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Nouakchott Info Quotidien du 01 septembre 2005
NOUAKCHOTT-INFO : Le conseil des ministres vient de rendre public un décret portant institution d’un comité interministériel pour le processus de transition démocratique. La concertation avec les partis politiques et les organisations de la société civile est traitée dans le même décret. Qu’en pensez-vous ? BBM : C’est l’un des décrets les plus importants de la transition. A vrai dire nous avions espéré être consultés avant qu’il ne soit pris, afin que l’ensemble des parties prenantes de la scène publique se sentent engagées par son contenu et ses implications. Maintenant qu’il est rendu public, permettez-moi quelques commentaires. Nous savons à quels enjeux notre pays est confronté, ainsi que les difficultés immenses auxquelles les autorités font face. Comme tous les dignes fils de ce pays, nous leur souhaitons plein succès dans la gestion des affaires du pays. En même temps, par honnêteté intellectuelle et par devoir patriotique, nous sommes tenus d’exprimer ouvertement notre point de vue lorsqu’il nous semble que les décisions prises vont dans le bon sens ou comportent des insuffisances notables. Ainsi, le Conseil interministériel prévu par le décret n° 2005-077/PM « a pour mission de superviser, impulser, programmer et suivre le processus visant à instaurer un système démocratique transparent et durable… » Cette mission est-elle compatible avec l’institution d’une Commission nationale électorale indépendante ? C’est, franchement, difficile à dire. Comment la Commission peut-elle travailler en toute indépendance lorsque la mission de supervision, d’impulsion, de programmation et de suivi du processus dans son ensemble revient au Conseil interministériel ? Nous avons interrogé nos spécialistes en droit constitutionnel qui ne tarderont pas à nous édifier scientifiquement en la matière et dans les meilleurs délais. Venons-en à la concertation avec les partis politiques et les associations de la société civile. La question est traitée aux articles 4 et 5 du décret. L’article 5, supposé définir les conditions de cette concertation reste muet, se contentant d’énumérer les partis et associations visés par les articles 2 et 4. C’est vraiment inquiétant. En effet, ou bien on considère que la transition, sous la direction du Conseil militaire, doit être conduite sur la base d’un consensus national, par l’ensemble des parties prenantes de la scène publique, c’est-à-dire le gouvernement, les partis politiques et les associations de la société civile. Ou alors, on considère qu’elle relève de la gestion unilatérale du Conseil militaire et du gouvernement. Dans le premier cas, entre partenaires, il aurait été logique que l’on s’accordât sur une feuille de route et le cadre adéquat pour en assurer le suivi et la mise en œuvre. En négligeant cette option dans le contenu de ses articles, le décret autorise à penser que le mot de « concertation » employé est inadéquat. Il ne peut s’agir, en l’occurrence que d’une « consultation » avec les partis politiques et les associations de la société civile. Dans les entretiens que nous avons eus avec les plus hautes autorités du pays, nous avions craint que l’appel à notre confiance ne signifie l’acceptation d’une gestion unilatérale de la transition par le Conseil militaire et le gouvernement. Nous n’avons pas manqué de préciser notre pensée et d’avancer des propositions concrètes pour l’adoption d’une feuille de route et d’un cadre permanent pour en assurer le suivi et la mise en œuvre. L’expérience de la gestion consensuelle de la transition au Mali et de la gestion unilatérale en Côte d’Ivoire devraient nous servir de leçon pour nous garder, pendant qu’il est temps, de la seconde option. Les plus hautes autorités du pays, l’opinion publique, les partis politiques et les associations de la société civile ont le devoir de se déterminer et de peser sur les choix à prendre, lesquels seront déterminants pour la transition et la nature du système politique qui sera mis en place.
NOUAKCHOTT-INFO : Votre parti, l’UFP, avait souhaité la création d’un gouvernement de consensus national. Ce qui n’a pas été le cas. Quelle appréciation faites-vous des nominations que le CMJD a entreprises au gouvernement et dans l’administration ? BBM : Elles suscitent en moi beaucoup d’interrogations. L’UFP avait proposé la formation d’un gouvernement d’union nationale, reflétant la diversité du paysage politique et suffisamment représentatif. Le Conseil Militaire a choisi de procéder autrement et, finalement, il a choisi un premier ministre qui fut secrétaire général du PRDS (aux moments les plus âpres de la confrontation entre le pouvoir d’alors et l’opposition) et qui, à plusieurs reprises, exerça les plus hautes fonctions auprès de M. Maouiya. Parmi les autres membres du gouvernement, on compte une ancienne secrétaire fédérale et d’anciens responsables de second rang du PRDS. S’il est vrai qu’en dehors des cadres de l’opposition, l’immense majorité des cadres mauritaniens étaient dans l’obligation d’adhérer au parti au pouvoir sous peine d’être marginalisés, cela ne saurait nullement suffire pour expliquer la composition du gouvernement. Pour les dernières nominations, nous sommes obligés de constater d’abord que les critères qui ont conduit à la décision sont fort éloignés de ceux qui auraient dû prévaloir lorsqu’on se soucie de la transparence et de l’équité, à savoir : la compétence, l’expérience et l’intégrité. Pour citer un exemple, l’un de ceux qui ont été promus a été remercié pour incompétence et mauvaise gestion, sans parler de ceux dont l’expérience ne justifie pas la promotion à des responsabilités aussi élevées. Par ailleurs, il est remarquable qu’aucun cadre de l’ancienne opposition, ou quelque peu proche, n’a été choisi. Ce serait très grave si cette pratique se poursuivait à l’avenir. Elle introduirait de sérieux doutes quant à la neutralité des nouvelles autorités à l’égard des familles politiques en présence dans notre pays et pourrait même laisser penser que l’objectif véritable est de préparer les conditions légales de la reproduction de l’ancien système (dont les fondements demeurent encore en place) au lieu de le réformer profondément. En reproduisant les mêmes pratiques dans le choix des cadres de la haute administration, il n’y a aucun espoir de voir les réformes promises enfanter le régime démocratique auquel le peuple mauritanien aspire tant. Il y va du respect des engagements pris par les plus hautes autorités du pays. Permettez-moi d’attirer l’attention de l’opinion publique et de ceux qui exercent le pouvoir suprême sur la gravité des choix discriminatoires, surtout lorsqu’ils ne tiennent compte ni de l’expérience, ni de la compétence des cadres, encore moins de leur intégrité. Sans aucun doute, il y a parmi nos concitoyens des femmes et des hommes de valeur, qu’ils soient indépendants, technocrates ou qu’ils appartiennent aux diverses familles politiques. Il est possible de les mettre à contribution, il est indispensable de faire appel à eux pour assurer le respect des engagements pris, sans discrimination, sur la base de critères transparents, en leur garantissant la liberté du choix politique. Nous continuons à accorder notre crédit de bonne foi aux nouvelles autorités, en souhaitant que les inflexions nécessaires soient entreprises, pour davantage de rigueur et de professionnalisme.
NOUAKCHOTT-INFO : Nous avons constaté un vide politique depuis le 3 août 2005, en ce sens qu’aucun meeting n’a été organisé, et que tous les partis politiques se ruent vers le CMJD. L’UFP n’a pas été en reste. Pourquoi ? BMB : Vos propos sont très sévères à l’égard des partis politiques et vous n’avez pas tort par certains côtés. L’APP a tenu un meeting, le RFD des rassemblements, l’UFP des conférences publiques et des rencontres internes... Mais, d’une manière générale, nous n’avons pas, en tant que partis politiques, été à la hauteur de la situation historique actuelle. Ainsi, par exemple, la direction que prendra la transition sera largement conditionnée par le niveau de mobilisation et de solidarité des partis politiques et des associations de la société civile. Le temps passe et cette mobilisation et cette solidarité se font encore entendre. L’un des décrets les plus importants de la transition a été édicté et les réactions critiques et constructives se font attendre alors qu’il y va de la place et du rôle qui doivent revenir aux partis et autres associations de la société civile, en tant que partenaires du pouvoir pour une transition consensuelle. Quand au fait de savoir si les partis politiques « se ruent vers le CMJD », je ne puis répondre pour les autres. En tout cas ce n’est pas le cas pour l'UFP : Nous n’avons jamais été des laudateurs et nous ne le serons jamais. Le sens du patriotisme nous impose un comportement positif pour la transition : Nous déployons le maximum d’efforts pour y parvenir, en soutenant ce qui nous semble aller dans la bonne direction, en critiquant ce qui nous semble erroné. Nous sommes aujourd’hui sollicités dans plusieurs directions, internes et externes. Nous tentons d’y faire face avec la modestie de nos moyens. Soyez assurés que c’est l’unique raison qui explique notre déficience sur certains fronts. Si nous nous donnions la main, l’UFP et les autres partis démocratiques et progressistes, nous serions parvenus à de meilleurs résultats. La responsabilité est certainement partagée mais nous ne croyons pas en assumer la part la plus importante, étant donnés les efforts que nous continuons à déployer dans cette direction depuis le 4 août 2005. Eveil-Hebdo n° 597 du mardi 06 septembre 2005
Dans notre précédente édition, nous avons publié une interview du premier vice-président de l’UFP, Boubacar Moussa. L’interview était intitulée: «La question de la cohabitation ne devrait pas être à l’ordre du jour». Malheureusement, cette citation ne se retrouve nulle part dans l’interview en question. On a cru bien faire en résumant le passage pour le mettre sur le compte de la personne interviewée. Nous regrettons vivement cette mauvaise interprétation tout en réaffirmant que notre objectif demeure toujours le même : informer correctement nos lecteurs. Wane Abdoulaye A L'Eveil-Hebdo n° 596 du 30 août 2005
"la question de la coexistence entre les différentes communautés ne devrait pas être à l’ordre du jour" Eveil-Hebdo : Déclaration de Dakar. Pourquoi polémiquer autour d’un événement, globalement, positif? B.B.M : Vous savez, les Mauritaniens sont toujours prompts à polémiquer à la fois au niveau de la presse et de la classe politique. Je crois que c’est un jeu mauritanien. Il faut se faire avec et le considérer sportivement. Mais lorsqu’on est sage et responsable par rapport à la situation, il n’y a aucune raison de polémiquer. E-H : Vous dites que c’est un jeu, mais un pays peut-il se construire dans cet état d’esprit ? Ou ne pensez-vous pas que l’heure est si importante pour être sérieux ? B.B.M : Non, pas dans ce jeu là. Il ne peut se construire que dans la sagesse et la responsabilité et à condition aussi que les différentes parties prenantes soient à la mesure des exigences historiques qui sont les leurs. Ce n’est pas donné à tout le monde. Mais je sais que le pouvoir mauritanien, les partis politiques et la société civile peuvent se secouer et mettre de côté cet esprit de polémique en vue de bâtir l’unité nationale. E-H : Votre parti est le premier à monter au créneau pour critiquer vivement la déclaration de Dakar. Pourquoi ? B.B.M : Ah ! non. Vous vous trompez. Nous avons soutenu le contenu de la déclaration qu’ils ont faite. Il y a un quiproquo. Parce que cette déclaration est d’accord sur la nécessité d’une feuille de route pour la transition que nous soutenons et de la mise en place d’un comité de concertation permanent pour son suivi et sa mise en œuvre. Non, ce n’est pas sur cette question qu’il y a des différences d’appréciation. Nous n’avons jamais dit que des opposants mauritaniens à l’extérieur ne pouvaient pas se rencontrer pour discuter des problèmes du pays. Le différend se porte sur la chose suivante. On nous a invités, en tant qu’opposition à l’intérieur et d’autres partis politiques à Dakar pour discuter des problèmes essentiels qui se posent au pays au lendemain du coup d’Etat. Et ceci, en nous disant qu’en même temps, nous devions solliciter le soutien du président de la République du Sénégal. Nous avons répondu que lorsqu’il y a des problèmes à l’intérieur d’une famille, la première chose à faire, c’est de se rencontrer, en tant que membres de cette famille, dans la concession familiale, pour discuter des différends en vue de leur trouver des solutions possibles. C’est seulement lorsque nous nous avérerons incapables de trouver nous-mêmes leurs solutions, qu’éventuellement nous pouvons envisager la possibilité de faire recours à un oncle, une tente, un voisin ou à un ami. E-H : D’où vous vient cette invitation dont vous parlez ? B.B.M : C’est un opposant mauritanien vivant à l’extérieur qui nous a touché. E-H : Qui, nommément ? B.B.M : Moustapha Ould Limam Chaa’fi E-H : Restons sur la déclaration, beaucoup de Mauritaniens ont mal compris la position de votre parti dans cette affaire, car l’UFP a toujours estimé faire du dialogue un axe privilégié de sa politique. Que répondez-vous? B.B.M : Nous avons tenu une réunion immédiatement après l’invitation à Dakar pour déterminer ses tenants et ses aboutissants qui consistaient à vouloir réunir à l’extérieur à la fois les opposants mauritaniens de l’extérieur et ceux de l’intérieur et faire intervenir Me Wade pour nous aider à résoudre les problèmes. Cette situation a eu lieu avant la déclaration. Mais ils ont le droit de se réunir où ils veulent. E-H : Votre président a insisté sur le fait que les problèmes mauritaniens se discutent en Mauritanie et, seulement, en Mauritanie? B.B.M : C’est un mensonge. Ce n’est pas après la déclaration, qu’il a tenu de tels propos. Bien avant, parce que notre parti, comprenez cela, soutient le contenu de la déclaration. Il l’a dit avant que la déclaration n’ait lieu et dans l’esprit que je vous ai expliqué. Les problèmes de la Mauritanie doivent se discuter d’abord entre Mauritaniens. Mais avant d’en parler à d’autres pour leur demander d’intervenir, retrouvons-nous entre nous chez nous. E-H : on dirait que dans les premiers jours du putsch, l’opposition intérieure a manqué d’initiative. Elle s’était mise plutôt à saluer l’action des forces armées, au lieu de poser les problèmes pendant qu’il est temps. Certains pensent que c’est dans cette parade qu’on vous a volé la vedette. Qu’en dites-vous ? B.B.M : Comment ? Vous n’avez pas lu l’interview que j’ai accordée à Nouakchott-Infos ? Lisez-la et vous vous rendrez compte que nous avons posé le problème de la feuille de route, la création d’un comité permanent et ensuite la question de l’apaisement et de la réconciliation nationale autour de deux points, c’est-à-dire l’amnistie pour l’ensemble des opposants incriminés de manière, plus ou moins, proche avec les événements de 2003 et ceux de 2004. Mais également et surtout la nécessité d’inscrire à l’ordre du jour la question des événements de 1989, pour guérir les plaies et les blessures que les circonstances actuelles et la transition permettent. Poser aussi le problème de débat de société sur la manière dont les Négro-africains et les Arabes du pays peuvent vivre différents. Toutefois, nous avons proposé que ce débat de société soit reporté au lendemain de la transition pour être traité dans des conditions de sérénité et d’institutions qui permettent de trouver des solutions durables. E-H : Pourtant c’est une question cruciale dont le règlement immédiat est important. B.B.M : Mais elle est insoluble durant la transition. On ne doit pas caresser les points de vue erronés de l’opinion publique nationale. Lorsqu’on est un parti politique, on doit être sage et avoir la force de dire à cette opinion ce qui est possible de faire et ce qui ne l’est pas. Il est possible de guérir les blessures, de panser les plaies. Mais poser dans les conditions de la transition toutes les questions relatives à la coexistence entre les différentes communautés, alors que la transition, intervenue dans une atmosphère d’instabilité et de pressions à la fois intérieures et extérieures, durera 2 ans, au maximum, c’est même compromettre la possibilité pour les Mauritaniens de s’entendre et contribuer à aggraver l’instabilité. E-H : C’est dire donc que la junte militaire au pouvoir n’a pas la légitimité de résoudre ce problème? B.B.M : Ce n’est pas seulement qu’elle n’en a pas la légitimité. D’abord elle n’en a ni le temps ni les moyens. Premièrement, ce régime est issu d’un coup d’Etat et nous sommes contre ce mode d’arriver au pouvoir. Deuxièmement, il n’y a pas d’institutions stables et de cadres comme le sénat, l’assemblée nationale ou d’autres structures et commissions dans lesquelles les Mauritaniens se reconnaissent et par rapport auxquelles on aura déterminé des termes de référence en leur donnant le temps. Cela n’existe pas dans les conditions de la transition. E-H : On remarque que l’opposition à l’étranger est au devant de la scène politique nationale depuis le 3 août. Les partis politiques légalement constitués semblent être à la traîne. C’est ça qui explique la frustration de certains ? B.B.M : Rires. Je crois qu’on se trompe. Vous savez que nous sommes le premier parti à avoir pris position. C’était le 03 août. Alors je n’ai qu’à demander de vérifier la date de la déclaration de l’opposition à l’extérieur. E-H : Pourquoi jusqu’à présent l’opposition est dans la situation peu reluisante qu’on lui connaît ? Elle ne parle toujours pas d’une seule voix. B.B.M : C’est parce que l’opposition n’a pas été à la hauteur de la situation politique en tant qu’ensemble de différents partis. En tout cas, l’UFP en ce qui la concerne, a appelé dès le 4 août les partis politiques de l’opposition à se rencontrer pour unifier et mettre en cohérence leurs positions. Nous avons continué de le faire les 5 et 6 août. Mais faute d’avoir pu réunir les partis, nous avons fait notre déclaration le 8 de ce mois. E-H : Vous confirmez alors les divergences ? B.B.M : Non, vous savez qu’il y a des enjeux historiques à des moments déterminés. Ces enjeux obligent aujourd’hui l’opposition à prendre position et très vite parce que le temps nous est compté. Si elle n’a pas été à la hauteur, ce sont ses propres capacités qui sont mises en causes. Mais je ne crois pas qu’il existe de divergences parce que dans les premières démarches que nous avons effectuées, en particulier la rencontre que le président Mohamed Ould Maouloud et moi-même avons eu le mardi 23 août avec le président du RFD, Ahmed Ould Daddah, nous sommes arrivés à des conclusions communes. Il s’agissait de s’entendre sur la nécessité d’avoir une feuille de route et de mettre en place un comité de concertation pour assurer son suivi et sa mise en œuvre. Mais s’entendre aussi en troisième lieu sur la nécessité d’élargir ces démarches au niveau de tous les partenaires. E-H : Quelle serait, selon vous, la position idéale de l’opposition dans ces circonstances exceptionnelles ? B.B.M : C’est ce que je viens de dire. S’accorder au moins sur les trois conditions, notamment la feuille de route, la création du comité de concertation permanent, sa mise en œuvre et son suivi. Il sera également déterminant qu’on accorde les points de vue sur les réformes constitutionnelles, le code et les échéances électoraux, etc. Ce qui ne sera que le résultat de discussions qui devront être entreprises. E-H : Vous espérez que ça se fera sans mal et rapidement ? B.B.M : Certainement, dans une semaine au plus tard. E-H : Vous en avez la certitude ? B.B.M : La certitude, ah ! non. Mais l’espoir et la certitude qu’au moins 3 à 4 partis pourront effectivement se concerter pour arriver à des conclusions communes. E-H : Vous avez été reçu par le colonel Ely Ould Mohamed Vall, chef de l’Etat, au cours des séries d’audiences avec la classe politique nationale. Le président de votre parti, Ould Maouloud l’a été également mais plus tard. Certains pensent ainsi qu’il y a une personnalisation du parti. Pourquoi deux responsables de l’UFP, alors que tous les autres partis n’ont délégué qu’un seul représentant ? Ce sont des audiences avec les partis ou les individus ? B.B.M : Ceux qui ont cette interprétation n’ont pas bien compris. C’est au moment où le président Mohamed Ould Maouloud quittait l’hôpital national pour se rendre à la présidence de la République qu’on lui a annoncé en cours de route le décès de son frère suite à des blessures dans un accident. Immédiatement, il m’a téléphoné pour me dire qu’étant l’importance de cette rencontre avec le président du CMJD, qu’il fallait que j’aille, en tant premier vice-président du parti. Ainsi je suis allé pour recevoir le message du président et transmettre celui de l’UFP. Maintenant Mohamed Ould Maouloud a été reçu parce que le président du CMJD a jugé, personnellement, qu’il tenait à faire connaissance avec lui. Mais ils ne se sont pas entretenus des questions autres que celles dont il m’a informé. Le chef de l’Etat a surtout profité de l’occasion pour présenter ses condoléances au leader de notre parti. E-H : Il était donc suffisant que vous, en tant que vice-président, soyez reçu ? B.B.M : Non, ça c’est le jugement du président, du point de vue du message lui-même. Le chef de l’Etat se suffisait, absolument, du fait de m’avoir reçu parce que je suis le vice-président et représente mon parti. E-H : Quels sont les enjeux du moment ? B.B.M : Oh ! là là, c’est une vaste question, ça. A mon avis, il s’agit, entre autres, de réussir une transition qui préserve la Mauritanie des pressions intérieures et extérieures énormes qui pourraient remettre en cause son existence et son unité. Elles sont, ces pressions, à la fois intercommunautaires, tribales, régionales et militaires. Mais également des pressions extérieures liées à l’exploitation des richesses nationales et à leur partage. Vous savez que plusieurs puissances s’intéressent à la manne pétrolière. Des pressions liées aussi à la position stratégique de la Mauritanie dans le Maghreb où plusieurs pays cherchent à exercer leur hégémonie. Donc autant de poussées dangereuses auxquelles il faut faire face pour les maintenir dans des limites acceptables. Propos recueillis par Wane Abdoulaye A Nouakchott Info Quotidien n° 831 du 22 août 2005
Mohamed Ould Maouloud empêché, c'est le Premier Vice Président de l’UFP, Bâ Boubakar Moussa, qui a été reçu par le Président du CMJD dans le cadre du lancement du processus de concertation avec les partis politiques. Il nous fait dans cet entretien le compte rendu de sa rencontre avec le chef de l'Etat. Nouakchott-Info : M. le Président, vous venez de rencontrer le Président du Conseil Militaire, M. Ely Ould Mohamed Vall. Peut-on savoir quel était l'objet de cette rencontre ? Bâ Boubakar Moussa : En effet, sur la proposition du Président du Conseil de rencontrer l'ensemble des partis, je me suis entretenu avec lui le jeudi 18 août 2005, au nom de la direction de l'UFP - le Président Mohamed Ould Maouloud étant empêché du fait d'un deuil qui frappe sa famille. Le Président du Conseil Militaire était disposé au report de la rencontre, mais la direction du parti, en particulier son président, a voulu qu'il en soit autrement, du fait de l'importance de l'événement en rapport avec la situation particulière que traverse notre pays et qui demande des réponses urgentes.
NI : Pouvez-vous nous dire quel a été le contenu de la rencontre, en comparaison avec celle du 6 août avec l'ensemble des partis politiques ? BBM : C'est le Président du Conseil Militaire, naturellement, qui a introduit les échanges. Après m'avoir prié de transmettre ses condoléances au parti et au Président Mohamed Ould Maouloud, il a résumé, pour l'essentiel, l'allocution qu'il a prononcée devant les représentants des partis politiques, samedi 6 août 2005. Deux éléments essentiels, cependant, marquent la différence avec l'allocution du 6 août. D'abord son insistance sur l'importance des partis politiques et de la société civile dans le jeu démocratique, sur l'impérieuse nécessité de faire entendre leurs voix même quand ils sont minoritaires, à ceux qui exercent le pouvoir, afin qu'il en soit pleinement tenu compte dans la gestion des affaires du pays. Ensuite, le réalisme dans l'évaluation des résultats à attendre de la transition, étant donné les limites de temps, les contraintes et les multiples pressions en présence.
NI : Qu'avez-vous répondu à ses propos ? BBM : J'étais porteur d'un message de la direction de l'UFP. Je vais tenter de le résumer en quelques mots. Je l'ai d'abord remercié pour l'honneur qu'il nous fait de nous recevoir, pour la sollicitude qu'il a pour notre parti, suite à l'accident de la route et au décès du frère de notre Président. Je lui ai dit toute l'importance que l'UFP attache à cette rencontre, réunissant celui qui assume les charges suprêmes du pouvoir et le plus ancien parti politique du pays, héritier du MND, dont la boussole demeure les intérêts supérieurs du pays. J'ai poursuivi en esquissant les grandes lignes de notre analyse de la situation de la Mauritanie, les pressions internes (tribales, régionales, politiques, intercommunautaires et militaires), les pressions externes (relatives aux tentatives hégémoniques de certains de nos voisins, à nos richesses pétrolières et gazières, à la position stratégique de notre pays)... J'ai beaucoup insisté sur la responsabilité historique des autorités du pays et des partis politiques face à des risques d'instabilité, voire de situation chaotique, pour saisir les opportunités qui se présentent. Je n'ai pas manqué d'insister également sur l'importance pour nous des résultats de la rencontre, des conclusions partagées sur les questions essentielles du moment dont l'incidence pourrait être décisive sur l'avenir du pays. Fort de tout cela, j'ai avancé les propositions de l'UFP pour la transition : la nécessité d'un consensus minimal pour l'ensemble des parties prenantes de la scène publique (c'est-à-dire le Conseil Militaire, les partis politiques, les associations de la société civile et les leaders d'opinion) autour d'un programme centré sur les axes du discours du Président du 6 août, et la mise en place d'un cadre de concertation permanent entre les acteurs cités, complément naturel et indispensable à ce programme, pour en assurer le suivi et la mise en œuvre.
NI : Avez-vous eu quelques échanges sur les possibilités et les limites de la transition ? BBM : Nous sommes parvenus à la même compréhension des possibilités et des limites de la transition. Pour I'UFP, la transition, sur la base d'un programme et d'un cadre consensuels, pourrait réformer la constitution, créer les conditions nécessaires à des élections libres et transparentes, fixer les grandes lignes d'un cadre démocratique, apporter des pansements aux plaies de notre société, alléger les souffrances sans pouvoir les guérir.
NI : Avez-vous abordé quelques exemples concrets ? BBM : Oui ! Les événements de 1989-1991 et leurs conséquences. Je lui ai dit qu'il est possible, au cours de la transition, de résoudre la question des déportés, des fonctionnaires et militaires injustement sanctionnés, des veuves, etc. Je n’ai pas manqué d’ajouter, par contre que les débats portant sur les fondements de la coexistence entre les communautés de notre pays, exigent plus de temps pour être abordés et tenus dans la sérénité, avec toute la sagesse requise, en vue de refonder notre unité nationale sur des bases encore plus solides, reconnaissant l'égalité en droits et en devoirs de l'ensemble des communautés, des citoyens de toutes les conditions. Cela ne sera possible qu'après la transition. J'ai parlé des coups de force de 2003 et 2004 et de l'exigence d'une amnistie en faveur des prisonniers militaires et politiques et de tous ceux qui, de près ou de loin, ont été impliqués. Nous entendons ici et là évoquer l'exception de ceux qui ont commis des crimes de sang. Je ne voudrais pas dire que c'est un argument fallacieux mais il n'est ni consistant, ni convaincant. La réconciliation nationale, entre tous les Mauritaniens, quelque soit la nature des différends qui ont pu nous opposer, est indispensable. Si on introduit l'exception relative aux crimes de sang, on ne pourrait en exclure les événements 1989-1991. Plusieurs responsables qui exercent aujourd'hui le pouvoir seraient alors incriminés. Ce n'est pas le moment requis pour ouvrir l'ensemble des dossiers. Travaillons ensemble à en créer les conditions et, quand le moment sera venu, nous pourrons utilement recourir à l'expérience sud-africaine " Vérité-Réconciliation ". Le Président nous a répondu qu'il prenait bonne note de toutes les questions évoquées et a demandé que nous lui fassions confiance. Tout ce qu'il sera possible de faire au cours de la transition le sera, dans les limites des contraintes et des pressions diverses. Il a fait appel à notre sagesse, à notre sens politique et à notre réalisme, insistant sur l'importance de relations de concertation et d'échanges avec les partis politiques, sur des bases mutuellement avantageuses.
NI : D'autres questions ont-elle été abordées ? BBM : Sous l'insistance du Président qui nous a demandé de ne pas hésiter à lui dire ce qui va mal dans ce pays, nous avons attiré son attention sur quelques exemples choquants de la gestion des affaires du pays, comme l'existence de dérives maffieuses dans l'économie, la corruption de l'administration et de la police, la vente des passeports, etc. Etant donné les limites de temps, la liste est, inévitablement limitée. En nous quittant, nous avons tous les deux insisté sur la nécessité de nous revoir dans les meilleurs délais, pour approfondir les questions abordées et continuer nos échanges. Le Président nous a répondu qu'il prenait bonne note de toutes les questions évoquées et a demandé que nous lui fassions confiance. Tout ce qu'il sera possible de faire au cours de la transition le sera, dans les limites des contraintes et des pressions diverses. Il a fait appel à notre sagesse, à notre sens politique et à notre réalisme, insistant sur l'importance de relations de concertation et d'échanges avec les partis politiques, sur des bases mutuellement avantageuses.
NI : Question subsidiaire : que s'est-il passé à la rencontre de Dakar de l'opposition extérieure ? BBM : Notre camarade Lô Gourmo s'est rendu à Dakar au cours de la même période. Il a exprimé aux représentants de l'opposition en présence, en particulier aux "Cavaliers du changement" le point de vue de I'UFP. Ils ont pu se convaincre mutuellement qu'à l'étape actuelle, l'ensemble des acteurs de la scène publique doivent se rencontrer sur le territoire mauritanien et convenir d'un programme minimum consensuel pour la transition, et d'un cadre de concertation pour en assurer le suivi et la mise en œuvre. A cette fin, il est indispensable d'accorder l'amnistie à tous ceux qui, à l'intérieur et à l'extérieur, connaissent une situation qui les empêche de participer aux débats en cours. Une quasi-unanimité s'est faite autour de ce point de vue et nous avons convenu de rester en contact et de conjuguer nos efforts pour mettre en œuvre nos conclusions communes. Gourmo a profité de son séjour pour rencontrer les représentants des autorités sénégalaises, en particulier le ministre des affaires étrangères, nos amis et camarades de différents partis et de la société civile, pour leur expliquer le point de vue de notre parti qui a été bien accueilli par l'ensemble des interlocuteurs. Propos recueillis par Khalilou B. Diagana
MFO : Le Président du Conseil militaire a reçu les représentants des partis politiques. Pouvez-vous nous dire quelle est la quintessence de la rencontre ? BmB : Nous avons été effectivement reçus par M. Ely Ould Mohamed Fall, Président du Conseil militaire. Il est le seul à avoir pris la parole. Voici pour l’essentiel le résumé de ses propos. Il a commencé d’abord par nous expliquer qu’il nous rencontrait tous en même temps, au même lieu pour éviter tout quiproquo quant à l’indépendance du Conseil militaire par rapport à l’ensemble des courants politiques. Il nous a ensuite expliqué les raisons fondamentales du changement opéré, en procédant à un regard historique et rétrospectif de l’expérience politique dans notre pays, de 1960 à nos jours. Il n’a pas insisté sur l’expérience du parti unique avec le PPM, il a assimilé l’expérience des Structures d’Education des Masses, au lendemain du coup d’Etat militaire à celle du parti unique. Pour lui, le changement le plus notable a été la démocratisation et l’instauration du multipartisme. L’adoption d’une constitution, les présidentielles, les législatives, valent ce qu’elles valent, selon lui, mais elles constituent le changement le plus notable depuis l’indépendance. A son avis, le système portait, malheureusement, en lui-même, le germe de sa propre mort, car le secrétaire général du PRDS était en même temps le Président de la République. Dans la mesure donc où il était devenu impossible de procéder aux réformes nécessaires, pour éviter les scénarios à l’ivoirienne ou à la somalienne, il n’y avait d’autre issue que la voie qu’il a suivie. MFO : Que propose-t-il ? BmB : Il propose, selon ses propres termes, « de dégripper la machine », en procédant aux réformes constitutionnelles suivantes : 1°) Réduire le nombre de mandats présidentiels à deux, en adoptant des mesures garantissant l’impossibilité de manipuler la constitution par la suite. 2°) Une durée du mandat présidentiel de 4, 5 ou 6 ans. 3°) La suppression de l’article 104. MFO : Quelles garanties offre-t-il ? BmB : Sa parole et les actes qui vont suivre ! Le Président du Conseil militaire, les membres du Conseil, le Premier ministre, les membres du gouvernement, ne pourront se présenter ni à la présidentielle, ni aux législatives. Le Conseil et le gouvernement n’auront ni ne soutiendront aucun parti politique, aucun candidat. A la fin du processus électoral, le Conseil Militaire sera dissout. MFO : A-t-il précisé des délais ? BmB : Il prévoit la révision et l’adoption de la constitution dans un délai maximum d’un an et la tenue des élections présidentielles et législatives dans deux ans au plus tard. Une commission nationale électorale, dont les attributions seront précisées à la suite des débats avec l’ensemble des acteurs politiques, sera mise en place. MFO : Quelles appréciations portez-vous sur ces propos ? BmB : Au nom de l’UFP, je me félicite des engagements clairs et précis pris par le Président du Conseil militaire, dans un style empreint de modestie et de sincérité. L’UFP soutient ces engagements et prie l’ensemble des acteurs de la scène publique de s’associer à elle, ainsi qu’au Conseil militaire, pour que ces engagements prennent la forme d’un accord programme pour la gestion de la transition. En effet, malgré les élans généreux et sincères du Président du Conseil Militaire, il convient de noter que l’une des leçons essentielles de l’expérience politique depuis 1978, c’est l’incapacité des régimes qui se sont succédés de procéder au dialogue, à la recherche du compromis et du consensus pour préserver la paix civile et garantir un minimum de stabilité. Pour la paix civile et la stabilité, nous avons besoin d’un engagement formel de la part de l’ensemble des parties prenantes de la scène publique. - Les acteurs politiques qui croient que le moment est venu pour eux d’aller, de manière solitaire, à l’assaut du pouvoir, sans se soucier de la recherche d’un consensus minimal, font courir de graves risques à notre pays. Ce sont les pressions multiples, régionales, tribales et politiciennes qui expliquent l’instabilité et les risques de chaos que coure notre pays. Tout le monde sait que des puissances extérieures sont en compétition pour le contrôle des richesses pétrolières et gazières de notre pays. Je n’évoque pas la question du Sahara occidental et les enjeux régionaux et internationaux majeurs liés à ce conflit. Aucun d’entre nous ne saura assurer son salut propre dans la recherche de la satisfaction de ses seuls intérêts. Le salut pour nous tous et pour chacun d’entre nous pris séparément se trouve dans le consensus pour la conduite de la transition. MFO : Est-ce vraiment suffisant ? BmB : Loin de là ! Nous avons impérieusement besoin d’un cadre de concertation dans lequel les partis prenantes essentielles de la scène publique peuvent se consulter, débattre, convenir de décisions engageant les unes et les autres. L’exemple du Mali, à cet égard, est très édifiant et mérite qu’on l’étudie de près. En tout état de cause, c’est de la responsabilité de tous d’y travailler, en premier lieu le Président du Conseil, car, comme l’UFP, il est certainement sincère dans son désir d’établir dans notre pays un système démocratique apaisé. MFO : Le pays traverse une crise profonde, malgré l’espoir de lendemains meilleurs, il y a des questions essentielles que ni le Président lors de la rencontre, ni vous-mêmes dans cette interview n’avez encore abordées… BmB : Vous avez tout à fait raison. Les accents de sincérité du Président du Conseil militaire, à mon humble avis doivent aller plus loin. Notre pays en a besoin. Nous avons besoin de restaurer la confiance entre les Mauritaniens et, pour cela, il s’impose, au nom de l’Etat, de demander pardon pour tous les crimes de droits humains qui ont été commis en 1989, sur la base du principe vérité-pardon et réconciliation nationale. La justice et l’administration sont gangrenées par la corruption, les détournements des deniers publics. Des secteurs maffieux de l’économie commencent à pointer du nez de manière inquiétante. L’euphorie du changement ne doit pas nous enivrer au point de perdre notre sens d’une évaluation objective de la situation, des mesures de redressement profondes et salutaires à prendre. MFO : N’êtes-vous pas sévères dans vos critiques, au risque de paraître plus complaisants à l’égard du régime déchu ? BmB : Mohamed Fall, je suis parfaitement à l’aise ! Le Président du Conseil, M. Ely Ould Moahamed Fall et ses amis proches peuvent en témoigner. Dans nos rapports avec M.. Maaouiya, nous avons toujours mis en avant les intérêts suprêmes du pays, prônant la recherche du compromis et du consensus par le dialogue, en vue de préserver la paix civile et d’éviter les situations chaotiques. Au cours de l’année écoulée, nous avons inlassablement appelé à des réformes profondes pour surmonter la crise. Nous n’avons jamais soutenu les fondements de sa politique. Réalistes dans l’appréciation du rapport des forces, nous avons, invariablement, demandé des réformes progressives, susceptibles d’offrir, à terme, la possibilité de s’engager dans des actions historiques indépendantes, c’est-à-dire, le changement de régime politique. C’est dans vos colonnes mêmes que j’ai prononcé cette formule, à la virgule près ! - Aujourd’hui, le Président du Conseil s’engage à promouvoir les revendications de l’ancienne opposition. Nous croyons à sa sincérité mais, pour un parti politique comme le nôtre, le crédit de la bonne foi doit s’accompagner en même temps de la vigilance. Notre discours n’a pas changé. Il n’y a pas de salut possible pour la Mauritanie autre que le consensus dans la gestion des enjeux majeurs du moment, c’est-à-dire la transition. Quel piètre partenaire que celui qui choisit de se transformer en laudateur ! Il n’en a jamais été ainsi pour l’UFP, il n’en sera jamais. Mus par les intérêts suprêmes de notre peuple, nous sommes disposés, à participer à la recherche de solutions consensuelles aux préoccupations majeures des Mauritaniens, sur la base de l’indépendance et du respect, de l’expression libre de nos points de vue. MFO : Une dernière question. Où en sont vos rapport avec les autres partis de l’ancienne opposition ? BmB : Nous continuons à entretenir de bons rapports bilatéraux avec les uns et les autres. Cependant, depuis le coup d’Etat, nous tentons, vainement, avec le PCDM et le Front Populaire, de les réunir tous pour définir une position commune minimale, face aux événements et par rapport au programme et mesures de concertation pour la transition qui s’ouvre. Force est de constater, qu’ils rechignent à répondre à notre sollicitation, et qu’ils prennent des déclarations dans lesquelles ils soutiennent le nouveau régime, sans se soucier de la nécessité d’un consensus minimal, encore moins des exigences de la concertation pour une gestion partagée de la transition. En se comportant ainsi, ils signent, pratiquement, un chèque en blanc au nouveau régime ! C’est une lourde responsabilité historique qu’ils prennent, s’ils ne se ressaisissent pas, en reprenant le chemin de la concertation et du dialogue avec l’ensemble des acteurs de la vie publique du pays. |
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