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Déclarations sur les élections


Audience du 16 février 1999

Discours de clôture de campagne

Aux urnes, citoyens de Nouakchott

Note d'information sur les municipales de 1998

Adresse de l'UFD/EN au peuple mauritanien


audience du 16 fevrier 1999

Mardi 16 février 1999, Son Excellence, M. Maawiya Ould Sid'Ahmed Taya, Président de la République, a reçu en audience, sur la demande de l'UFD/EN, une délégation de ce parti, conduite par son Président, Mohamed Ould Maouloud. Ont participé à la rencontre : MM. Cheikh El Avia Ould Mohamed Khouna, Premier Ministre, Dah Ould Abdel Jelil, Ministre de l'Intérieur, des Postes et Télécommunications ; MM. BA Boubakar Moussa, Mohamed Moustapha Ould Bedredine et DafFa Bakary, membres de la direction de l'UFD/EN.

Prenant la parole, Mohamed Ould Maouloud a exposé l'analyse de l'UFD/EN sur la situation nationale, la politique de compromis national et les leçons essentielles tirées des dernières municipales. Mohamed Ould Maouloud a particulièrement insisté sur la nécessité de rechercher des solutions démocratiques, pacifiques et consensuelles aux questions majeures qui préoccupent notre pays et ses populations, en déployant les efforts indispensables à la préservation de la paix civile. Il a, en outre, indiqué que la recherche de telles solutions nécessite la reconnaissance des institutions en place, en les améliorant progressivement, par le respect des lois en vigueur et l'expression du suffrage universel. Mohamed Ould Maouloud a indiqué que la politique du dialogue et du compromis national prônée par l'UFD/EN concerne l'ensemble des Mauritaniens, tous ceux qui, au sein du pouvoir, de l'opposition, et de l'ensemble de la communauté nationale, acceptent de s'engager dans cette voie et de renoncer à la confrontation, porteuse de lendemains tragiques pour notre pays et son peuple.

En vue d'initier des changements significatifs, Mohamed Maouloud a suggéré d'accorder une attention profondes à trois points fondamentaux : la relance du processus démocratique, par le reprise des élections partout où les recours prouveront que la fraude a faussé les résultats, et l'instauration du dialogue et de la concertation entre l'ensemble des parties concernées, visant à apporter les changements indispensables à l'état civil, à améliorer les règles et pratiques démocratiques, en particulier l'ensemble des instruments électoraux ; l'instauration d'un Etat de droit, respectueux des lois du pays et des droits fondamentaux des citoyens ; l'amélioration des conditions d'existence des citoyens par une répartition équitable des ressources nationales

Répondant à l'intervention de Mohamed Ould Maouloud, M. Le Président de la République, son Excellence Maawiya Ould Sid'Ahmed Ould Taya, a clairement indiqué sa disposition totale à s'engager dans la voie du dialogue, de la recherche de solutions concertées avec tous les Mauritaniens qui y sont disposés. Il a assuré de sa détermination à engager le processus démocratique dans une nouvelle étape, par l'instauration d'un dialogue fructueux entre le pouvoir et l'opposition, en vue d'une cogestion responsable des problèmes du pays par l'introduction des réformes nécessaires.

Au nom de l'UFD/EN, Mohamed Ould Maouloud s'est félicité des dispositions du Président de la République et réaffirmé l'entière disposition du Parti à persévérer dans la voie du compromis national.

La rencontre entre la délégation de l'UFD/EN et le Président de la République est le couronnement des efforts entrepris par notre Parti, aussi bien en direction du pouvoir qu'en direction des partis de l'opposition. Les multiples améliorations des dispositions électorales (baisse de la caution, remise des procès-verbaux, etc), la reprise des élections à Nouakchott sont autant de résultats positifs de la démarche et des efforts entrepris dans cette direction. Les efforts à entreprendre et les réformes indispensables pour parvenir à des solutions de compromis salutaires pour notre pays sont encore plus importants. Les résultats obtenus et les possibilités offertes interpellent tous les Mauritaniens, de toute obédience, au sein du pouvoir, dans l'opposition, et l'ensemble des couches de la société. A tous, nous lançons un appel pressant afin qu'ils joignent leurs efforts aux nôtres en vue de faire progresser les acquis démocratiques et éviter à notre pays les tragédies que connaissent certains pays africains.

Nous sommes profondément solidaires de tous les Mauritaniens qui souffrent du fait de la grave situation économique du pays, de toutes les formes d'oppression et d"atteinte aux droits de la personne dont ils sont victimes, des pratiques frauduleuses qui gangrènent le système électoral :

nous comprenons leurs réactions naturelles et spontanées de doutes dans les possibilités de reformer certaines pratiques, en particulier de choisir les représentants de leur choix par voie électorale. Hier encore, la majorité des Mauritaniens a soutenu la guerre du Sahara quand elle a été déclenchée, bon nombre d'entre nous ont été emportées par le vent du particularisme lors de la période 1989-1992. Les faits ont montré que bon nombre d'entre nous ont cédé à leurs passions et fait preuve de manque de discernement. évitons qu'il en soit ainsi en ces moments troubles. Le moment est venu de se ressaisir, d'ouvrir les yeux autour de nous et de voir que la situation dans le Maghreb et celle qui prévaut en Afrique de l'Ouest indiquent que les menaces d'implosion guettent l'ensemble des pays, en particulier notre chère patrie. Par delà nos rancoeurs et nos récriminations, conjurons les confrontation? porteuses de guerre civile et recherchons, ensemble, des solutions salutaires pour tous.

Nouakchott, le 17 février 1999

La Présidence de l'UFD/EN


DISCOURS DE CLOTURE DE CAMPAGNE

prononcé par DAFFA Bakary,

Président de la Commission Nationale Electorale

Militantes et militants de l'UFD/EN,

Alliés des listes communes UFD/EN - FP,

Electeurs dé toutes les communes,

Chers compatriotes,

Hôtes étrangers qui vivez parmi nous,

Nous arrivons au terme d'une campagne électorale qui, au bout du compte, du fait du mois béni du ramadan, n'aura duré qu'une dizaine de jours. Elle intervient dans un contexte caractérisé par une crise économique et sociale profonde, marqué par la marginalisation de l'opposition, tandis que le processus démocratique, en particulier l'expression des suffrages électoraux, jouissent de peu de crédit au niveau de larges secteurs de l'opinion. C'est pour l'ensemble de ces raisons, aggravées par l'émergence) progressive d'une crise politique grosse de dangers pour l'existence du pays et l'unité de 'son peuple;, que notre parti, l'UFD/EN, au lendemain de son congrès extraordinaire des 13, 14 et 15 août 1998, a décidé de proposer une politique de compromis national à l'ensemble des Mauritaniens et de participer aux élections municipales. En choisissant cette voie, l'UFD/EN cherche à promouvoir des dynamiques, ,de sortie de crise pacifiques, légales, massives, susceptibles d'ouvrir une voie autre que celle de la confrontation, porteuse de guerre civile destructrice des gommes et des ressources, comme la situation dans nombre de pays africains comme le Congo, le Zaïre, la Sierra Leone, le démontre si tragiquement. Les principaux responsables des dangers de confrontation et de guerre civile qui se profilent, c'est d'abord l'entêtement de certains cercles dirigeants du pouvoir, mais également les ambitions empressées de certains dirigeants de l'opposition.

En s'engageant dans ces élections, l'UFD/EN n'a jamais perdu de vue que le système électoral est lui-même gangrené, que la transparence lui est étrangère et que des réseaux de fraude massive laissent augurer de résultats peu représentatifs du rapport de foi ces réel entre les compétiteurs. Notre parti, en effet, est profondément convaincus que c'est cette forme de lutte pacifique qui correspond au niveau de conscience et d'organisation de la majorité des Mauritaniens, à leur disposition effective ; et cela malgré l'aspiration de notre parti à des changements économiques, sociaux, politiques et de tous .ordres, dans les meilleurs délais possibles. Ce faisant, l'UFD/EN en même temps, en partant de position de lutte et non d'une approche empreinte de démission et de passivité, entrepris des contacts avec les autorités du pays, tout in améliorant la plate-forme de l'opposition démocratique et en appelant cette dernière à s'associer à elle.

Notre Parti n'a pas réussi à convaincre le pouvoir de reporter les élections municipales pour réformer le code électoral, mener à bien le RANVEC et engager un dialogue constructif visant à la participation .de l'ensemble des parties prenantes du jeu politique dans notre Pays. Cependant, force est de reconnaître que nous avons réussi à établir des relations suivies de discussions et d'échanges sur les textes ! en vigueurlîa caution des candidats, la préparation, le déroulement de la campagne et des élections. Nous avons eu l'impression que le pouvoir a fait preuve de disponibilité! a notre égard et recherché des solutions légales visant à apporter quelques améliorations à l'arsenal juridique et au dispositif relatifs aux élections. Ainsi, pour ne citer que quelques exemples, la caution, par la procédure d'urgence, a pu être réduite de moitié. Des garanties ont été apportées quant à la présence des représentants de toutes les listes, leur transport (autant que possible) et la mise à dispositif des procès-verbaux des résultats à tous ceux des membres des bureaux de vote qui en exprimeront la demande. Lorsque nous avons identifié des cas de fraude avérés et apporté les preuves de leur évidence, les autorités compétentes (au il et local) ont pris les mesures nécessaires de redressement : c'est le cas de la distribution frauduleuse des cartes d'électeurs dans huit bureaux de Kiffa, et dans quatre bureaux de Dar Naïm. Nous suivons aussi avec attention l'engagement des autorités à annuler les listes additives d'électeurs, établies sur la base d'ordonnances judiciaires non conformes à la loi.

Les responsables de notre Parti se sont entretenus avec le Ministre de l'intérieur et le Premier ministre qui les ont assurés, solennellement, de la disponibilité totale des plus hautes autorités du pays, à trouver des solutions qui vont dans le sens de l'amélioration du système démocratique et de la promotion de la concertation avec l'opposition. Notre Parti a enregistré avec satisfaction ces engagements solennels et leur accorde, jusqu'à preuve du contraire, le crédit de la bonne foi. Sur cette base, il ne se lassera jamais à rechercher des solutions pour sauver la Mauritanie des menaces qui pèsent sur son existence et sur l’unité de son peuple. Au delà de toute naïveté et par esprit de sagesse, c'est à l’épreuve des faits que notre parti jugera de la portée effective de ces engagements. Les résultats des élections municipales constitueront un test de toute première importance.

Certes, la fraude est inévitable, du fait de la nature du système électoral actuel et de l'existence de réseaux aux dynamiques devenues incontrôlables. Si donc, malgré la désaffection générale des citoyens et la baisse escomptée de la fraude, le taux de participation venait à dépasser quelque limite tolérable, l'absence de crédibilité pour la version locale du suffrage universel, sera consacré pour une longue période au niveau de la grande majorité des Mauritaniens. Nul doute qu'un tel choix contribuera à renforcer les facteurs de la confrontation et de la guerre civile. Un bras de fer tragi-comique se joue entre certains cercles dirigeants du PRDS et une partie de l'opposition. Les premiers tentent, en fraudant et en bourrant les urnes de prouver l'échec du mot d'ordre de boycott, tandis que cette dernière cherche vainement à expliquer la désaffection de l'électorat par son influence propre et d'en d’en convaincre l'opinion avec l'appui partisan de RFI et de la BBC. Le peuple mauritanien acteurs les plus conscients, ne sont pas dupes. Tout le monde sait que la désaffection de l'électorat procède essentiellement du discrédit du processus électoral, engendré par la fraude lors des précédentes consultations. En affirmant publiquement et avec esprit de suite, sa désapprobation formelle de la fraude, de la falsification des cartes électorales et des cartes d'identité par l'intermédiaire des médias publics, en réprimant les fauteurs de tels actes et en les poursuivant, il est certain qu'il contribuera à réduire le manque de transparence et à faire renaître l'espoir quant à l'avenir des semences démocratiques dans notre pays. L'UFD/EN, les électeurs mauritaniens, l'opinion publique mauritanienne et internationale, les partenaires de la Mauritanie observeront avec vigilance l'issue des élections municipales du 29 janvier 1999.

L'UFD/EN a des forces et une influence limitées, mais dans de nombreuses localités où il s'est présente, notre Parti est persuadé d'avoir une représentation susceptible d'assurer le remboursement de la caution, voire l'élection d'un maire issu de ses rangs ou de ceux de ses alliés, pourvu que l'ampleur de la fraude demeure dans des limites tolérables. Cela est possible si les électeurs se mobilisent, remplissent leur devoir électoral et s'opposent de toutes leurs forces et par des moyens légaux à la fraude, en particulier les centres de fabrication de fausses pièces et les réseaux de transport du vote multiple.

Une partie de l'opposition, favorable au "boycott actif des municipales, s'obstine à refuser la main tendue de notre Parti pour le compromis national, et s'est engagée dans une campagne haineuse de dénigrement et de diffamation à notre égard, cédant ainsi à la manipulation de certains mentors (?) et, en tout cas, d'un groupe de nassériens, ceux-là même qui ont été les inspirateurs de la politique qui a conduit le pays dans la période sombre 1989-1991. Ils rééditent aujourd'hui leurs manœuvres sordides et destructives en manipulant certains leaders de l'opposition , dans l'objectif de satisfaire des calculs mesquins, chauvins et anti-nationaux. Nous appelons les citoyens honnêtes qui les suivent, à se soustraire de leur emprise, porteuse de la confrontation, elle-même génératrice de la guerre civile dans notre pays. Que ceux qui, nourris par leurs ambitions empressées, se font des illusions sur leurs capacités à changer les données de la situation par leur seule volonté, se détrompent. L'entêtement à n'avoir en vue que leurs ambitions personnelles risque d'ouvrir plutôt la voie à une aventure dangereuse pour le pays.

Si vous leur apportez vos suffrages, les candidats de notre Parti s'engagent, au lendemain des élections, à s'atteler à la gestion transparente et performante des ressources municipales, au bénéfice de l'ensemble des citoyens, sans aucune forme de discrimination, en donnant la priorité aux plus démunis. Pour la recherche de solutions consensuelles, viables et durables aux besoins et préoccupations des citoyens, l'UFD/EN est disposée à collaborer avec tous ceux qui le voudront, dans l'espoir de donner un contenu vivant, concret et générateur de lendemains prometteurs à la politique du consensus national.

POUR LA RECHECHE DE SOLUTIONS PACIFIQUES ET CONSENSUELLES AUX DIFFERENDS QUI SECOUENT NOTRE PAYS!

LUTTONS ACTIVEMENT CONTRE LA FRAUDE POUR OUVRIR LA VOIE AUX REFORMES INDISPENSABLES A L'EXERCICE DE LA DEMOCRATIE PLURALISTE !

VIVE L'UFD/ère Nouvelle !

Nouakchott, le 27 janvier 1999.


 

Aux urnes, citoyens de nouakchott

Les résultats du premier tour des municipales, les informations de plus en plus précises qui nous parviennent, témoignent d'une fraude à grande échelle lors du scrutin du 29 janvier. Les faits démontrent également la responsabilité entière de certains membres du gouvernement et de la direction du PRDS. Aujourd'hui, ce qui préoccupe l'UFD/EN, c'est moins sa représentation selon son poids électoral réel que la remise en cause des fondements essentiels de l'Etat de droit et de la légalité républicaine, poussée à l'extrême, au point d'ouvrir les portes à l'instabilité totale, porteuse de guerre civile. Produisant et distribuant de fausses cartes d'identité et d'électeurs, pratiquant le vote multiple avec la complicité de quelques représentants de l'administration et présidents de bureaux de vote, certains cercles dirigeants du PRDS ont totalement saboté létat civil et l'expression de la volonté des citoyens. En procédant ainsi, ils poussent la grande majorité des citoyens à se convaincre qu'il est devenu impossible de faire entendre sa voix, de choisir ses représentants et d'apporter quelque changement que ce soit par le suffrage universel. Les membres du gouvernement et les éléments les plus influents des cercles dirigeants du PRDS qui assument une lourde responsabilité dans la fraude devront rendre des comptes à la nation.

L'annulation des résultats du scrutin à Nouakchott par les plus hautes autorités du pays, témoigne de leur volonté de sauver le processus démocratique, ou, tout au moins, de lui redonner du crédit, par un minimum de transparence. Pour qu'il en soit ainsi, il est indispensable que cette mesure constitue un premier pas ouvrant la voie à la remise en cause effective du scrutin partout où la fraude a violé la liberté pour les citoyens de choisir leurs représentants, comme à Kiffa, à Boghé, à Aïoun, à Tamsheket, à Barkéwol, à Ghabra, à Tikobra, etc.

Les citoyens de Nouakchott, malgré leur désaffection légitime, ont le devoir de contribuer à sortir le processus démocratique de l'impasse dans laquelle il se trouve, en soutenant les initiatives procédant de la même préoccupation. Ils doivent se rendre aux urnes, remplir leur devoir de citoyens pour faire échouer l'entêtement borné de certains cercles dirigeants du PRDS ! Leur responsabilité est grande pour sopposer à la fraude sous toutes ses formes et assurer un minimum de transparence au scrutin. Il y va de la survie du pays pour éviter la confrontation porteuse de guerre civile !

Nouakchott, le 3 février 1999

La Présidence de l'UFD/EN


 

Note d'information sur les municipales de 1998

Dans sa session des 24, 25, 26 et 27 septembre 1998, le Bureau exécutif a décidé la participation aux prochaines élections municipales. Depuis lors, notre parti accorde une grande importance à la préparation de ces élections, notamment en ce qui concerne l'étape décisive de la révision des listes électorales.

C'est dans ce cadre qu'une délégation commune du Front Populaire et de l'UFD/EN, dirigée par Mohamed Lemine Chbih O/ Cheïkh Mel Aïnine et Mohamed Moustapha O/ Bedredine, a visité plusieurs bureaux de révision des listes dans certaines moughataa de la Capitale. Au terme de cette visite, la délégation s'est entretenue avec le ministre de l'Intérieur et le wali de Nouakchott auxquels elle a fait part de son premier constat : peu de bureaux de révision des listes électorales sont opérationnels.

Le 11 Octobre 1998, le ministre de l'Intérieur invite les dirigeants de l'UFD/EN et leur communique la décision de proroger de 15 jours l'opération de révision en cours. A cette occasion, le président de l'UFD/EN, Mohamed O/ Maouloud, attire l'attention du ministre sur les difficultés que rencontrent les citoyens au niveau des bureaux de révision. Il réitère sa proposition de report des élections à la fin du Ranvec, sur les résultats duquel elles devraient se baser.

Par ailleurs, le parti a créé une commission de suivi des opérations de révision .au niveau de Nouakchott. Celle-ci a débuté son travail dans la deuxième quinzaine du mois de Septembre 98. Le bilan qu'elle en a fait distingue deux phases :

- La première se situe avant la prise de contact avec le ministre de l'Intérieur et se caractérise par la rareté des bureaux de révision ouverts et le manque de médiatisation de la campagne. Aussi les citoyens ignorent-ils, dans la majorité des cas, les sites et les horaires de travail prévus à cet effet.

- La deuxième phase commence après l'entretien avec le ministre de l'Intérieur. Elle se distingue par une certaine amélioration, surtout dans les moughataa d'Arafat et d'El Mina. Au Ksar, à Dar-Naïm et à Tevragh Zeïna par contre, ce progrès est moindre. Quant à Ryad, Sebkha et Teyarett, aucune amélioration n'a été constatée.

L'argument généralement avancé par les autorités est que les listes sont déjà établies et qu'il ne reste que les jeunes ayant atteint l'âge de voter qu'il faut inscrire. Pourtant les rares fois que les citoyens ont l'occasion de consulter les listes, ils constatent des erreurs non rectifiées et des noms ayant disparu.

C'est pourquoi notre inquiétude est grande à la suite de ce constat à partir d'un échantillon pourtant si réduit. Et c'est pour ces raisons que nous souhaitons que les listes électorales soient affichées dans les délais prévus, conformément aux textes réglementaires, afin que les électeurs puissent porter les corrections nécessaires leur permettant de s'acquitter de leur devoir civique.

Si à l'échelle du pays la révision des listes électorales est à l'image du constat observé à Nouakchott, on est en droit de s'interroger sur la fiabilité de ces opérations.

Nouakchott, le 29/10/1998

La Commission Presse et Communication.


 

ADRESSE DU PRESIDENT DE L'UFD/EN AU PEUPLE MAURITANIEN

Chers compatriotes, Permettez-moi, tout d'abord, au lendemain de la fête d'El Fitr, de vous présenter mes voeux sincères de bonheur et de paix pour l'ensemble de notre peuple et pour chacune et chacun d'entre vous, en particulier. Depuis quelques jours, toutes les communes de Mauritanie sont engagées dans une campagne électorale en vue de renouveler leurs conseils municipaux. Cette campagne doit être pour nous l'occasion d'examiner la situation de notre pays, et de réfléchir ensemble aux graves questions auxquelles notre peuple fait face. Je voudrais, pour ma part, vous entretenir de quatre de ces questions. La première et la plus douloureuse d'entre elles est la question de la survie de la grande majorité de la population à un moment où les activités rémunératrices se raréfient et où l'ouguiya voit sa valeur se réduire chaque jour davantage. Sous la dictée du Fonds Monétaire International et de la Banque Mondiale, le pouvoir exécute -le plus - souvent mal - une politique d'ajustement structurel dont le résultat le plus tangible est, d'une part, l'aggravation et l'extension de la pauvreté pour le plus grand nombre et, d'autre part, la concentration de toutes les richesses entre les mains d'une minorité. Les travailleurs des villes, les cultivateurs et les éleveurs, les petits fonctionnaires et agents de l'état sont ainsi sacrifiés, et nombre d'entre eux ne peut plus assurer plus d'un repas quotidien. Tout cela constitue une grave menace pour la cohésion sociale. La deuxième question porte sur l'unité de toutes les composantes de notre peuple. Il y aura bientôt dix ans, notre pays a vécu l'une des périodes les plus sombres de son histoire. Une politique de violence aveugle a chassé de leur patrie des dizaines de milliers de nos compatriotes ; des centaines d'autres ont perdu la vie, victimes d'exécutions extrajudiciaires. Le pouvoir continue d'imposer sa volonté négationniste face à ces faits. Mais les graves atteintes à l'unité nationale et les violations massives des droits humains qui ont été perpétrés pèsent sur nos consciences, et leurs conséquences hypothèquent l'avenir de notre pays. Nous avons le devoir moral et patriotique de rendre justice aux victimes et à leurs proches, rétablir les droits spoliés et de rebâtir plus solidement l'unité de notre peuple. La troisième question, chacun de nous se la pose, à chaque instant : existe -t- il encore un Etat mauritanien ? Mises à part ses manifestations répressives, l'intervention de l'Etat est de moins en moins décelable dans les domaines essentiels qui touchent la vie des citoyens : • les école et les centres de santé public sont abandonnés au délabrement ; • l'administration publique est eu ruines, victime du laisser aller, du népotisme et de la corruption généralisée. • l'insécurité s'accroît dans les villes, du fait de l'absence de stratégie et de moyens adéquats. • non seulement l'état n'assume plus sa fonction de régulateur économique et social, mais le parti au pouvoir, en élevant la pratique des passe-droits et des privilèges indus au rang de règles de gouvernement, fait obstacle à l'émergence d'un véritable Etat de droit. • les détournements de fonds publics ne sont pas sanctionnés, mais les fonctionnaires réticents à soutenir le PRDS sont l'objet de toutes les vexations ; • l'état concède à un syndicat privé - la Fédération Nationale du Transport - des pouvoirs et des prérogatives qui relèvent de la souveraineté nationale : - levée des taxes sur les transports routiers et sur les citoyens ; - gestion des ressources naturelles du littoral ; - statut de monopole syndical, en violation des dispositions constitutionnelles. • le pouvoir continue d'user de la censure de la presse, de refuser aux partis politiques et aux organisations de la société civile un égal accès aux médias publics, de recourir à des mesures autoritaires propres aux régimes d'exception. La quatrième question préoccupe chaque citoyen de notre pays : la démocratie existe -t-elle en Mauritanie ? En 1991, l'aurore du processus démocratique avait partiellement dissipé l'atmosphère étouffante du régime d'exception et avait fait naître l'espoir d'un Etat de droit fondé sur la souveraineté populaire. En dépit de ses insuffisances, ce processus comportait des acquis indéniables ; en particulier, la création d'espaces de liberté dans les domaines du pluralisme politique et syndical et dans celui de la libéralisation de la presse écrite. Mais depuis plusieurs années, ce processus est en panne. Parce que le Pouvoir le gère unilatéralement, à son seul profit. En faussant les règle du jeu, en recourant systématiquement à la fraude massive, ouverte et impunie, il a rendu impossible toute alternance politique, il a détourné les électeurs des urnes et il fait peser une menace de mort sur l'ensemble du processus démocratique. Chers compatriotes Ce sombre tableau doit nous inciter à la lucidité et à la vigilance. Les profondes inégalités économiques et sociales, la déliquescence de l'état et de blocage du processus démocratique mettent en péril la paix civile et la cohésion nationale. Aujourd'hui plus qu'hier, le changement est non seulement souhaitable et nécessaire, il est inévitable. Mais quel changement ? Et sous quelle forme ? Deux voies sont possibles : H la première est le changement progressif et pacifique, par le déblocage et la réhabilitation du processus démocratique, et la création des conditions d'une alternance politique. • la deuxième voie est celle du changement violent, par le recours à la force afin de trancher le différend qui oppose les acteurs politiques nationaux. Les positions intransigeantes et figées d'un pouvoir qui bloque toute possibilité d'une alternance politique et d'une opposition frustrée et impatiente qui opte pour la violence consacrent l'échec de la démocratie. Une telle situation est à l'origine des guerres civiles qui ravagent nombre de pays africains. Au Congo-Brazaville, certains de nos compatriotes ont été récemment victimes de pareils conflits. Nous exprimons à leurs familles notre compassion et notre solidarité. C’est en se fondant sur ce constat que le Congrès extraordinaire de l'UFD/EN, tenu au mois d'août dernier, a fait le choix de la seule voie qui préserve la paix civile. Cette voie est celle de la réhabilitation et de la relance du processus démocratique sur des bases saines et consensuelles, par la lutte légale, par le dialogue et le compromis national entre l'opposition et le pouvoir. Il s'agit là d'une démarche politique positive dont l'objectif est double : prévenir les dangers qui pèsent sur notre pays et réunir les conditions d'une démocratisation véritable. Le succès de cette démarche dépend, en grande partie, de la capacité du pouvoir à faire preuve d'esprit d'ouverture et de sens de responsabilité patriotique. Notre souhait est de voir tous les acteurs de la scène politique nationale se joindre à nous dans l'entreprise salvatrice du compromis national. Le programme politique de l'U.F.D./E.N. est axé autour de quatre préoccupations fondamentales : • la défense et la consolidation de l'unité nationale ; • l'instauration d'une démocratie véritable ; • la restauration du rôle de l'Etat • la juste répartition des ressources nationales. Ces préoccupations qui résument notre identité et notre credo nous interdisent tout discours et toute action susceptible de mettre en danger les intérêts et la tranquillité de notre pays et de notre peuple. Nul n'a le droit - ni nous, ni un autre parti politique, ni le pouvoir - d'ajouter aux graves difficultés d'aujourd'hui les perspectives tragiques d'un engrenage de la violence. Chers compatriotes, Les élections municipales se déroulent sur l'ensemble du territoire national, le 29 janvier prochain. L'U.F.D./E.N. a décidé de prendre part à ces élections, malgré les obstacles importants qui s'opposent à une telle participation : listes électorales truquées, menaces de fraude, partialité de l'administration. La raison première de notre décision est que la participation est le moyen de sauver le processus démocratique et de maintenir ouverte la voie du changement pacifique. La participation offre la possibilité, par les pressions légales et par le dialogue, d'améliorer les conditions de transparence électorales. Dans le cadre de notre politique de dialogue, nous avons noué des contacts avec les autorités gouvernementales. A l'exception des questions relatives au respect des libertés individuelles et collectives ces discussions ont porté exclusivement sur nos revendications en matière de transparence. Elles ont permis quelques avancées, parmi lesquelles : • la réduction de moitié de la caution exigée aux candidats à l'élection municipales ; • la présence d'observateurs des partis dans les commissions administratives ; • l'avancement de la date d'affichage des listes électorales ; • la remise des copies des procès-verbaux des bureaux de vote aux représentants des listes candidates ; • La volonté exprimée de lutte contre la fraude. Le Premier ministre, au cours de la rencontre qui nous a réuni samedi dernier à son initiative, m'a exprimé solennellement l'engagement de son gouvernement à tout mettre en oeuvre pour garantir l'impartialité de l'administration et la transparence des élections. Nous avons pris acte de cet engagement, et nous espérons, pour le bien du pays et de la démocratie, qu'il trouve une traduction fidèle et concrète sur le terrain. La deuxième raison de notre participation est que les communes sont le cadre de la vie quotidienne des populations, un espace de démocratie et de gestion locale dans lequel les citoyens s'approprient leur droit constitutionnel et prennent en main leurs propres affaires. La troisième raison, enfin, réside dans le fait que le boycott systématique est, au mieux, une sorte de démission ; au pire une attitude qui ouvre la voie à des solutions non démocratiques. Occuper les espaces de liberté existants, oeuvrer à les élargir, renforcer la participation des populations à la gestion de leurs cités et leurs terroirs, améliorer l'administration des communes dans le sens de plus d'efficacité et de transparence, mettre fin à la tutelle de l'Etat sur les collectivités locales et donner à celles-ci l'autonomie nécessaire à leur développement. Voilà quels sont les principaux axes et objectifs de notre politique en matière de décentralisation, voilà quelles sont les initiatives et les actions que nous nous engageons à développer. Cela sera possible si vous apportez à notre politique votre soutien, si vous accordez à nos listes votre confiance. Vous abstenir au cours de ces élections, c'est laisser le champ libre à la fraude, c'est permettre aux municipalités PRDS, responsables de la gabegie et de ruines de nos villes et de nos villages, de continuer à sévir impunément. Seule une large mobilisation et une participation massive de tous les citoyens soucieux du devenir de leur commune et leur pays peuvent faire barrage à la fraude électorale, et en réduire les effets. Chacune et chacun de nous a le pouvoir de contribuer activement aux changements positifs et pacifiques qu'exige la grave situation dans laquelle notre pays se trouve. En apportant votre soutien à l'U.F.D./E.N. et en votant pour ses listes, vous ne ferez pas seulement le choix d'une gestion transparente de votre commune, vous ferez également le choix de la justice sociale et de la démocratie pour vous et pour tout notre peuple, dans une Mauritanie unie et pacifique. Je vous remercie.


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