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- UFP : Déclarations de l'UFP


A propos de l'amnistie

A propos des mesures de transition annoncées par le président du CMJD

Pour une transition concertée et consensuelle

Déclaration à propos du coup d’État du 3 août 2005


A propos de l'amnistie

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Vendredi 2 septembre 2005, le Président du Conseil Militaire pour la Justice et la Démocratie (CMJD) a prononcé, pour la première fois, une allocution solennelle par laquelle il définit un programme pour la transition et annonce une amnistie générale pour l’ensemble des Mauritaniens condamnés pour des crimes et délits politiques. L’UFP exprime sa satisfaction et soutient pleinement cette allocution qui répond à deux de ses propositions majeures et lance un appel pressant à l’ensemble des parties prenantes de la scène publique pour que ce programme fasse l’objet d’un consensus national et bénéficie du soutien de l’ensemble des Mauritaniens et de leurs amis.

Afin que ce programme réponde aux aspirations et aux attentes de notre peuple, il nous semble indispensable de le compléter sur les points suivants :

 

1. La réconciliation nationale :

Durant la période écoulée, les communautés négro-africaines ont souffert plus que toute autre de la discrimination, des atteintes les plus graves aux droits de la personne, y compris de crimes abominables. En attendant de créer les conditions permettant aux pouvoirs publics de faire la lumière sur cette partie de notre histoire, d’exprimer une demande de pardon public, il convient de mettre fin aux souffrances actuelles : retour des déportés, réparation pour les victimes et ayant droit, rétablissement des fonctionnaires et militaires dans leurs droits, etc. C’est possible au cours de la transition, et il est indispensable de s’armer du courage nécessaire pour en discuter franchement et prendre les mesures qui s’imposent. Il reste les questions de fonds relatives au passif humanitaire et à la coexistence entre les communautés arabe et négro-africaines. D’aucuns, à titre légitime, s’inquiètent de les voir rejetées aux calendes grecques si nous n’en débattions pas au cours de la transition. L’UFP soutient leur souci de poser ces questions mais elle estime que leur gravité et leur importance majeure pour notre peuple méritent qu’on prenne le temps nécessaire pour en débattre et en tirer des conclusions conscientes et engageantes, en vue de renforcer durablement l’unité de notre peuple : cela demande des dispositions réelles, du recul et de la sérénité que les conditions de la transition ne permettent pas. L’UFP suggère que l’ensemble des parties prenantes de la scène publique s’accordent sur la démarche et prennent l’engagement solennel de prendre en charge le dossier au lendemain de la transition. Quant à elle, elle s’y engage, d’ores et déjà.

 

2. La question de l’esclavage : elle préoccupe, à juste titre, l’ensemble des Mauritaniens, en particulier les principales victimes et l’opinion publique soucieuse des droits humains. La pratique de l’esclavage devrait être publiquement dénoncée et décriée, et les survivances faire l’objet de mesures visant à l’éradication (juridiques, économiques et sociales) durant la transition - le débat de fonds en la matière ne pouvant être conduit avec des chances de succès qu’au lendemain de la transition.

 

3. Les questions liées à la survie quotidienne des populations (l’accès aux denrées de première nécessité, les soins de santé primaire, l’éducation, etc.) : en attendant d’engager un débat national sur la répartition des richesses, la transition devrait se préoccuper de manière prioritaire d’alléger leurs souffrances en s’attaquant en même temps aux monopoles privés (transports, boulangeries, boucheries), aux passe-droits, aux ententes illicites et aux secteurs maffieux de l’économie.

 

4. Le suivi et la mise en œuvre du programme de transition : ils exigent la mise en place d’un cadre adéquat, regroupant l’ensemble des parties prenantes de la scène publique. Un décret complémentaire au décret n° 2005-077/PM pourrait être envisagé pour définir les règles de fonctionnement de ce cadre et sa mise en place effective. Les résultats des travaux des conseils interministériels, attendus dans un délai maximum de 60 jours, devraient être discutés et enrichis dans ce cadre, avant d’être adoptés par le gouvernement et le CMJD, et non le contraire.

Nouakchott le 3 septembre 2005

La Présidence


A PROPOS DES MESURES DE TRANSITION ANNONCE ES PAR LE PRÉSIDENT DU CONSEIL MILITAIRE

 

Samedi 6 août 2005, le Président du Conseil Militaire pour la Justice et la Démocratie, le Colonel Ely Ould Mohamed Vall a reçu l’ensemble des partis politiques de notre pays. Il a prononcé une allocution dans laquelle il a procédé à une analyse rétrospective de l’expérience politique de notre pays, de l’indépendance à nos jours. Tirant les leçons de l’expérience du parti unique (PPM) et des Structures d’Education des Masses (SEM) et de leurs conséquences néfastes, M. Ely Ould Mohamed Vall a estimé que le processus de démocratisation amorcé au début des années 90 est la meilleure expérience qu’a connue notre pays. Le germe mortel de cette expérience, selon lui, se trouvait, néanmoins, dans la confusion entre le rôle de Président du PRDS et celui de Président de la République. Le Président de la République et son parti, le PRDS, bénéficiaient ainsi de tous les avantages, viciant alors la vie politique du pays. Dans la mesure où il était devenu impossible de modifier cet état de fait, il n’y avait d’autre choix, selon lui, pour éviter à notre pays une situation comparable à celle de la Côte d’Ivoire ou de la Somalie, que celui choisi par les forces armées le 3 août 2005.

M. Ely Ould Mohamed Vall se propose de réviser la constitution en réduisant le nombre de mandats présidentiels à deux, et leur durée à quatre ou cinq ans, tout en modifiant l’article 104. Le délai de la révision constitutionnelle ne devrait pas excéder un an, et les élections présidentielles et législatives seront organisées dans deux ans au maximum. Le Président du Conseil Militaire, les membres dudit Conseil, le premier ministre ainsi que les membres du gouvernement de transition ne seront pas éligibles. Le Conseil militaire et le gouvernement s’abstiendront de soutenir un quelconque parti politique et se dissoudront dès la fin du processus électoral. Une Commission Nationale Electorale, dont les attributions seront définies après consultation, accompagnera le processus et des observateurs extérieurs seront admis. M. Ely Ould Mohamed Vall a particulièrement insisté sur la sincérité absolue de ses propos et sa volonté inébranlable d’aller jusqu’au bout du processus. Il a affirmé sa disponibilité à rencontrer l’ensemble des acteurs politiques, à leur demande, pour discuter de l’ensemble de ces questions. En outre, des débats, dont il n’a pas précisé la forme, permettront d’approfondir les échanges et les points de vue des uns et des autres.

L’UFP, après avoir procédé à une analyse approfondie de l’allocution du Président du Conseil Militaire, se félicite de son contenu, ainsi que des accents de modestie et de sincérité qui s’en dégagent. Depuis plus d’un an, constatant la crise profonde que traverse notre pays, à la fois au plan politique, économique et social, l’UFP s’est battu pour convaincre, en particulier l’ex-Président, de l’urgence et de l’impérieuse nécessité de réformer profondément le mode de gestion des affaires du pays, sur des bases consensuelles. Les propositions avancées par le Président du Conseil Militaire répondent aux aspirations du peuple et aux revendications de l’opposition. L’UFP, comme par le passé, animée par les intérêts supérieurs de notre pays et de son peuple, ne ménagera aucun effort pour contribuer au succès d’une transition pacifique sur la base de ces propositions, ainsi que leur mise en œuvre effective.

Pour qu’il en soit ainsi, l’UFP estime qu’il est essentiel, sous la forme la plus judicieuse, que le Conseil Militaire et l’ensemble des acteurs politiques et de la société civile, parviennent à un accord qui, sur cette base, engage solennellement l’ensemble des parties. En effet, pour la stabilité du processus, le consensus minimal est indispensable pour prévenir et maintenir dans des limites tolérables pour la paix civile les tensions et pressions extérieures et intérieures (régionales, tribales et politiques) qui ne manqueront pas de s’exercer et de menacer notre pays d’une dérive chaotique.

Le Président du Conseil Militaire a suggéré que des débats soient organisés autour de l’ensemble des préoccupations qu’il a évoquées. En vue d’assurer l’efficacité de ces débats et le suivi de la concertation entre les acteurs, de garantir la mise en œuvre des conclusions auxquelles ils aboutiront, il est primordial d’en définir le cadre, certes souple et permanent. L’UFP propose que les consultations nécessaires soient menées dans les meilleurs délais, pour parvenir à des conclusions emportant l’adhésion de toutes les parties concernées, sous l’égide du gouvernement de transition.

Le coup d’Etat du 3 août 2005 a eu lieu dans un contexte international difficile où cette forme de prise de pouvoir engendre, généralement, des sanctions pouvant être particulièrement préjudiciables à la vie des populations et à l’économie du pays. Il n’y a pas d’autre voie, pour éviter une situation aussi dramatique que celle du consensus entre les principaux acteurs de la scène publique.

Le Président du Conseil a commencé à dresser un bilan rétrospectif de l’expérience de notre pays qui mérite d’être approfondi. Il y va de notre besoin d’assurer l’unité de notre peuple et de l’ensemble des forces vives du pays. Les conditions d’existence de l’immense majorité du peuple sont inquiétantes, en particulier avec la famine qui sévit dans les campagnes et les grandes agglomérations. La déliquescence des piliers de l’Etat, la corruption qui gangrène l’administration, la justice, la police, menacent l’existence du pays. L’économie est sous l’emprise de groupes de plus en plus restreints dont certains s’engagent dans des pratiques maffieuses avérées. Nous devons, avec courage et détermination, avoir en vue cette situation d’ensemble, afin de trouver un début de solutions viables et durables à ces questions fondamentales. La propension, au niveau de certaines formations politiques, à croire que le moment est venu de s’emparer et s’approprier du pouvoir de manière solitaire, est une démarche particulièrement dangereuse pour la transition. C’est là l’une des sources de la crise et de l’instabilité endémique de nombreux pays africains. Nous devrions nous en prémunir, en privilégiant le dialogue et l’esprit de compromis.

Ensemble, sur des bases consensuelles minimales, dans un cadre de concertation convenu entre l’ensemble des forces vives du pays, il est possible d’engager le pays dans une transition dont l’issue sera salutaire pour tous et pour chacun. A nous tous d’y travailler !

Nouakchott, le 08 Août 2005-08-08

La Présidence


Pour une transition concertée et consensuelle

 

Depuis son installation, le nouveau régime militaire a adopté une série de décisions et annoncé des mesures concernant la vie politique et institutionnelle du pays sans concertation ni discussion préalable avec les acteurs politiques et ceux de la société civile, en dépit des attentes et des sollicitations de l’opinion publique nationale et internationale. La persistance du nouveau régime dans cette politique unilatérale des faits accomplis conduirait le pays vers son complet isolement international, ouvrirait la voie aux règlements de compte et déboucherait à plus ou moins brève échéance sur le chaos.

L’expérience de notre propre pays et celle de nombreux autres pays frères en Afrique et dans le monde montre clairement que dans des situations de crise profonde comparable à celle que vit notre peuple, il n’y a pas d’autre issue que celle des négociations et du compromis.

Pour l’UFP, l’exigence politique principale dans la conjoncture actuelle demeure pour le nouveau régime militaire en place, pour les partis politiques et pour tous les acteurs de la vie publique, l’ouverture d’une large concertation sans exclusive en vue de créer un climat favorable à l’instauration d’un cadre juridique et institutionnel assurant une transition démocratique dans la stabilité et la concorde nationale.

N’ayant pas réussi à ce jour, malgré tous ses efforts, à amener l’ensemble des partis de l’ancienne opposition au régime déchu à définir en commun une ligne de conduite sur une base minimale dans la situation pleine d’incertitudes que nous vivons actuellement, l’UFP propose à tous les acteurs de la vie politique, économique et sociale du pays, les mesures essentielles et urgentes suivantes :

  1. L’adoption d’un accord de transition démocratique entre le nouveau régime et les acteurs politiques

  2. la mise en place d’un gouvernement de large consensus supplantant celui en place dont la corruption, l’incapacité à gérer le pays et la non représentativité sont notoires.

Ce gouvernement de large consensus devra être représentatif de la scène publique du pays tant dans sa composition que dans ses méthodes de travail.

Sous l’autorité du nouveau Conseil militaire, ce gouvernement de large consensus, dirigé par une personnalité crédible et intègre, aura pour mission :

- de gérer les affaires courantes du pays

- d’organiser un referendum constitutionnel sur les futures institutions du pays

- d’élaborer et de proposer au Conseil militaire l’adoption des lois nécessaires à une véritable normalisation démocratique du pays.

- de prendre les mesures nécessaires à la réconciliation nationale ( amnistie générale, retour des déportés et réparations requises …)

- d’organiser des élections libres, démocratiques et transparentes pour les prochaines échéances électorales.

- D’assurer le respect de toutes les libertés démocratiques

3. Le maintien de l’Assemblée nationale actuelle pour la mise en forme des lois nécessaires à la période de transition conformément à l’accord de transition et qui entreprendra les reformes constitutionnelles nécessaires.

Notre parti estime qu’un compromis est vital pour le pays entre le Conseil militaire qui devra assumer la responsabilité de la préservation de la paix, de la sécurité du pays ainsi que le respect de ses engagements internationaux et le Gouvernement de large consensus préconisé.

Seul ce compromis permettra de lever l’hypothèque des conflits d’intérêts et des règlements de compte de toute nature qui risquent de mener le pays au chaos et de prévenir l’isolement suicidaire autrement inéluctable de la Mauritanie dans la région et dans le reste du monde.

 

Nouakchott, le 05 août 2005

La Présidence


Déclaration à propos du coup d’État du 3 août 2005

 

Ce mercredi 3 août 2005, au petit matin, un changement par la force est intervenu au plus haut sommet de l’État, et une partie, au moins, des forces armées nationales a pris le pouvoir.

Selon les informations dont nous disposons, aucune mort ne serait à déplorer. L’Union des Forces de Progrès prend acte de ce fait, et formule le souhait que le sang du peuple mauritanien continue à être préservé, et que le changement opéré n’ouvre pas la voie à des violences et à des règlements de comptes préjudiciables aux principes de justice et aux exigences de paix civile et de normalisation démocratique que les citoyens mauritaniens appellent de tous leurs vœux.

Depuis plusieurs années, notre pays vit une crise profonde qui a entraîné une dangereuse instabilité, et qui a débouché, à deux ou trois reprises, sur des situations de ruptures violentes.

Soucieuse des intérêts supérieurs de la Nation, l’Union des Forces de Progrès a, de tout temps, préconisé la mise en œuvre de réformes consensuelles, dans une perspective de transition démocratique et pacifique.

L’UFP a toujours proclamé son opposition de principe aux coups d’État et autres actes violents – quelles que soient les intentions de leurs auteurs – ainsi qu’aux régimes d’exception, comme solutions aux crises que traverse notre pays.

Face à la gravité de la situation, aux dangers dont elle est porteuse et à la nécessité d’une sortie de crise allant dans le sens des intérêts de la Nation, l’Union des Forces de Progrès en appelle :

1- au respect du cadre républicain de l’État

2- à la constitution d’un gouvernement d’union nationale consensuel, de transition, représentatif de l’échiquier politique, qui aurait la charge d’élaborer et de mettre en œuvre les réformes qu’exige la situation du pays.

L’UFP lance un appel solennel à tous les acteurs de la scène nationale, aux partis politiques et aux auteurs du coup d’État en particulier, afin qu’ils engagent une large concertation dans cette perspective.

L’UFP exhorte l’ensemble du peuple et tous les amis de la Mauritanie, à travers le monde, à œuvrer à la préservation de l’unité nationale, et à contribuer activement à l’instauration d’une transition démocratique et consensuelle.

Nouakchott, 3 août 2005

La Présidence de l’UFP


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