoirs, en évitant la confrontation porteuse de destructions de grande envergure. Ce comportement s'est illustré clairement lors de la Conférence de Kyoto et de Berlin sur l'environnement, lors des négociations sur le Tribunal Pénal International, à la Conférence de Durban sur le racisme, ainsi que par le refus de signer la convention sur les mines et de participer à la négociation sur les armes légères, etc. La récente dénonciation des accords sur les armes nucléaires et la volonté unilatérale des USA d'édifier un bouclier anti-missiles procède du même unilatéralisme.

Aujourd'hui, le Monde est placé devant trois choix et non deux, comme le dit le Président Bush :

S'aligner derrière les USA et l'Occident qui vont, au nom de "la Croisade de la civilisation contre la barbarie", en légitimant le racisme anti-arabe et anti-musulman, mettre au pas les peuples et les pays qui refusent leur diktat, sur des bases contraires aux aspirations profondes de l'Humanité au pluralisme et à la gestion démocratique et participative des enjeux majeurs auxquels elle est confrontée. Face à ce choix, même les alliés les plus proches des USA rencontrent d'énormes difficultés pour se plier à leur injonction (s'ils n'y rechignent !), étant donné la désapprobation de la grande majorité de leurs peuples. Les exemples du Pakistan, de la Jordanie, de l'Arabie Saoudite et de l'Egypte l'illustrent suffisamment.

Second choix : au nom de la défense chauvine et obscurantiste de ses valeurs de civilisations propres, soutenir, sans discernement ni esprit critique des formes de résistance sans lendemain, fondée sur le terrorisme et la confrontation des civilisations.

OU ALORS, EN RUPTURE AVEC LES DEUX CHOIX PRÉCÉDENTS, OPTER POUR UN TROISIÈME ET S'Y ENGAGER RÉSOLUMENT : RÉFORMER PROFONDÉMENT LES NATIONS UNIES ET PARVENIR À UN MODE DE GESTION DÉMOCRATIQUE DES AFFAIRES DE LA PLANÈTE. POUR CELA UNE CONCERTATION MONDIALE DONT LES CONCLUSIONS SERONT DÉCISIVES POUR LE SORT DE L'HUMANITÉ EST PLUS QUE JAMAIS URGENTE. C'EST, DE NOTRE POINT DE VUE, LA VOIE DU SALUT POUR L'HUMANITÉ

La crise internationale actuelle annonce, d'ores et déjà, de graves conséquences dans d'autres domaines : elle précipite la récession économique mondiale, menace d'engloutir les efforts de pays émergents comme l'Argentine, le Mexique et la Turquie, laisse entrevoir la réduction des investissements, des échanges et des ressources destinées à l'aide et à la coopération avec les pays du tiers-monde.

 Aux USA et en Europe, les musulmans, en particulier les Arabes, auront certainement à faire face à des traitements sectaires, racistes et même anti-islamiques, en opposition évidente avec les droits humains reconnus par les pays hôtes et leurs citoyens. 

Dans les pays d'Asie centrale et du Moyen-Orient dont les catégories dirigeantes optent pour le choix conseillé par le Président Bush, nul doute que de crises politiques profondes s'annoncent et pourraient conduire au renversement des pouvoirs en place.

Des pays comme la Mauritanie, n'échapperont pas aux conséquences de la situation internationale actuelle. Encore une fois, et aujourd'hui plus que jamais auparavant, il s'impose de réformer le mode de prise de décision sur les questions dont l'importance affecte l'avenir des citoyens et conditionne le devenir du pays : l'ajustement structurel, la gestion des libertés publiques et les réformes du processus électoral, les relations avec nos voisins (l'UMA et la CEDEAO), la reconnaissance de l'Etat d'Israël. La crise devrait offrir l'occasion d'une concertation large et sans exclusive, avec les partis politiques, les organisations de la société civile, les personnalités, les leaders d'opinion, pour définir les meilleurs moyens de faire face à la situation préoccupante que pourrait connaître notre pays, en particulier étudier comment rendre moins difficile l'existence des citoyens pour leur approvisionnement en denrées de première nécessité.

À l'ensemble des membres de La Ligue des États Arabes, à ceux de l'Organisation de l'Unité Africaine, à ceux de l'OCI, l'UFP lance un appel solennel, pour leur dire qu'il est particulièrement urgent de se rencontrer pour évaluer la situation mondiale, cerner les enjeux majeurs auxquels l'Humanité est confrontée, proposer un mode de gestion démocratique et concertée au plan mondial, en unifiant la position de leurs membres, afin de peser de tout leur poids sur leurs partenaires, les États-Unis d'Amérique et l'Union Européenne notamment, avant qu'il ne soit tard.

La logique de la haine aveugle et l'esprit de vengeance sont à l'origine des actes terroristes du 11 septembre. Les USA ne commettraitent-ils pas la faute de le légitimer en rispostant suivant la logique de vengeance aveugle, et en portant atteinte à leur tour à la vie de populations civiles innocentes ? La riposte contre le terrorisme peut-elle se fonder sur la substitution de la logique du plus fort à la force du droit international ? Nous sommes, quant à nous, opposés à toute attaque militaire contre l'Afghanistan sans preuves reconnues par la communauté internationale et sans décision expresse des Nations Unies.
Les sentiments de vengeance de la part du gouvernement des États-Unis d'Amérique et des citoyens américains, les craintes nourries par les peuples européens sont tout à fait compréhensibles, étant donné la gravité des attentats et la profondeur de la douleur qu'ils éprouvent. Ils doivent être conscients du fait que les peuples arabes, les peuples musulmans et ceux du Tiers-monde d'une manière générale, ont également connu et continuent de vivre des situations de détresse encore plus profonde. L'histoire des uns et des autres est donc marquée par des épreuves douloureuses. Ils pourraient, tous ensemble, avec les autres peuples et l'ensemble de la communauté mondiale, puiser au plus profond d'eux-mêmes, pour rechercher de solutions concertées et pacifiques aux enjeux majeurs auxquels l'Humanité est confrontée, parmi lesquels figure le terrorisme.

L'UFP en appelle à la mobilisation de l'ensemble des peuples du monde, de tous les gouvernements et de tous les citoyens préoccupés par la préservation de la paix mondiale, favorables à la recherche de solutions concertées, consensuelles et pacifiques - autant que faire se peut - aux enjeux majeurs de l'Humanité.

Nouakchott, le 30 septembre 2001

La Présidence du Bureau Exécutif


 

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