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Un échec pour les Indépendants!
Sous réserve du rejet par la commission administrative de validation de certaines listes, ces dernières auront atteint le nombre record de 1.264 listes candidates. Contrairement à l'idée répandue, les partis politiques et les coalitions de partis se taillent la part du lion sur l'échiquier des candidatures tout au moins. Ainsi sur les 1 264 listes candidates au moins 890 d'entre elles émanent de structures politiques alors que seules 374 listes sont indépendantes. C'est loin, sans présager des résultats éventuels des élections du 1 9 novembre, de la psychose que les partis politiques entretenaient autour de l'immixtion de cette mouvance, elle-même suscitée par " l'ingérence des autorités de transition".
Le RFD sort du lot En haut du tableau des partis ayant dépose ie maximum de candidatures se trouve le Rassemblement des Forces Démocratiques [RFD]. Il survole l'ensemble des autres partis, se permettant au passage de doubler le nombre de candidatures déposées par le PRDR, preuve s'il en était que les temps changent. Le PRDR, héritier de la formation de l'ancien président Ould Taya, soupçonné par la junte militaire de constituer la face cachée de l'ancien président, était depuis longtemps la bête à abattre. Chose à laquelle, les militaires n'ont pas été très regardants au départ avant de tenter de le pousser vers le ravin. Cela a pris récemment la forme de "l'ingérence" des autorités de transition que le SG Sidi Mohamed Ould Mohamed Vall, alias Ghrini, avait identifié comme destinée à déstabiliser sa propre formation au sein de laquelle les "Indépendants " étaient encouragés. Sur le terrain en tout cas, cela se vérifie car le PRDR qui, en toute logique, devait continuer de rassembler quelques forces ne serait-ce que dans les contrées reculées où il avait assis son hégémonie depuis des décades, n'est plus que l'ombre de lui-même. Sa cure d'amaigrissement est telle qu'il se fait devancer encore par l'UDP (93 listes], par l'UFP [82 listes] et même par l'APP [77 listes]. Le PRDR atterrit au sixième palier, le même que celui du RDU [73 listes).
L'UDP marque son terrain L'UDP éternelle surprise des élections sait encore ménager sa monture. Deuxième formation par le nombre de ces députés sous l'ancien régime, elle reste une force tranquille. L'UDP, seul parti dirigé pan une femme, honni par la CFCD, qui l'a poussé à la porte, et qui est resté loin du regroupement national pour la défense de la Démocratie (CFCD et ancienne majorité présidentielle] dans son bras de fer avec les autorités de transition, semble tirer son épingle du jeu. Elle présente 16 listes au Gorgol, sapant ainsi la première place à tout le monde. Elle est seconde par le nombre des listes déposées sur l'ensemble du territoire national, mais a misé gros sur la vallée, devenue l'un de ses bastions, où elle recrute souvent son électorat. Va-t-elle y parvenir encore ? L'Union des Forces du Progrès avec ses 82 listes caracole troisième sur ce podium. Le parti a déposé des listes dans toutes les régions sauf en Inchiri. L'UFP est en tête dans la région du Ghidimagha avec 14 listes déposées. Le parti de Ould Maouloud est talonné par l'Alliance Populaire Progressiste (77 listes] de Massaoud Ould Boulkheir dont trois listes auraient été rejetées d'emblée par le hakem de Timbedra au motif que la connotation raciale y est trop marquée.
L'Alternative confirme ses ambitions Parmi les formations venues après le putsch qui a emporté l'ancien président Ould Taya, l'Alternative semble, à en juger par le nombre de listes déposées [62], la mieux lotie. Hatem (PMUC) est en seconde position dans cette seconde frange des formations politiques. L'Alternative est encore suivie mais de très loin par l'UCD (37 listes), essentiellement au Hodh El Gharbi et le Renouveau démocratique de Moustapha Ould Abeiderrahmane, avec une liste en moins. Ensuite viennent le Rassemblement pour la Mauritanie (Temam] avec 33 listes, le Front Populaire [27 listes), Sawab avec 21 listes, le PSD, avec 11 listes et enfin l'AJD avec 9 listes.
Les petites formations elles n'ont pas pu faire mieux qu'elles ne faisaient sous Taya. Le PLEJ avec 6 listes sur l'ensemble du territoire national est en poolpo-sition suivi du PMRC (5), de l'UNDD, du RNUJ (4), du PCD (4) et du PMDE (3) etc.
Coalition de partis Pour s'arroger le maximum de conseillers municipaux, les partis politiques ont formé quelques coalitions, parfois même avec les indépendants qu'ils guerroyaient verbalement. Dans ce registre, aucune logique n'est respectée. Des coalitions tous azimuts sont enregistrées ici et la sans véritables accointances excepté le résultat escompté. Le RFD est ainsi le champion des coalitions s'associant avec l'Ufp, l'APP et même le RDU ou encore l'Alternative. Vingt-deux coalitions sont ainsi enregistrées sur l'ensemble du territoire national. JD
Un échec pour les Indépendants!
Le Ministère de l'Intérieur, des Postes et Télécommunications a rendu public un communiqué dans lequel il affirme que les dépôts des candidatures à l'élection municipale de novembre prochain ont atteint, au niveau des 216 communes du pays, 1.264 listes candidates, dont 374 indépendantes.
La première lecture de ces chiffres qui en disent long sur les effets réels du phénomène des candidatures indépendantes perçu jusque là comme un véritable Tsunami devant vider les partis politiques de leurs adhérents, est qu'il y a eu plus de peur que de mal, 890 listes candidates étant déposées par 25 partis politiques et 22 coalitions de partis dont 3 avec les indépendants.
Mieux, en constituant, toutes espèces confondues, 27,7% du nombre de listes candidates, les Indépendants ont été incapables de réussir la mission qui leur a été assignée, à savoir devenir une force majoritaire et prédominante dans le jeu politique. Surtout que sur les 374 listes indépendantes il va falloir déduire celles des Réformateurs Centristes [les Islamistes] et les Flam-Rénovation qui auront déposé au moins une soixantaine de listes candidates. C'est dire que même s'il est trop tôt pour chanter victoire pour les partis politiques parce qu'ils ont su tenir le coup devant la vraie fausse déferlante des Indépendants, malgré un climat hostile (le manque de temps pour combler le vide laissé par les départs de leurs adhérents choisissant d'aller en solo et un délai légal réservé au dépôt des listes candidates pour ces élections de 10 jours qui s'achève le 30 septembre], il ne fait pas l'ombre d'un doute que les Indépendants ont essuyé un cuisant échec et que les formations politiques ont pu contenir voire amortir leur vague.
Bien évidemment tout n’est pas gagné d'avances car les commissions administratives procéderont à l'examen de ces listes entre les 30 septembre et 10 octobre 2006 afin de valider et retenir les listes devant aller en compétions pour le scrutin municipal du 19 novembre 2006.
Mais déjà, les chiffres ont parlé pour dire combien les candidatures indépendantes, même porteuses de voix, ne sauraient remplacer les partis politiques ni être une force sur laquelle il faut compter pour instaurer une démocratie ou avoir une majorité réconfortante. Certes, une nouvelle recomposition du paysage politique semble s'imposer d'ores et déjà, plaçant, au vu du nombre de leurs candidats, certaines formations politiques en tête du peloton devant d'anciens éternels premiers, devenus de cinquièmes colonnes, comme frappés par une malédiction depuis le 3 août 2005. C'est, bien sûr, le cas du PRDR grand perdant de cette irruption des candidatures indépendantes. Considéré comme étant le parti le plus implanté sur l'ensemble du territoire national parce que héritant des structures du PRDS et donc donné, d'il y a au moins une semaine, pour grand favuri de ces échéances électorales, il n'a réussi à déposer que 73 listes seulement, en cinquième position ex-aequo avec le RDU, loin derrière le RFD d'Ahmed Ould Daddah qui cavale en tête de classement avec 148 listes. Mais la révélation de cette course effrénée vers le dépôt des listes candidates sera l'UDP de Naha Mint Mouknass qui a pris la deuxième position après le RFD avec 93 candidatures, bien devant l'UFP [82] et l'APP (77). Il est vrai que cette formation politique, dirigée par une femme qui n'aspire pas momentanément à la présidentielle pour une question d’âge et qui a fait le choix stratégique de se consacrer à la double élection du 19 novembre prochain afin de s'offrir une place convenable dans le nouveau paysage politique, s'était faite oublier pour mieux affûter ses armes. Peu préoccupée par les candidatures indépendantes l'UDP a donc fait score honorable.
Comparativement avec les partis politiques sous l'ancien régime de Ould Taya, qu'ils soient de l'ex-majorité (RDU, UDP, UNDD), ou de l'ex-opposi-tion (RFD, APP, UFP, FP, SAWAB, AJD, PMDE, PLEJ], ceux nés après le 3 août 2005, [L'Alternative, UCD, TEMAM, HATEM, RD, PSD, UDN, etc.] ont également fait amende honorable, avec un parti de l'Alternative (El Bedil] aux 62 listes candidates, juste après le PRDR et le RDU, suivi du HATEM (47), de l'UCD (37), du RD (36), du RPM (33) devant le Front Populaire (27) et le SAWAB (21). Ainsi donc en acceptant de jouer le jeu devant le refus des autorités de la transition de reporter le chronogramme de dépôt et de validation des candidatures aux élections municipales et législatives, les partis politiques auront mis les bouchées doubles pour étouffer les candidatures indépendantes constituées sur le tard à partir de leurs propres rangs. Reste à savoir, si la Commission d'affichage des candidatures retenues, qui se prononcera au plus tard le samedi 10/10/2006 à zéro heure, leur donnera raison en validant tous les dossiers de leurs candidats lesquels ont, chacun, déposé une caution financière de 40000 ouguiyas remboursable uniquement pour les listes ayant obtenu au moins 5 pour cent des voix exprimées? Tout un programme. MOHAMED OULD KHATTAT MMKHATTATT@HOTMAIL. COM |
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