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Horizons n°4359 du mercredi 6 décembre 2006
Une présence féminine assurée Dix sept femmes viennent d'être élues à l'Assemblée nationale. C'est moins que le quota de 20% prévu par les textes. Mais, c'est une première dans l'histoire politique de notre pays et surtout une avancée considérable sur la voie de l'émancipation de la femme mauritanienne. Mesdames Dillit Mint Zein, responsable au sein du Groupe de Plaidoyer pour l'accès des Femmes aux Instances de Décision et Kadiata Malik Diallo, qui vient d'être élue députée UFP se sont félicitées du bon déroulement de ces élections et du pas de géant que la femme mauritanienne vient de franchir dans la lutte qu'elle mène pour le recouvrement de ses droits sociopolitiques et économiques. «Je me battrai pour une réelle promotion de la femme mauritanienne» «Je suis fière et satisfaite du bon déroulement des élections qui, de l'avis général des citoyens et des observateurs, ont été transparentes et neutres. Je suis également contente des résultats que mon parti a enregistrés parce que si l'Assemblée Nationale est l'institution démocratique qui reflète l'image des partis, l'Union des Forces du Progrès (UFP), est bien représentée. Par rapport à l'élection des femmes à proprement parler, j'ai beaucoup milité pour l'application du quota de 20% de femmes et j'ai beaucoup participé à l'élaboration de propositions allant dans le sens de la traduction dans les faits de ce quota. Pour les élections municipales, le quota de 20% a été dépassé dans plusieurs circonscriptions. Au niveau de l'Assemblée Nationale, certes, ce quota n'est pas atteint mais je pense que c'est un résultat appréciable c'est une première en Mauritanie et un bel exemple rare dans la sous région, en Afrique et dans le monde arabe. La Mauritanie peut se targuer aujourd'hui d'avoir donné une place honorable à la femme. Maintenant qu'elles sont élues, les femmes doivent faire leur preuve au niveau de cette institution en militant davantage pour la cause des femmes. 17 femmes députées, c'est satisfaisant au stade où nous en sommes, ce qui ne nous empêche pas de réclamer plus ultérieurement L'essentiel est, pour le moment, de se mettre au travail pour démentir un certain nombre de préjugés défavorables à l'élection des femmes. En tant qu'élue, je ne me limiterai pas seulement à défendre la cause des femmes. Je m'occuperai également de tous les grands dossiers qui préoccupent les Mauritaniens de manière générale à savoir le problème du respect des droits de l'homme, le passif humanitaire, autant de questions qui doivent être posées pour leur trouver des solutions par l'intermédiaire de cette institution. Les questions économiques et d'éducations sont aussi prioritaires. Avec mes autres soeurs élues, nous nous battrons pour une réelle promotion de la femme mauritanienne» «Je suis convaincue que mes sœurs députées sauront relever le défi» «Je suis très contente des résultats de ces élections d'une manière générale. Je le suis davantage parce que désormais un nombre important de femmes siégeront au parlement mauritanien. Le faux problème de compétence des femmes que certains n'arrêtent pas de poser ne se justifie pas. La preuve est que les trois femmes qui siégeaient au parlement précédent n'avaient rien à envier aux hommes. Leurs prestations étaient incontestablement bonnes, leurs interventions ont toujours été de qualité. Elles ont présidé des commissions, rédigé des rapports et se sont totalement investies mieux que quiconque au sein de l'hémicycle. Aujourd'hui, elles doivent relever le défi surtout qu'elles vont se retrouver dans un nouveau paysage difficile avec un parlement de qualité qui regroupe tous les leaderships politiques du pays. Les débats seront de qualité. Je demande, à cet effet, à mes sœurs de se former et de s'informer pour accomplir un travail de qualité. Je suis convaincue qu'elles sauront relever le défi et seront à la hauteur des taches qui les attendent car la plupart d'entre elles sont des militantes de partis politiques qui ont déjà fait leurs preuves à différentes occasions. Le seul fait qu'elles soient présentes dans cette institution, renforcera sans nul doute la qualité des débats, apportera une contribution significative à l'édification d'un Etat de droit, changera considérablement les mentalités et améliorera le statut social et économique de cette frange importante de notre population. Elles doivent pendant leur mandat œuvrer pour une plus grande participation de la femme dans tous les secteurs de la vie nationale.» Rappelons que des dispositions des articles 3 et 4 de l'ordonnance n° 2006 - 029 du 22 Août 2006 relative à l'accès des femmes aux mandats électoraux et fonctions électives, ont défini les mécanismes pour l'établissement des listes candidates aux élections législatives, en tenant compte du quota de 20% réservé aux femmes. Pour les élections législatives, dans les chefs lieux de wilayas ayant deux sièges à pourvoir, les listes candidates doivent comporter un candidat de chaque sexe. Dans les circonscriptions électorales ayant trois sièges, les listes candidates comporteront, au moins, un candidat de sexe féminin, en première ou deuxième position sur la liste. Dans les circonscriptions électorales ayant plus de trois sièges, chaque liste candidate est composée alternativement d'un candidat de chaque sexe, et ce, en tenant compte des deux principes suivants : - au sein de chaque groupe entier de quatre candidats dans l'ordre de présentation de la liste doit figurer un nombre égal de candidats de chaque sexe; - l'écart entre le nombre des candidats de chaque sexe ne peut être supérieur à un.
Babouna Diagana |
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